24 mai 2008 - 15H25

La grogne des pêcheurs s'apaise un peu
Les marins-pêcheurs disent suspendre leur mouvement pendant un mois, le temps de voir si le gouvernement tient ses engagements. Plusieurs blocages ont ainsi été levés dans la matinée, mais la grogne demeure forte.

La grogne des marins-pêcheurs semblait s'apaiser un peu samedi, après l'engagement pris par le gouvernement de compenser les pertes des pêcheurs face à la hausse du prix du gazole.

Premier signe fort de détente: les pêcheurs des Sables d'Olonne, d'où était parti le mouvement de révolte de la profession le 10 mai, ont voté samedi matin la "suspension" de leur grève pour un mois. Le blocage des ports de pêche, de commerce et de plaisance a été levé dans la matinée.

"On n'arrête pas la grève, on la suspend. Si dans un mois, il n'y a rien (de concret), on remet la gomme", a prévenu José Jouneau, président du comité local des pêches.

Les pêcheurs ont obtenu vendredi du ministre de la Pêche Michel Barnier, venu les rencontrer à Rennes, un engagement écrit sur la pérennité d'un mécanisme d'"aide aux équipages" permettant de ramener de facto le coût du gazole à 0,40 euro le litre.

Déjà vendredi, les pêcheurs dieppois, en Seine-Maritime, avaient cessé le blocage du port transmanche entamé lundi après avoir passé un accord avec la compagnie exploitante qui menaçait de saisir la justice.

Plusieurs points de résistance subsistaient cependant, comme dans les ports de Cherbourg, Ouistreham (Calvados), Saint-Malo, Saint-Brieuc ou encore La Rochelle, toujours paralysés par les pêcheurs dans l'attente d'assemblées générales prévues dans les prochains jours.

A la différence des derniers jours, peu d'actions spectaculaires étaient signalées samedi matin.

Plus d'une centaine de pêcheurs du Guilvinec (Finistère), dont le port est paralysé depuis deux jours, ainsi qu'une soixantaine de chefs d'entreprise de travaux agricoles ont cependant mené en milieu de journée une opération "péage gratuit" sur l'A81, près de Laval. Ils ont également fouillé quelques camions frigorifiques à la recherche de poisson importé.

Une centaine de marins-pêcheurs de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) ont également manifesté dans le calme samedi matin dans les rues de la ville. Des délégations de pêcheurs de toute la France doivent, selon eux, se réunir lundi matin à Boulogne pour faire le point sur leurs actions.

A Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), toujours en grève, certains bateaux sont sortis pêcher pour ensuite offrir gratuitement leurs prises aux habitants sur le quai dans la matinée.

Les pêcheurs de La Rochelle et de Port-la-Nouvelle (Aude) poursuivaient de leur côté le blocage de dépôts de carburant et ceux de la baie de Seine maintenaient un barrage devant la raffinerie Total du Havre.

Aucune action n'a été signalée contre des grandes surfaces ou des criées, les opérations "coup de poing" des derniers jours ayant suscité des remous dans les milieux professionnels.

Dans certains départements toujours fortement mobilisées comme le Calvados, des poissonneries sont toutefois restées fermées samedi, faute d'approvisionnement ou par crainte de nouvelles actions des pêcheurs. "Poisson français par solidarité avec les pêcheurs", affichait le rayon poissonnerie, nettement moins fourni que d'habitude, d'une grande surface de Ouistreham.

Commentaires

Quid des autres professions ?

Les pêcheurs ont un mode de fonctionnement très particulier et c'est vrai qu'attaqués ou bridés de toutes parts ils ont besoin d'aide sous peine de disparaître.
Il suffit de voir l'extrême hémorragie dans leur profession depuis quelques années pour le constater.
Là ou ça va rapidement dégénérer c'est que beaucoup d'autres professions consommatrices de carburants vont aussi manifester.
Le baril a doublé en un an, l'état n'en n'est pas responsable, pas plus que tous les autres états du monde.
Remettre en place la TIPP flottante n'aura que peu d'influence.
Ne restera à l'état que la possibilité de réduire les taxes pour contenter tout le monde, mais pour combien de temps vu que le pétrole n'arrêtera plus d'augmenter, pour quelles conséquences vu que ça videra encore un plus les caisses vidées par nos précédents dirigeants peu courageux.
Il ne faut pas se leurrer, nous sommes bien au début d'une crise du pétrole, moins violente et soudaine en apparences qu'en 1974, mais beaucoup plus profonde et durable à une époque ou la mondialisation est en marche avec la moitié de la planète émergente.
Cela ressemble à une décadence rapide de l'empire occidental et il faudra bien qu'on en passe par là si on ne se montre pas plus inventifs et si on ne s'ouvre pas plus à cette mondialisation.

Réagir à cet article


Fermer