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La production américaine d'éthanol sous pression

Dernière modification : 21/05/2008

La production américaine d'éthanol à base de maïs est en plein boom. Tenue pour responsable, en partie, de la hausse des prix alimentaires, elle suscite néanmoins une polémique croissante.

La flambée des prix alimentaires, attribuée pour partie au boom de la production américaine d'éthanol, suscite des pressions croissantes sur le gouvernement pour qu'il révise sa nouvelle loi sur les carburants alternatifs.
  
Les Etats-Unis sont le plus important producteur mondial d'éthanol à partir de maïs, et l'administration du président George W. Bush considère le développement de ce combustible comme un moyen de réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles étrangères tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre, principale cause humaine du réchauffement climatique.
  
Mais les responsables politiques font face à une pression croissante pour remettre sur le métier la loi sur l'énergie entrée en vigueur en décembre, qui a modernisé les normes de consommation de carburant des automobiles et apporté un large soutien à la production d'éthanol.
  
La polémique liée à l'usage de nourriture pour produire du carburant a mis un coup de projecteur sur les carburants alternatifs dits "de seconde génération", comme l'éthanol produit à partir de cellulose, mais ils en sont encore à un stade de développement peu avancé.
  
Cette semaine, le département américain à l'Agriculture a défendu la production d'éthanol, estimant qu'elle ne s'opposait en rien à la sécurité alimentaire.
  
Pour le secrétaire à l'Agriculture, Ed Schafer, les effets de la flambée des prix du pétrole sont un facteur "souvent méconnu" de la montée des prix alimentaires. Les dépenses pétrolières liées à la fabrication, l'emballage, le transport et chacune des autres étapes de l'acheminement de la nourriture de la ferme au marché, représentent environ 80% de son prix de vente au public.
  
"Développer de la diversité dans la gamme de nos combustibles est encore plus urgent que cela ne l'était dans le passé, et est au centre de notre sécurité énergétique et de notre sécurité nationale", estime M. Schafer alors que les prix du pétrole ont enfoncé les uns après les autres plusieurs records cette année.
  
Le maïs est à l'origine de 90% de l'éthanol produit aux Etats-Unis, tandis que les aliments à base de maïs ne constituent qu'un tiers des dépenses de consommation alimentaire, souligne-t-il.
  
Et comme la nourriture industrielle représente une part très importante du régime alimentaire aux Etats-Unis, un ingrédient isolé n'a qu'un faible impact sur le prix à la vente, ajoute-t-il.
  
A l'échelle internationale, le Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche juge que dans l'augmentation de plus de 40% des prix alimentaires mondiaux cette année, seuls 3 points peuvent être imputés à une demande accrue de maïs pour la production d'éthanol.
  
Les autres facteurs propulsant les prix à la hausse sont la météorologie, les barrières commerciales et la forte demande des pays émergents comme la Chine et l'Inde.
  
Le Congrès, contrôlé par les démocrates, a organisé plusieurs auditions ces dernières semaines pour examiner les appels lancés pour amender la loi sur l'énergie qui contraint à une multiplication par six de l'usage d'éthanol, à 36 milliards de gallons (136 milliards de litres) par an d'ici 2022, et une incorporation de l'éthanol aux approvisionnement nationaux en carburant.
  
Une vingtaine de sénateurs républicains ont signé une pétition demandant à l'Agence de protection de l'environnement d'envisager une dérogation à cette obligation.

Première publication : 21/05/2008

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