Dernière modification : 16/06/2008 

- Kosovo - Serbie


Le Kosovo miné par l'incurie de ses institutions
En quatre mois d’indépendance, les citoyens du Kosovo ont obtenu un nouveau drapeau, un hymne national et une Constitution. Mais la poste, la justice et de nombreux autres services ne fonctionnent toujours pas. (Reportage : Laurent Rouy)

Dragisa vit à Mitrovica, la seule ville serbe du Kosovo, au nord. Mais il travaille dans le sud, à majorité albanaise et doit franchir chaque jour une frontière invisible. S'il veut éviter les problèmes, il doit absolument passer inaperçu. La solution : deux jeux de plaques d’immatriculation. Une pratique largement tolérée par la police, et un exemple parmi d'autres de la complexité de survivre dans un Kosovo où rien ne marche.

Avec la proclamation d’indépendance des Albanais en février, les relations inter-communautaires sont devenues inexistantes. A Mitrovica, la Serbie a installé une antenne de son ministère pour le Kosovo, et organisé des élections municipales déclarées illégales par les Nations unies. Les Serbes refusent aussi de coopérer avec l’Union européenne.

A la confusion générale, il faut ajouter l'incurie des institutions albanaises. Les Kosovars n'ont pas de passeport ni de monnaie nationale. Le système médical est si peu développé que les Albanais qui ont gardé leur vieux passeport yougoslave préfèrent se faire soigner en Serbie. Au Kosovo les hôpitaux sont bien mal en point.

Un détail : au Kosovo, personne, ou presque, ne paye ses factures. Si on ajoute la corruption et la criminalité, le bilan est mince. Avant d’espérer des jours meilleurs, le nouvel Etat devra longtemps vivre sous perfusion de la communauté internationale.

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