Dernière modification : 23/05/2008 

- Corruption - Ehoud Olmert - Israël - Justice


Ehoud Olmert à nouveau entendu par la police
Le Premier ministre israélien est soupçonné d'avoir reçu des sommes d'argent d'un homme d'affaires américain. Déjà interrogé une première fois, il a fait savoir qu'il démissionnerait s'il était inculpé. (Correspondance : M. de Chalvron)

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert devait être à nouveau interrogé vendredi par la police, sous le soupçon d'avoir reçu illégalement des sommes d'argent d'un homme d'affaires américain, selon des sources policières.

L'interrogatoire qui commence vers 10H00 locales (07H00 GMT) devrait durer une heure et être mené par des policiers de la police des fraudes.

Il s'agit du second interrogatoire de M. Olmert en trois semaines dans cette affaire qui d'ores et déjà a gravement porté atteinte à son image dans l'opinion. Le premier avait eu lieu le 2 mai.

Formellement le Premier ministre est soupçonné de "fraude" et "d'abus de confiance" et d'irrégularités dans le financement de campagnes électorales.

M. Olmert s'est défendu en expliquant que l'argent versé avait servi uniquement à financer des campagnes électorales tout en proclamant qu'il n'avait pas "mis un sou dans sa poche", ce qui selon lui ne devrait pas le contraindre à démissionner.

Lors de l'interrogatoire, le Premier ministre va devoir convaincre la police que les sommes qu'il a reçues avant sa nomination comme Premier ministre en 2006 ne constituaient pas des pots-de-vin, selon la radio publique.

Il s'agit de plus de 100.000 dollars qui auraient été remis en liquide par Morris Talansky, un homme d'affaires juif américain, auquel la justice israélienne a demandé de témoigner sous serment dimanche avant qu'il ne regagne les Etats Unis.

Les soupçons reposent notamment sur le témoignage d'un avocat, Uri Messer, qui était le bras droit de M. Olmert alors qu'il était maire de Jérusalem et ensuite ministre de l'Industrie et du Commerce (entre 1995 et fin 2005).

La police a par ailleurs découvert des relevés de transferts d'argent qui auraient pu servir à financer non seulement des campagnes électorales mais aussi des voyages privés de M. Olmert.

La situation de M. Olmert est de plus en plus délicate car il fait l'objet de trois autres enquêtes concernant des transactions immobilières douteuses et des accusations de nominations politiques abusives, alors qu'il était ministre de l'Industrie et du Commerce.
 

Commentaires (2)

Les enjeux et les contingences

Comme si l'écheveau de la situation n'était pas suffisamment compliqué à résoudre, la médiation turque visant à normaliser les relations entre le Syrie et Israël rencontre des complications supplémentaires.
Alors que la médiation turque, chargée de dégager les termes d'un accord de paix entre la Syrie et Israël semble progresser, Ehud Olmert, Premier ministre d'Israël, ayant dit qu'il était « prêt à aller loin dans les concessions qui seront forcément douloureuses », le trouble s'empare d'une partie des opinions concernées qui pointent désormais l'hypothèse que ces « négociations » seraient une diversion.
Selon ces thèses, la reprise des pourparlers entre la Syrie et Israël serait surtout le moyen pour le chef du gouvernement turc, dont le parti AKP pourrait être déclaré illégal par la Cour constitutionnelle turque, pour son homologue israélien, fragilisé par des accusations tenaces de malversations financières, de faire une diversion pour échapper à leurs destins respectifs.
Seul, Bachir El-Assad, pourrait sembler « désintéressé » dans cette opération. Mais ce n'est pas le cas. Assad ne chercherait, via cette médiatisation, qu'à briser son isolement international et se sortir de l'affaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafik Hariri et du procès ultérieur qui met en cause son régime.

On ne peut pas oublier, en 1995, l'assassinat d'Itzak Rabin par un fondamentaliste juif, désireux de compromettre le processus de paix dans lequel l'ancien Premier ministre était sérieusement engagé. Sans préjuger de la culpabilité ou pas d'Ehud Olmert dans les affaires de corruption qui le concernent, il n'est pas illégitime de se demander si ces procédures judiciaires à répétition ne participent à assassiner « politiquement » le Premier ministre.
Cela d'autant que le principal témoin, l'homme d'affaire américain, Morris Talansky, a, peut-être, « été encouragé de venir en Israël pour donner des preuves contre le premier ministre par un groupe de rabbins ultra-religieux majeurs qui veulent la chute d'Olmert de peur qu'il brade la souveraineté juive sur le Mont du Temple et les autres parties inaliénables de Jérusalem ». L'intéressé nie être revenu en Israël dans le cadre d'une telle sollicitation, mais admet avoir reçu un appel d'un important rabbin avant d'être interrogé par la police.

Le problème est donc dans la capacité du gouvernement d'Ehud Olmert à conserver une marge de manoeuvre. C'est peu dire que son annonce a suscité la réprobation d'une grande partie de la population. On comprend que les quelques 20000 colons israéliens qui se sont établis sur le plateau du Golan s'accrochent à cette terre, mais c'est surtout le rejet de la population générale qui est catastrophique pour le Premier ministre israélien.
68% d'entre eux, selon un récent sondage, sont hostiles à la restitution du plateau du Golan à la Syrie.
On est loin de la situation exacerbée connue lors du retrait des colonies de Gaza en 2005, mais dont le principe était soutenu par l'opinion publique.
L'opposition du Likoud veut apparemment rendre gorge au chef de la majorité. Benjamin Netanyahu, ancien Premier ministre, accuse ouvertement Ehud Olmert de « se réfugier derrière le processus de Paix avec la Syrie » pour échapper à des poursuites, « préférant sa survie personnelle à l'intérêt national ».
Le contexte se radicalise donc sur fond de soupçons de corruption du Premier ministre. Ce dernier est encore entendu, aujourd'hui pour la troisième fois, par la police ce qui ne constitue pas le meilleur contexte pour conduire sereinement.
Cette situation montre, selon moi, comment il est sage et utile dans une démocratie de séparer le politique du judiciaire jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'à consacrer l'impunité du Premier ministre ou d'un président au cours de son mandat.

Veritable democratie

En France il a fallut attendre que Chirac ne soit plus president pour pouvoir l'interroger, sur les affaires de la mairie de PAris
en Isarel il n'ya pas de protections pour les hommes politique en fonction
Un president à du quitter son poste et si Olmert est mis en examen il quiteras le pouvoir
belle leçon de democratie

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