La Réserve fédérale américaine a fortement revu en baisse sa prévision de croissance pour 2008, tout en suggérant que les pressions inflationnistes àl'oeuvre rendaient peu probable une baisse des taux d'intérêt dans un avenir proche.
"Plusieurs membres ont estimé qu'un assouplissement monétaire n'était pas la bonne réponse aux indicateurs montrant
que l'activité économique a encore ralenti, voire qu'elle est entrée en récession", lit-on dans le compte rendu, publié
mercredi, de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de 29 et 30 avril.
La Fed table désormais sur une croissance du PIB comprise entre 0,3% et 1,2% pour cette année, contre une prévision
précédente d'une hausse comprise entre 1,3% et 2%.
La banque centrale américaine dit également s'attendre à une inflation qui restera "élevée" et à un chômage qui augmentera "de façon significative".
A la suite de la publication du document, Wall Street a chuté pour terminer en baisse de 1,77%. De son côté, le dollar a
accusé un plus bas d'un mois face à l'euro.
Le 30 avril dernier, la Réserve fédérale avait une nouvelle fois baissé ses taux d'intérêt, de 25 points de base, mais avait
laissé entendre que cette baisse était peut-être la dernière du cycle de détente monétaire entamé à la mi-septembre, au cours duquel les taux ont été ramenés de 5,25% à 2,00% à ce jour.
Elle a précisé que cette dernière décision de baisse des taux avait été prise "de justesse", une appréciation que
beaucoup ont interprété comme étant le signal de la fin des baisses de taux.
"Si jamais le doute subsistait quant à la volonté de la Fed de marquer une pause (dans le cycle de baisses des taux), alors ce doute est désormais levé", a estimé Christopher Lowe, économiste chez FTN Financial.
PREVISIONS D'INFLATION RELEVEES
Selon le compte rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire, les membres de ce dernier ont estimé que les risques d'une hausse de l'inflation étaient devenus presque aussi élevés que ceux d'un nouveau ralentissement économique.
"Les membres se sont montrés (...) inquiets des risques d'une accélération de l'inflation, au vu de la hausse
ininterrompue des prix du pétrole et de ceux des matières premières et à la lecture d'indicateurs montrant que les anticipations d'une progression de l'inflation s'étaient accrus ces derniers mois", a poursuivi la Fed.
Le pétrole a une nouvelle fois enchaîné les records mercredi, franchissant pour la première fois la barre des 134
dollars le baril, à la suite de l'annonce d'une baisse inattendue des stocks américains de pétrole brut, qui a ravivé
les craintes de tensions sur l'offre.
La Fed anticipe désormais une hausse des prix à la consommation comprise entre 3,1% et 3,4% cette année contre une
prévision précédente, fournie en janvier dernier, d'une augmentation entre 2,1% et 2,4%.
La banque centrale américaine s'attend à ce que le taux chômage soit compris entre 5,5% et 5,7% sur l'ensemble de 2008. En mars, il était de 5,0%.
La Réserve fédérale a ajouté que sa prévision de croissance était plus susceptible d'être revue en baisse qu'en hausse,
surtout si le prix immobiliers continuent de reculer.
"Le comité n'a guère vu de signes de la fin de cycle de baisse du prix des maisons et de détérioration de l'activité
immobilière", lit-on encore dans le compte rendu du FOMC.
La Fed s'est toutefois félicitée que les marchés du crédit, qui ont subi une crise violente dans la foulée de l'effondrement
du marché des "subprime", semblent être embarqués sur la voie de la guérison.
"Le meilleur état général des marchés financiers a amené les membres du comité à évaluer à la baisse les chances que
l'activité économique soit affectée par une nouvelle détérioration de l'environnement financier", est-il précisé dans
le compte rendu.














Commentaires
Réagir à cet article