URGENT
Des dizaines de personnes tuées lors d'une prise d'otages dans le sud des Philippines
Plusieurs dizaines de personnes enlevées par des hommes armés ont été retrouvées mortes dans le sud des Philippines, indique un chef régional de l'armée. Les victimes seraient des hommes politiques et des journalistes.
28 mai 2008 - 02H43
- Népal

La monarchie vit ses dernières heures au Népal
Les dirigeants politiques du Népal ont commencé à se rassembler pour une session historique de l'assemblée constituante. L'abolition de la monarchie devrait y être proclamée. (Récit : C. Molle-Laurençon)

L'assemblée constituante du Népal, issue des élections du 10 avril remportées par les ex-rebelles maoïstes, s'apprêtait mercredi à abolir la seule monarchie hindouiste au monde et à proclamer la république.
   
L'ouverture de la session de l'assemblée, prévue à 11h00 locales (05h45 GMT) a été repoussée une première fois à 15h00 (09h45 GMT), alors que des rencontres entre les leaders politiques se poursuivaient à huis clos, selon des membres des services de sécurité.
   
En milieu d'après-midi, les discussions se poursuivaient avec le Premier ministre Girija Prasad Koirala, sur la question de savoir qui serait le premier président du Népal, selon un porte-parole des maoïstes.
   
"L'ouverture de la session sera retardée jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé", a indiqué Ananta, l'un des chefs de l'Armée maoïste de Libération populaire.
   
Une fois la monarchie abolie, le roi Gyanendra devrait se voir signifier un délai maximum de 15 jours pour quitter son palais, a indiqué un porte-parole des maoïstes, Krishna Bahadur Mahara, précisant que cette question du départ du roi était au centre des discussions précédant l'ouverture de la session.
   
"Une proposition a été faite prévoyant que le roi doive quitter le palais Narayanhiti" dans un délai "compris entre 7 et 15 jours", a indiqué le porte-parole.
   
La session de mercredi devait débuter par une intervention du Premier ministre proposant l'avènement d'une république, proposition ensuite soumise au vote.
   
"Cela ve prendre du temps. Après le vote, nous procéderons au décompte", a indiqué Manahor Prasad Bhattarai, secrétaire général de la Constituante.
   
L'abolition de la monarchie doit ensuite être annoncée une fois que la proposition aura receuilli la majorité simple, a ajouté Bhattarai.
   
La sécurité a été encore renforcée mercredi à Katmandou, après une série d'attentats à la bombe, dont le dernier, mardi, a fait deux blessés.
   
Des milliers de policiers ont été déployés autour du complexe où la Constituante doit abolir la monarchie qui gouverne ce petit pays pauvre de l'Himalaya depuis 240 ans, mettant ainsi un terme au règne du roi Gyanendra.
   
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies dans les rues de Katmandou, criant différents slogans, notamment "Gyanendra le voleur, quitte le pays".
   
Mardi, deux personnes, dont un enfant, ont été blessées dans l'explosion d'un engin de fabrication artisanale dans un parc de Katmandou, a indiqué la police. Trois autres attentats s'étaient produits lundi soir sans faire de victimes, dont deux revendiqués par un groupe nationaliste hindou inconnu, le G.F.P. Ramdir Sena, et l'un devant le domicile d'une personnalité favorable à la république.
   
"Nous pensons que cet attentat a été commis par des éléments opposés à (l'instauration) d'une république afin d'instaurer un climat de panique", a indiqué un responsable de la police, Dipendra Chand, à propos de la dernière explosion.
   
Les maoïstes, qui ont mené une lutte armée pendant dix ans avant de signer un accord de paix en 2006, ont été les grands vainqueurs des législatives du 10 avril, en remportant plus du tiers des 601 sièges.
   
Les ex-rebelles s'étaient engagés à mettre l'abolition de la monarchie à l'ordre du jour de la première session de l'assemblée constituante.
   
Considéré par ses partisans comme l'incarnation du dieu hindou Vishnou, Gyanendra était monté sur le trône en 2001 après l'assassinat spectaculaire et mystérieux de neuf membres de la famille royale par le prince héritier, apparemment ivre et drogué, qui s'était ensuite suicidé.
   
L'impopularité de Gyanendra avait atteint son paroxysme lorsqu'il avait renvoyé le gouvernement et s'était octroyé les pleins pouvoirs en février 2005.
   
Ce coup de force avait poussé les principaux partis politiques à s'allier avec leurs ennemis de toujours, les rebelles maoïstes, et à conclure un accord de paix en 2006, mettant fin à une guerre civile qui a fait plus de 13.000 morts.

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