Vendredi 23 mai 2008
Par FRANCE 24A Cayes, au sud d’Haïti. C’est ici que les émeutes ont éclaté en avril dernier. Ici, l’argent manque, la nourriture manque, l’eau manque. « Il n’y a rien pour survivre. La nourriture que Dieu a créée est devenue un luxe. C’est pourquoi nous avons déjà manifesté plusieurs fois ici. Nous devons exprimer nos problèmes et nos inquiétudes », exhorte Charles Jean-Daniel, un étudiant de 27 ans.
Au-delà de la détresse, c’est la colère contre le gouvernement jugé complètement inactif qui a incité la population à descendre dans les rues. Ici, et sur toute l’île, les services publics sont inexistants. « Si le gouvernement n’est pas capable de nourrir son peuple, ce n’est pas un gouvernement ! On doit donc se faire entendre car les Haïtiens sont des têtes de mule et sinon ils ne nous écouteraient pas », lance un autre jeune de Cayes. Le mouvement a été initié par les jeunes de la région, excédés et affamés. Il s’est ensuite répandu sur toute l’île. Bilan : six morts et des centaines de blessés, sans compter la chute du gouvernement.
Haïti, déjà peu épargnée par les cyclones, est aujourd’hui un des pays les plus pauvres au monde. Plus de 70% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, en dessous du seuil de pauvreté. La terre des Caraïbes découverte par Christophe Colomb en 1492 est aujourd’hui complètement dépendante de ses importations, principalement en provenance des Etats-Unis. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Dans les années 1980, l’île produisait 95% du riz consommé. Depuis, les différents gouvernements ont délaissé la production agricole, préférant importer massivement.
Conséquence : aujourd’hui la fertile région d’Artibonite, à l’ouest de l’île, qui a longtemps été le grenier du pays, a perdu tout son attrait. Le constat est accablant : les routes sont détruites, le système d’irrigation est défaillant et les engrais chimiques ont vu leur prix multiplier par 100. Sans compter que les paysans doivent aussi faire face aux conflits terriens avec des grands propriétaires, qui les dépossèdent de leur terre.
Aujourd’hui, les regards sont tournés vers le président René Préval, qui s’est engagé à enrayer la famine. Mais le temps presse.
Pour aller plus loin


28/05/2008 02:36:36 Signaler un abus
Le scandale
Par Anonyme -
Le scandale en effet, est que les gens crèvent de faim et que certains pays riches dits amis, conditionalistes et interventionistes, encouragent et même obligent par le truchement de leur aide au développement les importations du pays victime, participant ainsi à sa déstabilisation. C'est le cas d'Haïti. Tout cela au nom de la démocratie politique et économique c'est-à-dire le "libéralisme" à sens unique...
26/05/2008 07:31:50 Signaler un abus
alarmiste?
Par Anonyme -
A la fin elle dit que cité soleil a été mit au pas par les casques bleu, ce qui est complètement faux, puisque ce sont toujours des hommes armés qui font du trafic qui tiennent la cité et les casques bleu ne font qu'acte de presence. Il est souligné dans le reportage qu'une firme n'a pas fini les travaux qui aurait permit une bonne irrigation des terres cultivable dans les délais d'où la mauvaise recolte. Il est important de savoir a qui appartient cette firme, car la plupart des pays en voie de développement sont dopés par des primes à l'importation qui massacre les cultures intérieur et donne donc l'image de pays non auto-suffisant. Pourquoi un gouvernement pauvre se tuerai t'il a produire cher alors que de riches pays lui vendent moins cher que ses propre paysans et en plus il ya la prime avec.
23/05/2008 20:22:10 Signaler un abus
Pauvre d'Haiti
Par Nickson -
Je suis triste de voir ce qu'est devenu ce beau pays. En depit de la misère qui ronge les Haitiens, ils sont tous toujours souriant et bien aimables. Je souhaite vivement que les pays dits amis de l'ile revoient leur politique et trouvent un moyen d'aider non le gouvernement corrompu mais la population.