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L'aide des Nations unies autorisée en Birmanie

Dernière modification : 21/05/2008

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'apprête à partir pour la Birmanie. Il a indiqué que la junte venait d'autoriser le Programme alimentaire mondial à commencer des livraisons. (Correspondance : P. Bolopion)

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a qualifié mardi de critique la situation en Birmanie où l'aide internationale aux sinistrés du cyclone Nargis n'est pas encore assez efficace, avant de se rendre dans le pays pour tenter de la renforcer.

"Le moment est critique pour la Birmanie. Nous avons mis en place un programme de secours opérationnel mais jusqu'à présent nous n'avons pu atteindre qu'environ 25% des personnes qui en ont besoin", a-t-il dit à la presse, dix-sept jours après le cyclone, qui a fait 133.600 morts et disparus.

M. Ban partait peu après pour la Thaïlande où il fera escale mercredi soir, puis pour la Birmanie où il est attendu jeudi matin.

Redoutant une "deuxième catastrophe" qui pourrait survenir du fait d'épidémies, M. Ban se rend sur place pour persuader la junte militaire birmane, jalouse de sa souveraineté et méfiante à l'égard des Occidentaux, de laisser monter en puissance l'effort international.

Au pouvoir depuis 1962, les généraux sont sous pression internationale pour ouvrir très largement la porte à une opération de secours de grande ampleur qui pourrait soulager 2,4 millions de sinistrés, dont la majorité sont désespérés et manquent de tout.

La Birmanie, en deuil national depuis mardi, a donné ces derniers jours quelques signes d'une plus grande ouverture à l'égard de la communauté internationale.

M. Ban a indiqué que le but de son voyage était de "démontrer (sa) sympathie pour le peuple et le gouvernement de Birmanie en ces temps de crise".

Il a ajouté vouloir aussi se rendre compte par lui-même de la situation sur le terrain, notamment dans les zones les plus affectées par ce "désastre sans précédent dans l'Histoire de la Birmanie".

M. Ban prévoit de se rendre dans le delta de l'Irrawaddy, la zone la plus touchée par le cyclone.

Il a souligné que son rôle et celui de l'ONU, "en étroite coopération avec l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est, dont la Birmanie est membre) et le gouvernement birman", sera d'assurer que tous les efforts soient "bien coordonnés et aussi efficaces que possible", compte tenu des "circonstances difficiles".

"Je ferai tout mon possible pour le peuple de Birmanie", a-t-il assuré.

Il a indiqué qu'il espérait mettre sur pied un "centre logistique" pour la coordination de l'aide, soit en Birmanie, soit dans la région, et que l'ONU et l'Asean pourraient désigner conjointement un coordinateur.

M. Ban a également indiqué qu'il espérait rencontrer le chef de la junte, le généralissime Than Shwe, lors de son séjour en Birmanie. "J'espère que je le rencontrerai", a-t-il dit.

Depuis la catastrophe, survenue le 3 mai, M. Ban a tenté de nombreuses fois de joindre le général Than Shwe au téléphone, sans succès.

M. Ban a noté un certain assouplissement des autorités birmanes vis-à-vis de l'aide de l'ONU, indiquant qu'elles venaient d'autoriser le Programme alimentaire mondial (PAM) à commencer des livraisons avec neuf hélicoptères.

Le chef de l'ONU doit passer deux jours dans le pays, jeudi et vendredi, puis ira de nouveau à Bangkok vendredi soir pour une série de rencontres bilatérales samedi. Il a indiqué à cet égard qu'il s'entretiendrait avec le Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, et le ministre des affaires étrangères, Noppadon Pattama.

Il retournera à Rangoun dimanche pour une conférence d'appel de fonds organisée conjointement par l'ONU et l'Asean, avant de regagner New York lundi.

Première publication : 21/05/2008

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