Souscrire :
Souscrire :
Il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’il se passe quelque chose à Rafah. Un petit tour sur le nouveau souk de Gaza, installé à quelques mètres de la frontière avec l’Egypte, suffit. Sur les étals des stands, uniquement des produits égyptiens ou presque. Etrange quand la frontière est fermée à double tour. Hassam Abu Dane, commerçant de Rafah, nous confirme : "Plus de la moitié de ma marchandise vient d’Egypte. Pas de marchandise, pas d’huile, pas de diesel, il n’y a rien qui rentre normalement. Tout arrive par tunnel. Sans les tunnels, on ne peut pas survivre. On est mort sans ça." C’est donc ça ! Les tunnels servent dorénavant à alimenter Gaza en marchandises. Les produits israéliens ne rentrent plus du fait de l’embargo israélien, la frontière avec l’Egypte, hermétique, on passe donc par les sous-sols !
Seulement voilà, les 20 ou 30 tunnels qui servaient (et qui servent encore…) à fournir des armes aux groupes armés palestiniens ne peuvent à eux seuls permettre de faire rentrer autant de marchandises. Il en faut plus, beaucoup plus… Résultat, les tunnels sont devenus un vrai business à Rafah et tout le monde se sert. Les propriétaires essaient même de faire de faire payer aux journalistes la visite des tunnels, qui souvent sont des reliques. Certains confrères ont semble-t-il payer jusqu’à 1 000 dollars ! Ca n’aide pas forcément.
Après trois jours à essayer de trouver quelqu’un qui ne soit pas un brigand, nous décidons d’y aller directement avec Radjaa Abu Dagga, correspondant de FRANCE 24 à Gaza. Aller frapper à la porte d’un tunnel, ce n’est pas ça qui manque. Et comme souvent dans ces cas-là, Abu Djendel, le propriétaire, est accueillant et plutôt prolixe : "Il y a entre 300 et 400 tunnels aujourd’hui. Chaque tente que vous voyez là est un tunnel", dit-il devant un champ de tentes juste devant la frontière avec l’Egypte. "Les Egyptiens, ils savent que ce sont des tunnels et les Israéliens aussi… Les Egyptiens, ils prennent plein d’argent en dollars, tu ne peux pas imaginer. Chaque sac qui passe, les Egyptiens prennent un tiers. Pour chaque sac, il prend 100 dollars." Quand on vous dit que c’est un business les tunnels : 350 dollars le transit d’un sac de marchandises à raison d’au moins 50 sacs par session de passage, faites le calcul vous-mêmes. Les commerçants sur le marché se plaignent des prix élevés. Abu Djendel répond : "Le prix de transport du sac de marchandise, c’est cher. Les frais de tunnels sont élevés, jusqu’à 40 000 dollars ou 50 000 dollars." Et il sait de quoi parle Abu Djendel, il possède deux tunnels…
C’est lui toujours qui nous emmène dans une de ses "entreprises". Ils sont une dizaine à s’affairer autour. Et dire que c’est ce trou qui fait vivre tant de gens ! Il faut que les tunnels sont profond aujourd’hui : 20 mètres de profondeur. Celui que j’avais vu l’année dernière se contentait de 5 mètres. "Ca permet de survivre à une frappe israélienne", justifie Abu Djendel. Sophistication à l’extrême : tout est électrifié, le tunnel éclairé et l’interphone installé entre la surface et le sous-sol. On descend les 20 mètres grâce à un câble en fer activé par un bouton. A l’intérieur, on reste accroupi au mieux. Un mètre de diamètre pas beaucoup plus. Les ballots de marchandises sont là prêts se remplir de produits égyptiens. Mahmoud le fonctionnaire des tunnels (c’est ainsi qu’on appelle les creuseurs) se tient prêt du moteur, égyptien lui aussi, qui va permettre de tirer les sacs : "Des moteurs comme celui-là, il y en a tous les 350 mètres. Il y a environ 850 mètres jusqu’à l’œil (la sortie du tunnel en "langage tunnel")".
Deux équipes de 5 fonctionnaires se relaient toute la journée. Le tarif, 100 dollars à se partager par mètre creusé. Mahmoud, 19 ans, nous dit qu’il n’a pas vraiment eu le choix : "C’est un travail dangereux. On entend qu’il y a des morts tous les jours mais tous les jeunes au chômage ici, ils attendent qu’une chose : travailler comme nous pour pouvoir vivre." Des milliers personnes travaillent dans ou autour des tunnels à Rafah aujourd’hui. Certainement le premier employeur du coin avec le Hamas peut-être...
Et le Hamas justement. Le maître de Gaza est au courant forcément. Il est au courant et il contrôle de près. D’après Abu Djendel, dans chaque tunnel un homme du Hamas surveille ce qui s’y passe. C’est lui qui autorise et dicte les règles : "C’est le Hamas qui m’interdit et c’est Hamas qui m’autorise comme pour l’alimentation générale par exemple. C’est eux qui contrôle maintenant, le gouvernement du Hamas à Gaza. Mais si j’amène des armes, de la drogue. C’est strictement interdit. Tout de suite, ils m’arrêtent et ferment le tunnel." Pour les armes, le Hamas n’a pas de souci à se faire : il a ses propres tunnels…


























Commentaires (1)
shanghai hong kong pekinois
en tout cas le monde a bien changer, la liberté du capitalism democratique de l'alliance francobritannoamericaine ne faut plus l'autocratique de l'interet des peuples et des civilisations, putains dire que les chinois demande aus israeliens de se reunir en afrique pour leur interet minirals et militaires et fossiles pour renforcer les liens palestinos arabesques, ils resteraient plus qu'aux chinois de demander de reinvestir les 7.4 en reunnissant les projets pour un etat stable.