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Les violences font au moins 50 morts et 35 000 déplacés

Dernière modification : 25/05/2008

Meurtres, viols, pillages, la vague de violences xénophobes dure depuis deux semaines dans les bidonvilles sud-africains. Les critiques envers le pouvoir, accusé d'avoir mal géré la crise, sont de plus en plus sévères.

La presse dominicale d'Afrique du Sud taxait la flambée de violences xénophobes des deux dernières semaines dans les townships de "nettoyage ethnique" et appelait à la démission du président Thabo Mbeki, absent du front en dépit d'un lourd bilan.
  
"Nettoyage ethnique à la sud-africaine": le titre barrait la Une du Sunday Independent, au dessus de la photo d'une jeune Mozambicaine enveloppée dans une couverture, assise sur un matelas dans un terrain vague, le regard perdu.
  
"Les voisins se transforment en tueurs, ceux que l'on croyait des amis deviennent des ennemis", ajoute l'hebdomadaire.
  
Deux semaines de meurtres, viols, lynchages, incendies et pillages ont fait au moins 50 morts, des centaines de blessés et plus de 35.000 déplacés, qui ont fui les bidonvilles pour se réfugier dans des camps de fortune. Des milliers d'étrangers ont déjà pris le chemin du retour.
  
"C'est l'état d'urgence", titre le Sunday Times, qui met lui aussi l'accent sur la détresse de dizaines de milliers de personnes.
  
En Une, le journal dominical affiche un éditorial au vitriol, intitulé: "M. le président, c'est le moment de partir".
  
"Depuis le début de cette crise, sans aucun doute la plus grave, la plus sombre et la plus répugnante qu'ait connue notre jeune nation, Mbeki a montré qu'il n'avait plus le coeur à diriger", ajoute-t-il.
  
"Pendant que Rome brûle, le président Thabo Mbeki est à Arusha, Tanzanie (pour une réunion de l'Union africaine). Sa prochaine étape: Tokyo, Japon", pour une rencontre du G8, écrit pour sa part le commentateur Maureen Isaacson dans le Sunday Independent.
  
"Nos dirigeants désertent le pays pendant que leur conte de fées part en fumée."
  
Le président Mbeki a certes condamné les violences, mais s'en est tenu à un tardif communiqué de presse et une déclaration lors d'une cérémonie d'inauguration dans la province rurale de l'Eastern Cape.
  
Il ne s'est jamais rendu dans les townships et ne s'est pas adressé à la nation dans une intervention radio-télévisée, seul moyen d'atteindre les quartiers pauvres.

Première publication : 25/05/2008

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