03 juin 2008 - 14H00

Stress au travail: avant-dernière séance pour trouver un accord

Syndicats et patronat se retrouvent mercredi pour la troisième et a priori avant-dernière séance de négociation sur le stress au travail, afin de tenter notamment de trouver un terrain d'entente sur l'impact de l'organisation du travail dans ce phénomène.

La négociation, commencée le 7 avril, a notamment pour but de transcrire en droit français un accord cadre européen de 2004.

Les partenaires sociaux butent sur la définition du stress. Les syndicats refusant de se satisfaire de celle rédigée dans l'accord européen, qui "laisse entendre que dans le stress il y a une responsabilité individuelle forte de la personne, qui n'arrive pas à s'adapter aux contraintes d'environnement et aux objectifs qu'on lui fixe", explique Danièle Karniewicz (CFE-CGC).

Selon elle, "quand on parle de stress au travail, ce sont au contraire les objectifs et l'organisation trop pressante qui ne sont pas en cohérence avec la réalité de ce qu'on peut produire à un poste".

Mais le Medef (patronat) dans son dernier texte présenté aux syndicats lundi et dont l'AFP a obtenu copie, reprend la définition européenne. "Le patronat dit que la définition du stress n'est pas discutable, parce qu'elle a déjà été durement négociée au niveau européen et que le compromis a été dur à obtenir", dénonce Jean-Louis Malys (CFDT).

Le texte européen décrit le stress en général comme "un état accompagné de plaintes ou dysfonctionnements physiques, psychologiques ou sociaux, qui résulte du fait que les individus se sentent inaptes à combler un écart avec les exigences ou les attentes les concernant".

Il ajoute que "le stress lié au travail peut être provoqué par différents facteurs, tels que le contenu et l'organisation du travail, l'environnement du travail, une mauvaise communication, etc."

De manière générale, les employeurs sont souvent plus enclins à lier le stress des salariés à des causes "individuelles" qu'à l'impact de l'organisation du travail.

"On veut discuter des méthodes managériales et de l'organisation du travail, et eux manifestement ne veulent pas", confirme Jean-Marc Bilquez (FO), pour qui les syndicats "ne se contenteront pas de l'accord européen".

Même constat pour Joseph Thouvenel (CFTC): "s'il n'y a pas d'avancée par rapport à l'accord européen, il n'y a pas de nécessité d'un accord français".

Il souligne surtout "la responsabilité de certaines formes d'organisation du travail", dénonçant par exemple les "laisses électroniques" que sont les téléphones et ordinateurs portables, qui "empêchent les salariés de décrocher" soir et week-end.

La CFE-CGC demande la mise en place d'indicateurs du stress. Le texte du Medef ne fournit pas de "liste exhaustive d'indicateurs", mais évoque certains d'entre eux, comme "un niveau élevé d'absentéisme", de rotation du personnel, de conflits personnels ou de plaintes, "un taux de fréquences des accidents du travail élevé", "des passages à l'acte violents contre soi-même ou contre d'autres, même peu nombreux".

Ce dernier point, inscrit à la demande notamment de la CGT, fait référence aux cas de suicides sur le lieu du travail.

La CFDT souhaite que le document unique de prévention et d'évaluation des risques professionnels, que doit établir chaque entreprise, intègre aussi les risques psycho-sociaux, mais le texte patronal n'en parle pas.

Echaudés par la négociation sur la pénibilité au travail, qui s'enlise depuis trois ans, les syndicats espèrent conclure sur le stress lors de la dernière séance du 2 juillet.

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