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La justice croate condamne un ex-général pour crimes de guerre

Dernière modification : 30/05/2008

Un premier procès pour crimes de guerre, délégué par le TPI pour l'ex-Yougoslavie à la justice croate, s'est soldé par la condamnation à sept ans de prison d'un ex-général croate et l'acquittement d'un autre.

La justice croate a condamné vendredi un ex-général croate à sept ans de prison et en a acquitté un autre dans le premier procès pour crimes de guerre qui lui a été délégué par le TPI pour l'ex-Yougoslavie, vu comme un test pour l'adhésion de la Croatie à l'UE.
   
L'ex-général Mirko Norac, 40 ans, "est condamné pour crimes de guerre commis sur des civils et prisonniers de guerre (ndlr, Serbes) à sept ans de prison", a dit le juge Marin Mrcela, ajoutant que le coinculpé Rahim Ademi, 54 ans, était acquitté.
   
L'ex-général "Rahim Ademi ne peut pas être tenu pour responsable en raison du fait que son autorité était limitée", a ajouté le juge.
   
"Le tribunal a enfin rendu un verdict juste. J'ai vécu une agonie depuis 1993. Désormais, je peux vivre normalement", a déclaré Rahim Ademi à la presse.
   
L'avocat de Mirko Norac, Zeljko Olujic, a annoncé qu'il allait faire appel auprès de la Cour suprême de justice.
   
De son côté, le parquet a fait savoir qu'il allait également interjeter appel, selon l'agence Hina.
   
Le procès des deux hommes, inculpés par le Tribunal pénal international (TPI) d'atrocités contre des civils serbes pendant la guerre de 1991-1995 en Croatie, a été transféré en 2005 à la justice croate et a débuté en 2007.
   
Ils avaient tous deux plaidé non coupable.
   
Les deux ex-généraux ont été inculpés pour leur responsabilité dans une attaque d'artillerie des forces croates sur deux villages serbes et dans le massacre et la persécution de civils et de prisonniers de guerre en 1993 au cours de l'opération dite de la "poche de Medak", dans le centre de la Croatie. Cette opération a coûté la vie à 23 civils et à cinq prisonniers, selon l'acte d'inculpation.
   
Le juge Mrcela a souligné que Norac, qui a commandé l'opération sur le terrain, tout en étant au courant, n'avait rien fait pour empêcher ses troupes de commettre ces crimes.
   
Il a précisé avoir établi sa responsabilité dans la mort de trois civils et de deux prisonniers de guerre tout comme dans le pillage et la destruction de maisons de la population serbe.
   
En revanche, le juge n'a pas retenu l'accusation de "bombardement aveugle de cibles civiles" ajoutant qu'un seul civil avait été tué dans des tirs de l'artillerie croate.
   
Dans la journée, plusieurs associations croates, spécialisées dans des questions de crimes de guerre, ont exhorté la justice à enquêter pour identifier les responsables directs de ces crimes.
   
Le procès a été suivi de près par l'Union européenne que la Croatie souhaite vivement rejoindre en 2010.
   
Mirko Norac purgeait déjà une peine de 12 ans de prison infligée par un tribunal croate pour une autre affaire de crimes de guerre.
   
La délégation de procès par le TPI à la justice de pays de l'ex-Yougoslavie, est le seul moyen pour que le tribunal créé par l'ONU remplisse sa mission avant sa fermeture, programmée pour 2010.
   
La guerre en Croatie avait éclaté après la déclaration unilatérale de son indépendance en 1991 entre les forces de Zagreb et les sécessionnistes serbes appuyés par l'armée fédérale yougoslave.
   
Au début du conflit, les forces serbes avaient occupé plus d'un tiers du territoire de la Croatie en commettant des atrocités et en expulsant la population non serbe. En 1995, l'armée croate a effectué deux opérations décisives, reprenant le contrôle de ce territoire et mettant pratiquement un terme à la guerre. Ces opérations avaient été ponctuées de crimes de guerre commis sur des Serbes de Croatie, selon le TPI.
   
Trois généraux croates, Ante Gotovina, Ivan Cermak et Mladen Markac, sont jugés depuis mars par le TPI pour des crimes de guerre commis pendant l'opération "Tempête".
   
 

Première publication : 30/05/2008

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