Un homme d'affaires américain a affirmé mardi devant la justice avoir versé au Premier ministre israélien Ehud Olmert près de 150.000 dollars en liquide, lors d'un témoignage crucial dans une affaire de corruption qui pourrait entraîner l'inculpation et la démission de M. Olmert.
L'audition de ce témoin clef, Morris Talansky, un israélo-américain qui vit à New York, a duré plus de sept heures devant le tribunal de district de Jérusalem.
M. Talansky, qui a assuré n'avoir reçu aucune contrepartie pour cet argent, sera entendu en juillet lors d'un contre-interrogatoire mené par les avocats de M. Olmert.
"On ne peut pas tirer la moindre conclusion de la première partie de ce témoignage. Nous déciderons d'une inculpation ou de la fermeture du dossier quand l'enquête sera terminée", a déclaré à des journalistes le procureur de l'Etat, Moshé Lador, qui a mené l'audition.
M. Talansky a dit avoir "donné des sommes en cash à Olmert pour ses campagnes de 1991 et 1992", précisant l'avoir connu au début des années 1990. "Il était alors ministre de la Santé. C'était un prince du Likoud (parti de droite), un homme intelligent que j'admirais (...)", a-t-il dit.
"Il m'a dit qu'il préférait du liquide, et je lui ai donné d'abord de l'argent sur mes fonds privés, puis des sommes collectées aux Etats-Unis à son intention", a-t-il affirmé, selon des journalistes admis au tribunal.
"En 1998 également, des sommes, à chaque fois en général de 3.000 à 8.000 dollars, ont été données, toujours en liquide, car Olmert ne voulait pas de chèques. Il a expliqué que ces fonds seraient ainsi plus faciles à répartir", a poursuivi M. Talansky.
L'homme d'affaires a indiqué avoir transmis ces sommes aussi bien en Israël qu'à l'étranger dans des enveloppes par l'intermédiaire de Shoula Zaken, ex-directrice de cabinet d M. Olmert.
Tout en affirmant n'avoir rien "attendu en échange", M. Talansky a indiqué que M. Olmert lui avait proposé de "l'aider" pour vendre des minibars d'hôtels qu'il fabrique.
Le Premier ministre, selon lui, l'a mis en contact avec des propriétaires américains d'hôtels. "Il voulait me faire une faveur, mais ça n'a rien donné", selon lui.
L'homme d'affaires n'a pas été en mesure de spécifier comment les fonds transférés à M. Olmert, soit quelque 150.000 dollars en 15 ans, avaient été utilisés, laissant entendre qu'une partie l'avait été à des fins privées.
A cet égard, il a indiqué avoir prêté de 25.000 à 30.000 dollars à Ehud Olmert pour des vacances en Italie, précisant ne pas avoir récupéré cette somme. "Je sais qu'il aimait la bonne vie, les hôtels de luxe, les cigares fins, les stylos coûteux et les montres, et je trouvais cela étrange".
Avant l'audience, M. Lador avait expliqué que M. Olmert était soupçonné de "fraude" et "d'abus de confiance" pour avoir reçu des "sommes importantes" et "non autorisées", notamment lorsqu'il était maire de Jérusalem (1993 à 2003), puis ministre du Commerce et de l'Industrie jusqu'en 2006.
L'un des avocats de M. Olmert, Eli Zohar, a déclaré qu'il n'avait pas été "surpris" par le témoignage de M. Talansky. "Il n'y rien de nouveau", a-t-il dit, réaffirmant que le Premier ministre n'avait "pas contrevenu à la loi".
M. Olmert a publiquement reconnu avoir reçu des contributions destinées à financer ses campagnes électorales pour la mairie de Jérusalem et les primaires du Likoud, mais a affirmé sa probité et s'est engagé à démissionner si la justice décidait de l'inculper.
Il a déjà été interrogé deux fois à propos de cette affaire, et fait l'objet de trois autres enquêtes de police sur des transactions immobilières douteuses et des nominations politiques abusives à l'époque où il gérait le portefeuille du Commerce et de l'Industrie.















Commentaires
on connait la chanson
quand il y a un politique juif que veux mettre fin au guerre et avoir une paix juste pour deux cote soit on le tue soit on le traine dans la bou
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