Dernière modification : 03/06/2008 

- Russie - Tchétchénie


Les collines interdites de Tchétchénie
Depuis la fin de la seconde guerre de Tchétchénie, en 2003, les collines où se sont repliés les résistants, autour de Grozny, sont une zone sous tension où la paix imposée ressemble à une guerre larvée. (Reportage : Lucas Menget)

Les petites routes de l’Ossétie, puis de l’Ingouchie, sont les voies les plus sûres pour entrer clandestinement en Tchétchénie. Quatorze ans après la première guerre contre les Russes, il est toujours interdit de s’y rendre.

Mais les passeurs connaissent les chemins détournés qui mènent à Grozny. La petite république est fermée et les frontières très surveillées par l’armée russe et la police tchétchène.

Il n’y a plus de guerre ouverte. Les montagnes semblent calmes et les combats dans les gorges d’Argoun sporadiques. Tout au fond de la vallée se trouve le village d’Ouchkaloï. Dans la petite école de ces montagnes reculées, la photo du tout nouveau président russe Dmitri Medvedev trône aux côtés de celle du jeune leader tchétchène Ramzan Kadyrov.
  
L’alliance des Russes avec des factions tchétchènes a quasiment laminé la rébellion.

 

Les historiens ont comparé les bombardements de Grozny à ceux de Dresde, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les habitants n’y vivent pas encore bien. Des quartiers entiers sont à reconstruire. Mais ces morceaux de la Tchétchénie sont cachés, à l’écart des programmes de Kadyrov et de ses soutiens russes.

Dans ces immeubles, la pacification du Caucase n’est pas en route. Il n’existe pas de chiffre officiel du chômage. Mais il est important et nourrit la colère. Quel avenir pour ces enfants de la guerre ? "Ils n'ont aucun autre logement… les gens se sont installés ici parce qu'ils n'avaient nulle part où aller", raconte Toïta, membre d’une ONG qui s’occupe de ces déshérités.

Les dernières bombes sont tombées sur Grozny en 2003… Cinq ans plus tard, ces Tchétchènes n’ont rien vu de la paix. Moscou s'est allié aux Kadyrov. Le père d'abord, assassiné, puis le fils. Un système de clientélisme sans opposition. Les Tchétchènes n’ont pas le choix : c’est ça ou la reprise des combats. Les exactions n'ont pourtant pas pris fin.
  
Sur son téléphone portable, Toïta montre ce que font les hommes du président Kadyrov à une jeune Tchétchène qui a fréquenté un soldat russe.

Combattants, miliciens, anciens indépendantistes, soldats russes : la Tchétchénie est un grand terrain militaire. Les combattants de la résistance sont peu nombreux, mais ils font encore peur. Ce jeune policier aimerait bien faire un autre métier.

Bater, ancien combattant, est devenu entrepreneur. Il veut participer à l’avenir de la Tchétchénie. Quitte à faire confiance à Kadyrov.

Cette année, la région est prioritaire dans le programme de reconstruction. Le pouvoir a compris que la meilleure arme contre les rebelles est d’offrir le confort. Bater installe un gazoduc.

Tous les Tchétchènes sont musulmans. Ce qui ne veut pas dire qu’ils accordent le moindre crédit aux rebelles islamistes, qui tentent de créer depuis leurs caches un émirat tchétchène. Une bonne partie des rebelles sont devenus des combattants du Jihad international.
 
"C'est absolument absurde. Un émirat, c’est la réalisation d'une structure politique qui n'a jamais existé dans le Caucase. Ca n'a jamais eu lieu : les racines spirituelles du Caucase, ça a toujours été la famille et la loi des montagnes", soutient Bater.

Ces pragmatiques veulent montrer pourquoi ces guerres ont eu lieu et pourraient reprendre. Pour ça. Pour ces collines du Caucase où bat le cœur du nationalisme tchétchène.

Commentaires (3)

Un bon reportage

Je connais bien les tchétchènes et je peux vous dire qu'ils vont jamais rater une occasion pour tenter de retrouver non pas leur indépendance, car à quoi ils pensent ce n'est pas une indépendance, mais plus simplement de ne plus subir cette humiliation d'avoir les russes comme les chefs, car pour eux c'est bien d'une humiliation qu'il s'agit. Même Kadyrov n'aime pas les russes, mais par rapport à beaucoup d'autres tchétchènes, comme son père il est plus "pragmatique". Mais les russes sont pas cons et le savent très bien. C'est qu'une pause avant une nouvelle guerre perdue d'avance

contre

Country/City: mali /bangkok
poure qoi vous ne fait pas les meme reportage aussi au americin qui tue toujoure des inocent pore qoi motrez seulement les mal des coministe non pas ceque vous faite et ce normale ceque l'ameroque entren de commertre a l'iraque qu et plus que la ruissi en tchetchenie

Bravo Lucas!

Tu sais quoi Lucas (permet moi de te tutouyer) je saisserai d'être sous le charme de tes reportages. Tu me surprend agréablement chaque fois je suis ton reportage. Comment fais-tu pour avoir ce courage qui te permet de prendre autant de risque? Il faut dire tes inombrables risques nous permettent de voir les réalités vecues par d'autres personnes à travers le monde. Merci encore mon ami Lucas car je sais que tu me surprendra encore...

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