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La communauté internationale salue l'élection de Sleimane

Dernière modification : 26/05/2008

Après 18 mois de crise politique, le président libanais Michel Sleimane, élu dimanche, a axé son discours d’investiture sur "l’entente" et "la réconciliation". (Récit : P. Robert)

Cliquez ici pour en savoir plus sur la carrière de Michel Sleimane

  

 

Les députés libanais ont élu Michel Sleimane, dimanche, à la tête du pays. Il s’agit d’un premier pas vers la fin d’une crise politique qui a laissé le Liban profondément divisé pendant 18 mois et sans président depuis novembre 2007. Sans tarder, l’ensemble de la communauté internationale s’est réjouie de l’élection de Michel Sleimane, qui doit initier la réconciliation entre la majorité antisyrienne, soutenue par les Occidentaux et l'Arabie saoudite, et l'opposition menée par le Hezbollah chiite, alliée de l'Iran et de la Syrie.

 
Le président américain George W. Bush a fait part de son impatience de voir s'ouvrir "une nouvelle ère de réconciliation politique" dans le pays. "Je suis persuadé que le Liban a choisi un dirigeant dévoué à la protection de sa souveraineté, à une plus grande autorité du gouvernement sur l'ensemble du Liban, et au respect des obligations internationales du Liban en vertu des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré George W. Bush. Le président français Nicolas Sarkozy a qualifié le scrutin d’"étape centrale" dans la résolution de la crise libanaise.

 
De son côté, le président allemand Horst Köhler évoque un "pas encourageant pour surmonter la crise politique". Le ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband, parle d’"avancée importante" pour la stabilisation du pays.

 
Bernard Kouchner, invité à la cérémonie parmi 200 dignitaires, a qualifié de "particulièrement courageux" l'engagement pris par le nouveau président de soutenir le Tribunal international chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005.


Pour la Syrie, un serment "historique"
  
 
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, espère pour sa part que l’élection permettra la "revitalisation de toutes les institutions" du pays.

 
Cette élection a également été saluée dans le monde arabe, largement représenté à la cérémonie, avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, les ministres des Affaires étrangères syrien et iranien, ainsi que l'émir du Qatar, le cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani.

 
Ce dernier a estimé que "le vainqueur est le Liban et le vaincu est la scission", après les violences du mois de mai dans le pays qui a frôlé la guerre civile. Le roi Mohammed VI du Maroc a lui estimé que cette élection renforcerait "l'entente nationale", alors que le roi Abdallah II de Jordanie a réaffirmé son soutien au Liban et qualifié l'élection "d'ouverture positive pour le peuple libanais".
   

En Syrie, pays qui s'est retiré du Liban au printemps 2005 après près de 30 ans de présence, la télévision officielle a ouvert son journal du soir sur le serment "historique" du général Sleimane. "Le Liban est à sa juste place : le Liban arabe et uni, capable de surmonter l'impasse", a lancé le présentateur du journal.

 
Un "mariage de réconciliation" pour les Libanais

 
Lors de son discours d’assermentation, Michel Sleimane a assuré qu'il chercherait à établir des relations amicales et à instaurer des relations diplomatiques avec la Syrie, l'ancienne puissance de tutelle qui soutient l'opposition libanaise et n'a pas de relation diplomatique avec son voisin. "Nous chérissons nos relations avec les pays arabes et recherchons des relations fraternelles avec la Syrie, basées sur la souveraineté mutuelle et sur l'indépendance", a ajouté le nouveau chef d’Etat libanais.

 
"Nous confirmons à nouveau notre engagement et notre respect envers toutes les résolutions de l’ONU", a-t-il assuré, en rappelant l’implication et la contribution du Liban au tribunal international sur la mort de Rafic Hariri.

 
Homme de la conciliation, il a affirmé que le Liban devait mettre en place une stratégie de défense pour faire face aux violations du territoire libanais par Israël et pour libérer les fermes de Chebaa, un petit territoire frontalier.

 
Alors que les factions rivales s'accusent mutuellement de servir des puissances étrangères, la crise politique libanaise ressemblait de plus en plus à un prolongement de la fracture qui sépare musulmans sunnites et chiites dans tout le Moyen-Orient, et de celle qui oppose les Occidentaux – notamment les Etats-Unis – à l'Iran et à la Syrie.

 
La médiation qatarie a permis la signature d'un accord lors de négociations à Doha, du 16 au 21 mai, après des affrontements sanglants entre partisans sunnites de la majorité antisyrienne et combattants chiites proches du Hezbollah, soutenu par la Syrie et l’Iran. Les combats ont fait 65 morts et poussé le Liban au bord de la guerre civile.

Première publication : 26/05/2008

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