Dernière modification : 25/05/2008 

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Michel Sleimane, l'homme de l'unité
Les députés libanais sont convoqués pour élire dimanche le général Michel Sleimane à la tête de l'Etat au terme de l'accord de sortie de crise conclu à Doha. Portrait.

"L’armée est ma vie. J’ai toujours tenté de la mettre à l’abri des conflits politiques et confessionnels dans un pays où tout repose sur le confessionnalisme", déclarait en avril 2008 le commandant en chef de l’armée libanaise Michel Sleimane à FRANCE24, lors d’une rencontre au ministère de la Défense. "Je n’accepterais pas de la voir divisée".

Quelques mois après cette déclaration, voici Michel Sleimane sur le point de devenir le douzième président du Liban. Il devra dorénavant veiller à l’unité d’un pays entier menacé d’effritement.

Né en 1948 à Amchit, à l’est du pays, dans une famille chrétienne maronnite, Michel Sleimane a occupé plusieurs postes de responsabilité au sein de l’armée libanaise avant d’en être nommé commandant en chef en 1998. Le Liban étant encore sous tutelle syrienne, sa désignation s’était alors faite avec l’aval de Damas.

Pourtant, il a depuis réussi à faire oublier son image d’ "homme de Damas" que lui collaient les anti-syriens. Lors de la grande manifestation du 14 mars 2005, le général Sleimane avait refusé de déployer ses soldats.

"Ce jour-là, il a refusé d’obéir aux ordres du gouvernement et interdit aux militaires de tirer sur la foule", rappelle le journaliste Elie Masbounji du quotidien libanais L’Orient-Le-Jour. "Il a également su gérer la sécurité du pays lors du retrait des troupes syriennes ", ajoute le journaliste.

A Nahr el-Bared, la victoire de l'armée libanaise rejaillit sur Sleimane

D’autres événements, comme le déploiement de l’armée au sud du Liban après l’offensive israélienne en 2006, ont également contribué à accroître la popularité de Michel Sleimane.

Mais la position du commandant en chef s’est surtout renforcée après la longue bataille avec les islamistes de Fatah al Islam dans le camp de réfugiés de Nahr el-Bared, entre mai et septembre 2007.

En dépit des difficultés rencontrées, l’armée libanaise est alors apparue comme un facteur d’unité et sa popularité s’est accrue. "La victoire d’une armée sous-équipée, qui ne s’était pas vraiment battue depuis longtemps a fait rejaillir sur la personne de Sleimane un élan affectif sans précédent", déclare Philipe Abi Akl, directeur de l’agence de presse libanaise Al Markaziya.

"Il ne faut pas oublier que l’armée a perdu 168 de ses soldats, toutes confessions confondues, en combattant des terroristes", ajoute-t-il.

Pro-syrien pour les uns, pro-américain pour les autres

C’est à cette période que son nom commence à circuler en tant que candidat à la présidence. Si dans un premier temps, l’armée réfute ces rumeurs - au moyen de communiqués réguliers - ses bonnes relations avec les leaders de la majorité anti-syrienne et ceux de l’opposition ont renforcé sa posture de présidentiable et surtout "d’homme de consensus".

"Et pourtant ce ne fut pas facile", déclare le politologue Joseph Bahout, chercheur au Centre d’études en relations internationales à Paris, "la majorité parlementaire anti-syrienne le considérait proche des Syriens et l’opposition l’accusait plutôt d’être pro-américain".

L’armée a été vivement critiquée en restant passive au moment du coup de force du Hezbollah contre Beyrouth ouest début mai, qui a conduit à la mort de 67 personnes. Celle-ci était restée passive au nom de son unité. Comme toute la fonction publique du pays, l’armée libanaise est construite sur des bases confessionnelles. "Elle ne pouvait que rester neutre. L’histoire du Liban a montré que lorsqu’elle ne l’est pas, elle explose", précise l’analyste politique.

A présent, Michel Sleimane devra démontrer qu’il est capable de maintenir ses relations avec les différentes factions qui composent la société libanaise - sunnites, chrétiens, chiites, druzes et leurs diverses émanations politiques -, tout en menant une action politique efficace. Un véritable défi.

Commentaires (5)

enfin un president

enfin un pr2sident c est le cas de le dire. les libanais le meritent apres tout ce que ce peuple historique a endure ainsi que les constantes jalousies de ses voisins

Un candidat d'unité nationale

J'espère que Michel Sleiman sera à la hauteur et qu'en lui l'image d'un "Liban" libre paisible et uni reflétera.
Je pense qu'il faut lui souhaiter bonne chance et attendre.Alors courage M Le Président nous comptons tous sur vous.

Toutes mes félicitations et mes meilleurs voeux de réussite.

Le Général SLEIMAN est un homme intègre issu d'une institution intègre. Etre Président au Liban ne permet pas de résoudre les problèmes du Liban. Ses conseillers, l'Etat Major de l'armée, le Ministre de l'intérieur sont les personnages clés sur lesquels il pourra compter qu'il faudra donc bien choisir. Le Premier ministre ainsi que les autres ministres ne dépendent pas de lui. Il faudra que tout ce monde aille dans le même sens sans confondre intérêt personnel et intérêt national. La stabilité politique du pays repose aussi et surtout au comportement de nos voisins. Les milices au Liban 'ont plus jamais leur raison d'être. La Résistance est justifiée par l'occupation des Fermes de Chébaa. le jour où le Liban sera enfin libéré l'armement de la Résistance n'aura plus sa raison d'être.

Toutes mes félicitations Monsieur le Président Michel SLEIMAN

Le problème au Liban, ce n'est pas SLEIMAN qui est un homme intègre, issu d'une institution intègre et libanaise dans le vrai sens du terme. La fonction de Président de la république libanaise est honorifique puisque prendre le pouvoir dans ce pays, ne signifie toujours pas résoudre les problèmes du Liban, qui sont autant politiques qu' économiques. Il doit s'entourer de gens compétents, de confiance et intègres (conseillers, Chef d'état major de l'armée, Ministère de l'intérieur, ...). Le Premier ministre ainsi que les ministres le seront-ils ? Les milices au Liban n'ont plus du tout leur raison d'être. Prévenir la guerre civile c'est en premier lieu empêcher démocratiquement et judiciairement l'armement des civiles, fussent-ils sunnites, chiites, druzes ou chrétiens. Pour le moment l'armement de la Résistance ( du Hezbollah ) fait partie intégrante de la force stratégique du Liban et ce tant que le Liban est occupé. Le jour où Tsahal évacuera les Fermes de Chébaa, la Résistance n'aura plus sa raison d'être. Toute autre interprétation aura pour but de tromper l'opinion publique en allumant la mèche de la tension et de la guerre.

merci

Merci pour ces informations interessantes. Faut juste esperer que ce president ne devienne pas aussi corrompu que son predecesseur

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