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L'AIEA enverra des inspecteurs en Syrie fin juin

Dernière modification : 02/06/2008

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) compte envoyer des inspecteurs en Syrie pour enquêter sur des accusations, lancées par Israël et les Etats-Unis, au sujet d'installations nucléaires secrètes.

VIENNE, 2 juin (Reuters) - Des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique se rendront en Syrie du 22 au 24 juin prochains pour enquêter sur des renseignements américains selon lesquels Damas aurait construit secrètement un réacteur atomique, a annoncé l'AIEA lundi.
 
Le site présumé du réacteur a été détruit par l'aviation israélienne au cours d'un raid opéré en septembre dernier et Washington a transmis ses renseignements à l'AIEA en avril aux fins de vérification. La Syrie dément tout projet nucléaire militaire secret.
 
"Il a été convenu qu'une équipe de l'agence se rendrait en Syrie du 22 au 24 juin. Je compte sur l'entière coopération de la Syrie dans cette affaire", a déclaré le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradeï, lors d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'agence onusienne.
 
Il n'a pas précisé si Damas, qui a laissé passer des mois sans répondre à des demandes de l'AIEA visant à accéder aux lieux en question, autoriserait des inspecteurs à se rendre sur le site d'al Kibar, bombardé par Israël dans le désert du Nord-Ouest syrien.
 
Selon un diplomate occidental, l'agence basée à Vienne, qui enquête aussi depuis des années sur le programme nucléaire iranien, cherche à inspecter non seulement al Kibar mais aussi deux autres sites peut-être liés à des activités nucléaires.
 
Le 7 mai dernier, ElBaradeï avait dit espérer pouvoir déterminer "dans les prochaines semaines" si l'installation syrienne incriminée correspondait à un réacteur nucléaire que Damas aurait dû déclarer à l'AIEA en vertu de ses obligations découlant du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
 
La Syrie, alliée de l'Iran, a rejeté des accusations des services de renseignement américains faisant état d'un réacteur clandestin presque terminé avec le concours de la Corée du Nord, qui est sortie du TNP en 2003 et a testé un engin nucléaire en
2006.
 
Damas, dont la seule installation nucléaire déclarée est un réacteur de recherche de modèle ancien placé sous l'inspection de l'AIEA, a affirmé que le raid israélien visait un bâtiment militaire désaffecté sans liens avec le secteur nucléaire. L'Etat juif, lui, assure avoir détruit un réacteur.

Première publication : 02/06/2008

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