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Kouchner "sceptique" sur un accord de paix en 2008

Dernière modification : 23/05/2008

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en visite au Proche-Orient, a déclaré qu'il y avait "des raisons d'être sceptique" sur l'hypothèse d'un accord entre Israël et les Palestiniens en 2008. (Récit : M. Bertsch)

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, en visite en Israël et chez les Palestiniens, se dit jeudi sceptique sur les chances de conclusion d'un accord entre les deux parties en 2008, voyant la colonisation juive comme "un des principaux obstacles à la paix".
   
"Si l'on regarde le terrain, nous avons des raisons d'être sceptique", a dit M. Kouchner dans une interview au quotidien Al-Ayyam de Ramallah qui l'interrogeait pour savoir s'il partageait le pessimisme ambiant sur les chances d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens avant la fin de l'année.
   
"La vie de tous les jours ne change que très lentement, cela crée des frustrations et des rancoeurs. Dans le même temps, les dirigeants nous disent que les négociations permettent d'évoquer l'ensemble des questions du statut final. Je pense que les peuples israélien et palestinien, la région et le monde entier, ont besoin d'une avancée historique", a-t-il ajouté.
   
M. Kouchner est arrivé mercredi soir dans la région pour une visite de trois jours. Il s'est entretenu jeudi avec son homologue israélienne Tzipi Livni et devait ensuite rencontrer le Premier ministre israélien Ehud Olmert.
   
Dans l'après-midi, il se rend à Ramallah en Cisjordanie pour des entretiens avec le président palestinien Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad.
   
Lors de la conférence d'Annapolis aux Etats-Unis en novembre, Israël et les Palestiniens avaient repris les négociations de paix après sept ans d'impasse avec l'objectif affiché de parvenir à un accord sur un Etat palestinien en 2008, mais les pourparlers n'ont enregistré aucune percée.
   
M. Kouchner a affirmé dans l'interview que "le développement de la colonisation par Israël est un des principaux obstacles à la paix".
   
"La France, comme les Etats-Unis d'ailleurs et l'ensemble de la communauté internationale, demande officiellement à Israël de cesser toute activité de colonisation pour montrer son véritable engagement en faveur de la création d'un Etat palestinien viable et de la paix au Proche-Orient", a-t-il ajouté.
   
"Nous connaissons les faits, nous savons effectivement que la colonisation se poursuit, que les check-points sont toujours trop nombreux et que les institutions de Jérusalem-Est n'ont pas été rouvertes", a-t-il dit.
   
Il a en outre appelé à la levée du blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas, et à l'arrêt des tirs de roquettes depuis ce territoire sur le sud d'Israël.
   
"Le blocus de Gaza doit cesser. Cette stratégie est vouée à l'échec. La population souffre et cette situation est moralement intenable. Il faut en sortir", a-t-il dit.
   
"Les tirs de roquettes doivent cesser. Les attaques terroristes entraînant des victimes civiles contre les points de passage sont injustifiables. De même Israël doit cesser les exécutions extra-judiciaires", a-t-il ajouté.
   
M. Kouchner avait admis lundi que la France avait repris des "contacts" avec le Hamas mais la présidence française a insisté mercredi que la position de Paris à l'égard du mouvement islamiste n'a pas changé "d'un iota".
   
Lors de son séjour, M. Kouchner doit également intervenir, vendredi, lors d'une conférence sur les investissements qui s'est ouverte mercredi à Bethléem pour dynamiser le secteur privé palestinien.
   
"J'encourage les entreprises françaises et européennes à venir faire des affaires en Palestine. C'est dans leur intérêt car il existe de réelles opportunités pour elles et c'est dans l'intérêt de la paix car ces activités créent des emplois et améliorent la vie quotidienne des Palestiniens. Mais ne nous cachons pas les choses : pour obtenir 6, 7, 8 % de croissance annuelle en Palestine, la condition première est la fin de l'occupation", a-t-il dit.
 

Première publication : 22/05/2008

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