Les deux attentats perpétrés dimanche en Algérie portant la marque d’Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique illustrent un changement du mode opératoire de l’organisation terroriste, notamment avec l’utilisation de téléphones portables pour déclencher les bombes. D’autre part, la technologie utilisée a été elle aussi fortement simplifiée : des explosifs fabriqués à partir de produits basiques et à la portée de tout le monde, suivant des recettes disponibles sur Internet.
"Cette évolution est due aux compétences nouvelles qui ont rejoint cette organisation", explique le chercheur Mathieu Guidère, expert en veille stratégique et spécialiste du monde arabe. « Ces nouveaux venus, souvent de retour d’Irak et d’Afghanistan, ont bénéficié d’une solide expérience de terrain, ce qui leur permet de varier les opérations sur le terrain algérien et d’encadrer les nouvelles recrues", indique Mathieu Guidère, lors de l’émission "Débat" de France 24.
Le double-attentat, une signature d’Al Qaïda
L’organisation Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique n’a pas encore revendiqué les attentats : aucune communication n’a été publiée sur les sites djihadistes affiliés à cette organisation. Cette absence de revendication s’explique par "l’incapacité de l’organisation à accéder à ces sites qui sont contrôlés par les autorités algériennes, explique Mathieu Guidère, il n’en reste pas moins que ces attentats portent la marque d’ Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique", poursuit-il. "Le double attentat suicide est en effet le modus operandi auquel a recours Al-Qaïda aussi bien en Afghanistan qu’en Irak".
Depuis sa transformation en Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a aussi revu ses fins et ses cibles stratégiques. Désormais, la cible principale n’est plus tant le gouvernement algérien que les intérêts occidentaux. Selon des politologues ce changement de cible est également lié au renforcement de la présence américaine en Algérie. En effet, le bureau d’investigation du FBI devrait ouvrir dans la région, dans le cadre du nouveau commandement militaire unifié pour l’Afrique : Africom. Annoncé par l’administration Bush le 6 février 2007, l’Africom devrait commencer à fonctionner le 30 septembre 2008.
Des frontières poreuses
D’après Jean-Louis Bruguière, l’ancien chef de la cellule anti-terroriste du Tribunal de grande instance de Paris : "Les activités d’Al-Qaïda au Maghreb se sont intensifiées au sud du Sahara algérien, et particulièrement à la frontière malienne, longue de 1 800 kilomètres, et qui est très difficile à contrôler". Pour cette raison, explique l’ancien juge anti-terroriste, l’organisation islamiste y est fortement implantée. Elle y possède selon Jean-Louis Bruguière "des canaux pour faire entrer les armes dans le pays.














Commentaires
Votre réaction - FRANCE 24 répond
Vous avez raison de noter qu’il y a confusion concernant le nombre de mort lors de l’attentat, entre les chiffres du gouvernement algérien et ceux publiés par les agences de presse internationales.
Confusion dont nous traitons dans ces deux articles :
Confusion sur le nombre de tués dans les attentats:
http://www.france24.com/fr/20080610-confusion-nombre-tues-attentats-alge...
L'AFP et Reuters privés d'accréditation en Algérie : http://www.france24.com/fr/20080611-retrait-accreditation-correspondants...
Vos réactions sur ces deux sujets sont les bienvenues.
Injuste
Pourquoi vous mentez sur les chiffres? Il y a eu deux morts et non pas treize comme vous le pretendez
En plus pourquoi la mort de deux personnes qui est certes une tragedie serait un evenement planetaire? . Et pourquoi vous ne montrez que des images des quartiers pauvres d'Alger ?Ne pensez vous pas que ce faisant vous rendez service sans le vouloir aux terroristes?