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Chavez demande aux FARC de libérer tous les otages

©

Dernière modification : 11/07/2008

Lors de son émission de télévision hebdomadaire "Alo Presidente", Hugo Chavez a demandé au chef des FARC de relâcher tous les otages détenus par l'organisation. "Ce serait un grand geste humanitaire", a déclaré Chavez. (Récit : P. Godart)

Retrouvez notre dossier spécial sur Ingrid Betancourt, otage des FARC.


"Je crois que le moment est venu pour les FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie] de libérer tous les [otages] qu'elles retiennent dans la montagne sans rien en échange. Ce serait un grand geste humanitaire et inconditionnel", a déclaré Hugo Chavez durant son programme radio-télévisé dominical "Allo Président".
 

Le président vénézuélien s’adressait directement au nouveau dirigeant de la guérilla marxiste, Alfonso Cano. "Je dis à Cano : allez, libérez tous ces gens, puis, avec un groupe de pays, démarrons les négociations sur un accord de paix", a insisté Hugo Chavez.
 

Une libération inconditionnelle des FARC : ce n’est pas la première fois que le président vénézuélien lance un tel appel aux FARC. "La nouveauté, c’est qu’il ajoute que la lutte armée n’a plus cours en Amérique latine", explique Pascale Mariani, correspondante de FRANCE 24 à Bogota. Chavez a en effet déclaré qu’"un mouvement guérillero armé n'est pas actuellement à l'ordre du jour."
 

Cette prise de position est inédite pour le président vénézuélien. Au point de faire réagir le ministre colombien de l'Intérieur et de la Justice, Carlos Holguin, qui s'est dit "surpris" par l'appel lancé par le président vénézuélien. Chavez est un "grand défenseur et allié [de la guérilla] et sa démarche est très surprenante", a-t-il déclaré à la télévision Caracol.
 

"Ces derniers mois, Chavez avait plutôt tendance à justifier l’existence de la guérilla. Il avait même appelé la communauté internationale à reconnaître les FARC comme une force belligérante", analyse Pascale Mariani. "Alors pourquoi ce revirement ? Parce que Chavez est en assez mauvaise posture en ce moment vis-à-vis de la guérilla. Surtout depuis la découverte des documents secrets de l’ordinateur de Raul Reyes, numéro deux des FARC tué en Equateur. Hugo Chavez est accusé par la Colombie d’avoir financé les FARC et de les avoir aidées à s’approvisionner en armes. Donc ce changement de discours de Chavez montre peut-être une volonté de marquer sa distance par rapport à la guérilla colombienne, surtout au moment où le vent ne tourne pas en faveur des FARC en Colombie", poursuit notre correspondante.
 

Le changement de direction chez les FARC induit un nouveau discours
 
Autre changement : celui du contexte. C'est la première fois que le président vénézuélien adresse un message à Alfonso Cano depuis sa désignation à la tête des FARC, fin mai. La situation politique de la guérilla s’est trouvée bouleversée par la mort successive des deux têtes pensantes des FARC, Manuel Marulanda et Raul Reyes.
  

Hugo Chavez, qui avait assuré à l’automne 2007 une médiation auprès des FARC avant d’être écarté par Bogota, avait d’ailleurs reconnu que ses contacts avec les FARC avaient été "anéantis" après la mort du numéro deux de la guérilla Raul Reyes. Reyes a été tué au cours d’une attaque colombienne contre un campement des FARC en Equateur le 1er mars.
 

"Le nouveau numéro un des FARC, Alfonso Cano, représente une nouvelle génération chez les chefs guérilleros, qui pourraient être plus portés au dialogue que le vieux et têtu Marulanda", estime Pascale Mariani. "Donc cette configuration rend plus probable qu’auparavant une libération unilatérale des otages telle que la réclame Hugo Chavez."
 

La guerilla marxiste tient notamment en otage la franco-colombienne Ingrid Betancourt, retenue depuis février 2002 dans la jungle.

Première publication : 09/06/2008

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