Pour comprendre les enjeux de la crise, lisez notre entretien avec Jean-Pierre Favennec, économiste à l'Institut français du pétrole
Le dilemme est cornélien pour les patrons pêcheurs du port basque de Bermeo (nord de l'Espagne), en grève pour protester contre la hausse du prix du gazole: ils vont poursuivre le mouvement, mais cela risque de compromettre l'indispensable saison du thon.
"Sortir pêcher dans ces conditions, ce serait perdre de l'argent. Ne pas sortir, ce serait nous ruiner tous, détruire la flotte. Voilà les deux solutions que nous avons", résume pour l'AFP Jon Lartitegui, président de la coopérative des pêcheurs du port de Bermeo.
Personne n'est sorti samedi matin, poursuivant la grève entamée vendredi en Espagne pour protester contre l'envolée des prix du carburant.
Pourtant, la flotte d'une cinquantaine de navires devrait être en train de larguer les amarres, pour la saison du thon, de juin à novembre; une activité qui génère 80% des revenus annuels des pêcheurs de Bermeo, explique Patxi Martinez, l'armateur et patron de l'Aradon Berria, 25 mètres.
Mais à la pompe, sur le quai, devant le bar de la confrérie des pêcheurs, le litre de gazole affiche un prix de 69 centimes. Remplir ses cuves de 22.000 litres lui coûterait donc plus de 15.000 euros, et en vendant le thon à deux euros le kilo, il perdra de l'argent, ou, au mieux, rentrera tout juste dans ses frais.
Et pourtant, "la pêche au thon est fondamentale" pour le port, selon Luis Fernando Allica, le secrétaire général de la coopérative. "Pour nous, c'est le pire moment" pour faire grève, renchérit M. Martinez.
Voilà le dilemme de ces trois hommes, expliqué samedi à l'AFP entre les murs fatigués d'une salle de réunion de la coopérative, sur le port.
Ils étaient vendredi à Madrid, pour manifester avec plusieurs milliers de collègues venus de toute l'Espagne, et demander au gouvernement de les aider.
Lundi, les pêcheurs se réuniront, et les chefs se mettront en contact avec leurs camarades des autres ports pour décider de la suite du mouvement.
Ils espèrent de tout coeur que leur gouvernement ou l'Union européenne leur proposeront des solutions. "Nous ne savons pas ce que ce sera, mais, pour que nous puissions tenir, il faut des mesures de toute urgence", demande Jon Lartitegui.
La création d'un fonds européen de soutien, comme l'a évoqué le gouvernement espagnol? Pourquoi pas, mais ce qu'il leur faudrait, selon eux, c'est une baisse des taxes sur le gazole.
A demi mots, ils laissent entendre qu'ils pourraient poursuivre le mouvement de grève quelques semaines, avant que la saison du thon ne soit totalement gâchée et que ce soit "la catastrophe totale", selon les mots de Patxi Martinez.
Ils ne sont pas énervés, leurs regards sont las, les voies calmes et posées, résolues. Iront-t-ils jusqu'à bloquer les ports ? "Nous sommes prêts à tout", répond le président.
Ont-ils envisagé de s'allier aux routiers qui protestent pour les mêmes raisons? Non, mais si jamais il n'y a pas de solution d'ici le 8 juin, date de la convocation d'une grève illimitée d'une fédération espagnole de routiers, il faudra s'unir à eux, "avec toutes les conséquences que cela implique", pour M. Martinez.
Ils sont confiants dans le fait de trouver un compromis avec les pouvoirs publics, mais s'inquiètent des visées à plus long terme de la Commission européenne qui dit vouloir réduire la flotte. Mais à ce rythme, elle sera tout simplement détruite, selon eux. "Pourquoi? Pour que nous soyons obligés d'importer du tiers monde?", interroge Jon Lartitegui.


























Commentaires
Ne pas baisser les taxes sur le pétrole
Surtout que Bruxelles ne baisse pas les taxes, comme toutes les professions, les pêcheurs, les routiers, les agriculteurs doivent apprendre à consommer moins de pétrole. Il faut réduire notre dépendance envers une région dangereuse mais surtout il faut vraiment commencer à polluer moins et l'augmentation du prix du pétrole est une bonne incitation pour innover et mettre au point des systèmes économiques plus durables.
Tondus.....
Bonjour,
Bien sur, les taxes, il faut que les gouvernements européens et la sacro-sainte Bruxelles stoppent leur "rackett" de taxes sur les produits pétroliers toutes sortes confondues. Tout le monde est en train de se faire tondre comme des moutons. Cela ne va tarder, toutes les professions qui utilise le gasoil vont se retrouver sur les gentes, les transporteurs entre autre...à méditer Messieurs et Mesdames les politicards, vous n'allez pas pouvoir continuer à faire des tours de passe-passe et es pirouettes longtemps. Car si cela continu à ce train là, et c'est bien partit pour, vous allez tous vous faire désarçonner de vos fauteuils dans peu de temps.
Merci
gréves
Au lieu de soutenir les autres pecheurs des autres pays la france elle est deja fatiguée de faire la gréve messieurs les grévistes si vous voulez gagner sachez que l'union fais la force
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