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Au Liban, fin de la crise ou simple trêve ?

©

Dernière modification : 04/06/2008

Au Liban, après des mois de vide institutionnel, un président a été élu, et un Premier ministre nommé. L’accord de Doha se met progressivement en place, mais certains y voit une trêve plutôt que la fin de la crise. (Récit : K. Chabour)

Une fois de plus, Fouad Siniora sera Premier ministre. La décision, prise à l'unanimité par la  majorité parlementaire anti-syrienne, et malgré l'hostilité de l'opposition, a été confirmée par le tout nouveau président libanais Michel Sleimane.

 

Saad Hariri avait lui aussi été pressenti. Propulsé sur le devant de la scène après l'assassinat de son père, Rafic Hariri, en 2005, il préfère se réserver pour les législatives de 2009.

 

A Siniora donc de former un gouvernement d'union nationale entre la majorité pro-occidentale et l'opposition soutenue par la Syrie et l'Iran. Il déclare : " j’ai  accepté de revenir en tant que Premier ministre pour répéter que l'esprit sacré de Rafic Hariri est en moi... Pour achever ma mission, malgré les événements difficiles que nous avons vécus".

 

Du côté de l’opposition, conduite par Hassan Nasrallah, le chef de la milice chiite Hezbollah, on assure que le contrôle du pouvoir n'est pas une priorité. Il a ainsi affirmé : "Nous ne voulons pas le pouvoir au Liban... Nous ne voulons pas contrôler le Liban, nous ne voulons pas gouverner le Liban... Nous ne voulons pas imposer notre idéologie ou notre projet au peuple libanais... Nous croyons en un Liban unique  multiconfessionnel".

 

Cependant, le Hezbollah reste un Etat dans l'Etat. Le parti chiite a renforcé son poids au sein des institutions libanaises, suite à l’accord de Doha. Il dispose maintenant d'une minorité de blocage dans le  gouvernement d'union nationale à venir et la question de son désarmement n'a pas pu être posée à Doha.

 

Autre question qui risque d'être rejetée par le Hezbollah, celle du tribunal pénal international.
   

Le président Sleimane promet de soutenir la création de cette cour spéciale, chargée de juger les responsables du meurtre de Rafic Hariri, que Damas est accusé d'avoir commandité.

 

Pourtant, selon Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes, " la Syrie espère toujours limiter les dégâts, sinon en finir, torpiller définitivement ce tribunal pénal. Alors le futur gouvernement sera sans doute tiraillé, comme le précédent, à chaque fois que la question de la coopération de ce tribunal avec l'ONU va être posée sur la table du Conseil des ministres".

 

Autant de dossiers qui risquent de compromettre une fragile unité nationale, d'ici aux prochaines élections législatives, au printemps 2009.

Première publication : 30/05/2008

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