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Un mois après, le Sichuan panse ses plaies

Dernière modification : 12/06/2008

Le séisme du 12 mai a fait plus de 80 000 morts et disparus et des millions de Chinois restent sans-abri dans le Sichuan. Selon les autorités, la reconstruction des infrastructures pourrait prendre jusqu'à 5 ans. (Récit:J. Knock)

La police chinoise a expulsé jeudi des journalistes étrangers d'un quartier d'une ville du Sichuan (sud-ouest) où des centaines d'enfants ont péri dans l'effondrement d'un collège lors du séisme du 12 mai, les parents accusant les autorités locales de corruption.

Deux membres de l'AFP étaient parmi les représentants d'au moins six médias interpellés dans le quartier de Juyuan, à Dujiangyan, alors qu'ils tentaient de réaliser un reportage sur l'école effondrée, un mois jour pour jour après le séisme qui a fait plus de 80.000 morts et disparus.

Des policiers les ont poussés sans ménagement dans une camionnette, endommageant un appareil photo, et les ont conduits dans un bâtiment du gouvernement local qu'ils ont dû quitter après y avoir passé une heure.

"Vous n'avez pas le droit de faire des reportages à Dujiangyan. Vous devez partir", leur a ordonné un officier de police.

Ce traitement est intervenu au lendemain des assurances fournies par un haut responsable de l'Information que les journalistes pouvaient travailler librement au Sichuan.

"Notre attitude ouverte n'a pas changé", avait affirmé Wang Guoqing, vice-directeur du Bureau de l'Information du gouvernement central.

"Nous allons bientôt accueillir les jeux Olympiques et encore plus de journalistes vont venir. Notre porte est ouverte. Elle ne va pas se fermer", avait insisté M. Wang à Chengdu, la capitale du Sichuan.

Ses propos venaient juste après la délivrance de nouveaux permis pour les journalistes les autorisant à se rendre sur les zones du tremblement de terre.

Les reporters de l'AFP expulsés jeudi étaient porteurs de ce permis.

Durant les deux premières semaines qui ont suivi le séisme le plus meurtrier en Chine depuis 32 ans, les journalistes n'ont pas rencontré de difficultés majeures pour couvrir la catastrophe.

Une fois la période des opérations de secours achevée, les journalistes chinois et étrangers ont eu de plus en plus de mal à relater les séquelles de l'événement, notamment les questions posées par les destructions massives d'écoles, dont celle de la corruption qui mine le secteur de la construction.
 

Première publication : 12/06/2008

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