Le prix des céréales flambe. Et l'Afrique s'embrase. En février dernier, les émeutes de la faim ont fait 40 morts au Cameroun. De violents incidents ont éclaté au Nigeria, en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Sénégal, ou encore au Mozambique.
Les populations africaines, Soudan, Malawi et Zimbabwe en tête, sont les plus menacées par la famine. Fragilisé par les aléas climatiques et les conflits, le continent africain dépend alimentairement de l'étranger. Une dépendance et un désintérêt pour les cultures vivrières qui reflètent les choix politiques des gouvernements nationaux.
Selon Yves Berthelot, ancien fonctionnaire des Nations-Unies et actuel président du Comité français pour la solidarité, dans les années 80 et 90, la priorité a été donnée à l'industrialisation, au développement des services et du tourisme. Cela s'est traduit, dans quasiment tous les pays, par la chute des budgets nationaux consacrés à l'agriculture.
Ces choix nationaux ont été confortés par l'orthodoxie des institutions internationales. Partout, le FMI a imposé l'ouverture des marchés et les cultures d'exportation. Pour les pays pauvres, leurs ventes ont servi à rembourser la dette. Coton, canne à sucre, café, cacao, impossible pour ces produits de la monoculture de rivaliser avec la production du Nord hypersubventionnée, qui inondent les marchés du Sud. Conséquences : l' appauvrissemnet des petits paysans du Sud, le plus souvent contraints à l'exode rurale ou à l'immigration.
Sur la même période, les aides internationales et les prêts accordés par la banque mondiale ont chuté.
A cela s'ajoutent l'absence de maîtrise de l'eau, les difficulté d'accès aux semences et aux engrais, le manque d'infrastructures de stockage et de transport. Autant de freins au développement et à la modernisation du secteur agricole.
La crise actuelle sans précédent pourrait marquer le début d'un changement de politique, avec comme objectif l'autosuffisance alimentaire. Ce sera peut-être pour dans quelques années.


















Commentaires (6)
A quoi sert la FAO et pour cette crise en Afrique?
Pour nous, habitants du continent Africain,on se pose la question de savoir quel rôle joue réellement l'organe chargé de réguler la circulation et le partage des aliments (FAO). Si la FAO œuvrait pour nous de telles situations de crises généralisée ne se produiraient pas.
La crise en Afrique, nous n'allons pas tout mettre sur le dos des décisions du FMI de 80 et 90. Il est et a toujours été démontré à suffisance que le continent Noir est le plus riche.Ce qui n'est pas faux ! Oui, riche pour certains, ceux qui s'enrichissent de façon douteuse et demeurent impunis et admirés de tous.
Le coût de la vie chère ne se ferait pas ressentir si les revenus étaient équitablement partagés.Tandis que les gazelles maigrissent,les éléphants continuent à grossir.D'où les tensions auxquelles on assiste actuellement au Cameroun, Soudan, Malawi et Zimbabwe.Espérons que cette situation ne perdurera pas!
Le FMI et La crise alimentaire en Afrique
Comme vous le voyez, le FMI, je l'ai toujours dit est un véritable frein au développement des pays africains. Songez aux programmes d'ajustement structurel gu'il a imposés dans les années 80 aux pays qui aspirent à leur développement.Partout, le FMI a imposé l'ouverture des marchés et les cultures d'exportation. Le FMI affame les pays d'Afrique.Il n'a toujours conseillé aux pays africains que tout ce qui est contraire au développement afin de les enfoncer davantage. C'est triste! C'est une institution non pas à réformer mais à supprimer.Pour les pays pauvres, leurs ventes ont servi à rembourser la dette. Coton, canne à sucre, café, cacao, impossible pour ces produits de la monoculture de rivaliser avec la production du Nord hypersubventionnée, qui inondent les marchés du Sud. Conséquences : l' appauvrissemnet des petits paysans du Sud, le plus souvent contraints à l'exode rurale ou à l'immigration.
les raisons de la crise alimentaire
Votre article est tès incomplet. La demande d'aliments n'a pas augmenté de manière significative, pour expliquer le doublement voir le triplement des prix alimentaires. Bien sur il y a les raisons structurelles que vous évoquez, auxquelles il faudrait ajouter la politique agricole européenne qui tend à limiter la production et surtout la vrai raison fondamentale de l'augmentation, c'est la spéculation venant des fonds de la bulle de l'immobilier.
enfin aborde-t-on la dette infame!!!
je ne comprenais pas l'histoire de la dette perverse avant de lire "l'empire de la honte" de Jean ziegler,et pourtant j'ai pratiqué l'humanitaire en Afrique .Il faut le lire (il vient d'etre réédité ,ce qui est bon signe)il ne vaut que 6 euros50 mais c'est un chef-d'oeuvre inestimable .
Enfin
Ce n'est pas trop tôt
resdponsables et coupables
Country/City: /
france/leffonds. Nous avons une si lourde responsabilité dans les orientations et choix faits par ces pays en matière d'agriculture que nous ne pouvons plaider que: responsables et coupables. Ce ne sont pas quelques milliards d'euros ou de dollars d'aide alimentaire qui changeront la situation, il y a urgence à changer la donne, à abandonner le -tout profit- du système libéral et capitaliste pour s'orienter vers une économie de satisfaction des besoins alimentaires de toute l'humanité .
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