Selon un nouveau rapport de Save the Children sur les abus sexuels et les trafics sexuels en zones de conflit, de nombreux de cas de sévices resteraient ignorés ou impunis.
"Des enfants de six ans seulement vendent à des travailleurs humanitaires et des soldats de l’ONU des faveurs sexuelles contre de la nourriture, de l’argent, du savon, ou dans de rares cas des objets luxueux, tels que des téléphones portables", affirme l’étude.
“L’attitude qui veut ‘que jeunesse se passe’ prévaut toujours parmi les soldats de maintien de la paix", déplore Roberta Cohen, spécialiste des droits de l’Homme à la Brookings Institution.
Si les agences de l'ONU et les ONG présentes sur le terrain sont coupables d'abus, selon Save the Children, les casques bleus sont les plus enclins à de tels abus.
“Ces découvertes ne sont pas surprenantes”, affirme Cohen. “Les soldats de l’ONU sont armés et ont autorité sur les populations qu’ils sont supposés protéger. Les abus sexuels sont un problème récurrent dans les armées.”
Selon les Nations unies, le nombre de cas d’abus par ses troupes qui sont rapportés sont en nette augmentation. En 2006, 368 cas de sévices, sur enfants et adultes confondus, ont été rapportés, contre 108 en 2004. En 2005, 60 cas d’abus sur mineurs perpétrés par les troupes des Nations unies dans le monde avaient été rapportés.
Mais cette augmentation reflète aussi les efforts menés par l’ONU pour surveiller ces abus. “Pendant ces trois dernières années et demi, les Nations unies ont pris très au sérieux le problème. Chaque mission de maintien de la paix a sa propre unité de bonne conduite et de discipline”, a expliqué à FRANCE24 Nick Birnback, un porte-parole de l’ONU.
Le sexe, une technique de survie
Au Soudan, en Haïti et en Côte d’Ivoire, où Save the Children a travaillé avec plus de 300 enfants et adultes, plus de 50% des interviewés ont rapporté des cas de sexe forcé avec les soldats de l'ONU au sein de leur communauté. Selon l’ONG, le sexe forcé signifie en général du sexe en échange d’aliments, de protection, ou de produits de luxe comme les téléphones mobiles.
"Cette enquête met au jour les actes ignobles d'un petit nombre de personnes qui abusent sexuellement de certains des enfants les plus vulnérables au monde, ces mêmes enfants qu'ils sont censés protéger", a commenté Jasmine Whitbread, la directrice générale pour le Royaume-Uni de Save the Children.
Pourtant, en comparaison de ces révélations, les statistiques de l'ONU restent très basses. Selon l’organisation basée à Londres, beaucoup d’enfants ne parlent pas par peur des représailles et par peur de perdre l’aide dont ils bénéficient. "Certains enfants craignent d’être tués par ceux qui ont abusé d’eux", a expliqué un jeune Haïtien à des membres de Save the Children.
Gardes, chauffeurs et même hauts responsables, tous les niveaux hiérarchiques au sein du personnel de maintien de la paix ont été impliqués dans des cas d’abus. Les enfants font état d’agressions autant de la part des étrangers que des locaux, des Noirs que des Blancs.
Mais si l'ONU affiche une politique de tolérance zéro en la matière, selon Cohen, les soldats, sur le terrain comme au siège de l'ONU, ne prennent pas le problème au sérieux. "Il n’existe pas de prise de conscience qui amènerait à l’action", affirme Cohen.
"Si l'ONU prône une politique de tolérance zéro vis-à-vis de l'abus sexuel, pourquoi cela n’est-il pas appliqué ?", se demande la spécialiste des droits de l’Homme.
Entraînements dispensés par l’ONU bâclés
Le problème n’est pourtant pas nouveau. Selon l’association pour le développement des femmes cambodgiennes, pendant la mission de l’ONU au Cambodge en 1992-93, le nombre de prostituée est passé de 6 000 à 25 000, parmi lesquelles on comptait des enfants. Plus récemment, en 2003, des soldats de maintien de la paix danois et slovaques ont été expulsés d’Erythrée pour avoir eu des rapports sexuels avec des mineurs.
L’entraînement des troupes est un problème au centre du débat, que l’ONU ne contrôle pas toujours. "Les pays qui envoient des troupes sont en charge de leur formation", précise Cohen. "Les Nations unies imposent des entraînements supplémentaires, mais il sont soit trop courts, soit bâclés."
Pourtant, selon le porte-parole de l’ONU Nick Birnback, les militaires reçoivent une formation, avant et pendant leur déploiement, qui comporte "des modules sur les abus sexuels".
L’immense majorité des personnes interrogées par Save the Children admettent qu’ils ne rapporteraient pas un cas d’abus. Et s’ils le font, les chances de voir les auteurs des sévices punis sont très faibles. C’est au pays d’origine du soldat impliqué de suivre l’affaire. Selon Birnback, "la question de savoir si les Etats membres appliquent une sanction adéquate à leurs soldats fautifs reste une question sans réponse".
Photo : En octobre 2003, William Swing, alors représentant spécial de l’ONU en République démocratique du Congo, lors de sa visite dans un camp de réfugiés à Bunia. Depuis son déploiement en 2001, la mission de l’ONU en RDC a été frappée par une longue liste d’accusations, notamment d'abus sexuels et de trafic de métaux précieux.














Commentaires
calomnie
des enfants de six ans vendent leurs sexes c'est incroyable.save children met sa credibilité ainsi que ceux qui diffusent ce genre d'information.ne trouvez vous pas que c'est un peu exagere?
Bravo l'ONU!
je suis écœuré, sincèrement, je ne m'attendais pas à ça . Que ce soit le fait d'armées fantoches, de milices , d'armées d'occupation on en a entendu mais venant de militaires professionnels censés être neutres et présents à titre humanitaire c'est inconcevable. Tiens , je crois que ça aurait fait plaisir à Fourniret de se retrouver là avec les copains ou plutôt "collègues" ! No comment.
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