02 juin 2008 - 19H48
- Mali

Le pari de l'autosuffisance alimentaire
Pour désenclaver les régions agricoles et lutter contre la sécheresse, le Mali a entamé un programme de modernisation de ses infrastructures routières et hydrauliques pour atteindre l'autosuffisance alimentaire. (Reportage : F.-X. Freland)

Pour faire face à la crise alimentaire qui sévit aussi au Mali avec la flambée des prix, le gouvernement a décidé de lancer l'initiative "Riz" qui vise à obtenir l'autosuffisance alimentaire dans les années à venir.
   
La scène se déroule dans un champ de riz, du côté de Segou à l'est de Bamako, une femme cherche par terre quelques grains de riz oubliés lors de la dernière récolte, il y a plus de six mois. Une image qui en dit long sur la terrible crise alimentaire que traverse actuellement l'Afrique.

C'est justement pour éviter qu'elle ne se reproduise que les autorités maliennes ont lancé tout récemment le plan initiative "Riz". Une initiative de grande ampleur qui vise à accroître la production de riz afin d'obtenir l'autosuffisance alimentaire d'ici quelques années.
  
Un geste de bonne volonté de la part des autorités maliennes qui ont décidé de prendre le problème à bras le corps. Une initiative plutôt bien perçue par l'ensemble de la filière riz, à l'image de Kassoum Denon, directeur général de l'Office Riz Segou : "Dans l'initiative Riz, l'office Riz Segou a un quota de riz à produire, ce quota fait 60 000 tonnes de Paddy à produire. Habituellement, on ne dépassait rarement les 40 000 ou 45 000 tonnes de riz ; mais cette année, on nous demande de faire 60 000 tonnes. Et les moyens, les subventions qui ont été dégagés par le gouvernement doivent pouvoir nous permettre d'atteindre ça facilement".
   
Dans la région de Segou, chaque village ou presque possède un entrepôt où la plupart des exploitants agricoles viennent s'approvisionner en engrais et semences. Pour la prochaine campagne, l'Etat malien s'engage justement à subventionner les intrants et semences.
   
Pour Sidi Baba Coulibaly, paysan semencier, c'est plutôt "une bonne nouvelle, car la culture du riz coûte très cher, surtout pour les intrants. La semence est dans l'ordre des 200 francs CFA le kilo, et les intrants ont atteint cette année près de 250 francs CFA le kilo, c'est vraiment excessif pour un paysan moyen. Donc si l'Etat intervient à hauteur de 60 % pour les intrants et 30 % pour les semences, vraiment cela sera pour nous une grande opportunité pour mieux produire".
  
Afin de désenclaver les régions agricoles et de lutter contre la sécheresse, le Mali à entamé un vaste programme de modernisation de ses infrastructures routières et hydrauliques. Avec la construction de nouveaux ouvrages - des petits barrages qui retiennent l'eau de pluie - ainsi des canaux qui permettent son acheminement, les rizières sont mieux irriguées.
  
Enfin, grâce à des systèmes de crédits avantageux, certains exploitants ont pu renouveler un matériel agricole parfois obsolète. Tel ce tracteur sorti récemment de la première usine d'assemblage nationale. "Un outil épatant" selon Tiécoura Soré, exploitant agricole.
 
Son tracteur est un motif de satisfaction. Pour moderniser une agriculture, dit-il, il faut absolument un matériel mécanisé ! Tant que notre agriculture ne sera pas mécanisée, on continuera de tourner en rond et la production ne pourra pas tellement augmenter".
  
Réussir le pari de l'autosuffisance alimentaire, un défi possible à relever, dans ce pays sahélien qui possède peut-être l'une des plus importantes ressources naturelles de la sous-région, le fleuve Niger.

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