26 mai 2008 - 01H32
- Aérospatiale - Eau

La sonde américaine Phoenix s'est posée sur Mars
La sonde américaine Phoenix s'est posée sans encombre dans la région arctique, zone encore inexplorée de la planète Mars. Pendant trois mois, elle va sonder le sol gelé pour déterminer si la vie y est possible. (Récit : M. Amellal)

La sonde américaine Phoenix s'est posée sans encombre dimanche dans la région arctique de la planète rouge jusque là inexplorée pour sonder le permafrost martien, y trouver de l'eau gelée et déterminer si la vie y serait possible.
   
"Phoenix a atterri", a annoncé un responsable de la Nasa, sous les applaudissements nourris et les cris de joie au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa à Pasadena en Californie (ouest) qui contrôle la mission.
   
"Nous allons dans un endroit de la planète inexploré et cela est très exaltant", avait expliqué samedi à la presse Peter Smith de l'Université d'Arizona (sud-ouest), le principal responsable scientifique de la mission.
   
"Obtenir un bon échantillon de ce sol gelé est notre objectif dans notre quête pour une zone habitable sur Mars", a-t-il ajouté.
   
Après avoir parcouru 679 millions de km depuis son lancement en août 2007, Phoenix --une mission de 420 millions de dollars-- est entrée dans la haute atmosphère martienne vers 23H30 GMT à 21.000 kilomètres/heure pour entamer une descente périlleuse. Elle s'est posée en douceur sept minutes plus tard à 23H38 GMT.
   
Toutefois, la confirmation de l'atterrissage réussi n'est parvenue sur Terre qu'à 23H53 GMT, car il faut 15 minutes au signal pour parcourir à la vitesse de la lumière les 276 millions de km séparant Mars de la Terre.
   
Historiquement, seulement 45% des tentatives d'atterrissage sur Mars ont réussi.
   
"Il y a beaucoup d'incertitudes avec Mars pendant cette période de sept minutes de terreur" correspondant à la très forte décélération suivie de la descente finale sur le sol martien, avait dit Doug McCuistion, directeur du programme d'exploration de Mars à la Nasa, avant l'atterrissage.
   
Pour l'atterrissage, Phoenix a utilisé un bouclier thermique pour freiner sa rentrée dans l'atmosphère et déployé ensuite un parachute supersonique pour ralentir sa vitesse.
   
La sonde devait ensuite allumer des rétro-fusées 37 secondes pour se poser en douceur sur ses trois pieds dans la région du Vastitas Borealis, plaine circumpolaire plate avec peu de rochers.
   
Une minute après son arrivée, Phoenix doit observer un silence radio pour économiser ses batteries et attendre vingt minutes pour déployer ses deux antennes solaires, le temps de laisser reposer la poussière pour éviter de souiller les panneaux solaires.
   
La première image de Phoenix doit arriver sur Terre deux heures plus tard.
   
Phoenix est dotée d'instruments qui, en analysant la composition du permafrost, sont capables de détecter des molécules notamment de carbone et d'hydrogène, des éléments nécessaires à la vie.
   
Phoenix, dotée aussi d'une caméra, déploiera un bras articulé de 2,35 mètres capable de creuser à une profondeur d'un mètre dans le sol.
   
Un des instruments du bras peut chauffer les échantillons pour détecter des substances volatiles comme l'eau.
   
L'orbiteur américain Mars Odyssey avait trouvé en 2002 de vastes quantités d'hydrogène à la surface de la planète confirmant que Mars, surtout la région polaire arctique, est recouverte de glace.
   
Les deux robots américains Opportunity et Spirit, qui continuent depuis trois ans à explorer la surface de Mars à l'équateur, ont aussi découvert des indices de présence passée d'eau.
   
Avec ses deux antennes solaires déployées, Phoenix mesure 5 mètres de largeur sur 1,52 mètre de longueur et pèse 350 kilos, dont 55 kilos d'instruments scientifiques.
   
Phoenix accomplira sa mission de trois mois dans des températures de moins 73 à moins 33 degrés Celsius.

Commentaires

Réagir à cet article

To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

Fermer