Comment jugez-vous les actions des gouvernements français et espagnol pour gérer la crise consécutive à la flambée des prix du pétrole ?
L’idée d’aider temporairement les corporations touchées par la hausse de prix du carburant avec des aides ponctuelles me paraît bonne. Il ne faut pas négliger cet aspect social de la crise. Et il faut néanmoins que l’aide soit temporaire, car le prix du pétrole a très peu de chances de revenir au niveau d’il y a cinq ans. Mais on ne s’habitue pas d’un coup à une eau à 12°C. Il faut donc que les entreprises s’adaptent progressivement.
Mais il ne faut pas protéger le consommateur. Il faut s’habituer à entendre la vérité, tout en atténuant les difficultés des populations les plus touchées. Le consommateur doit s’habituer à payer plus cher des produits qui ont circulé dans toute l’Europe que ceux produits localement. Mais cette adaptation doit être progressive. C’est pour cette raison qu’abaisser les taxes pour faire baisser les prix n’est pas une bonne chose à long terme. Ce serait reculer le moment où les prix vont inexorablement augmenter, et le choc serait alors trop important.
Faut-il faire pression sur l’Opep pour qu’elle augmente sa production, comme la ministre française de l’Economie Christine Lagarde le demande?
L’Opep produit actuellement à pleine capacité. Il reste 3 à 4 millions de barils inemployés, mais il s’agit de brut très lourd qui demande beaucoup de raffinage. Les pays producteurs de pétrole ne souhaitent pas investir dans des infrastructures coûteuses, afin de produire plus. Car de toute façon, ils savent que leurs clients sont appelés à baisser leur consommation. Et s’ils produisent davantage, les prix vont baisser. Il s’agit d’une gestion patrimoniale du pétrole.
L’autorité de régulation des marchés de matières premières aux Etats-Unis (la CFTC) enquête sur d’éventuels mouvements spéculatifs. Est-ce que cela vous paraît plausible ?
Un gros opérateur peut facilement acheter une importante cargaison de Brent, assécher le marché et faire monter les prix. A ce jeu spéculatif, les bénéfices peuvent être très importants. Il y a eu de telles opérations dans l’histoire récente, il y a dix ou quinze ans. Mais à mon avis, c’est marginal.
Ce qui joue sur le cours du Brent, c'est la réalisation de prédictions par anticipation. On sait que le cours du pétrole va encore augmenter à cause d’un plafonnement de la production, et on anticipe, sur dix ou quinze ans. C’est donc pour des raisons structurelles que le marché est aussi haut. Et cela pousse l’économie à se restructurer. C’est donc une bonne chose, in fine.














Commentaires (2)
Un prix du pétrole lié à manipulation et à la spéculation
Je ne pense pas que la loi de l'offre et la demande s'applique actuellement à de nombreuses matières premières. Les dernières semaines nous ont montré (lors de la déclaration de l'Arabie Séoudite d'augmenter sa production de 200.000 barils) que les prix ont continué à grimper malgré une prévision d'augmentation de production. Donc, plus de production ou moins ne change rien à l'évolution du prix du pétrole. Il y a la géopolitique qui joue grandement dans cette évolution mais qui est souvent due à de la manipulation par médias interposés. Il y a aussi la spéculation qui joue je pense le plus grand rôle. La spéculation existe pour toutes les matières premières comment dire que c'est marginal pour le pétrole et de surcroît lors de prix records. Conclusion: la loi de l'offre et de la demande est une loi obsolète pour notre siècle. Une autre loi a pris place c'est celle de la manipulation et de la spéculation.
Autre chose, je n'arrive pas à saisir pourquoi les spécialistes du pétrole et de l'économie parlent uniquement de la production de l'OPEP alors que les 13 pays de cette organisation ne produisent qu'environ 40% de la production mondiale. Les 60% de la production détenus par les pays hors OPEP ne sont-ils pas concernés par une augmenation de la production.
autre chose que le pétrole
Mais quand va t on enfin avoir le droit de rouler avec autre chose que de l'essence?
Ça va pas bien vit! A croire que le taxes servent bien quand même les gouvernements à ne pas faire d'effort!
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