Dernière modification : 24/10/2008 

- Défense - Nicolas Sarkozy - Trafic d'armes


La France revoit en profondeur sa stratégie de défense
Le président français a présenté la nouvelle stratégie militaire française. Conçue pour faire face à la "menace immédiate" du terrorisme, elle fait la part belle au renseignement, quitte à supprimer 54 000 postes. (Récit : L. Kammourieh)
Par Marie Sophie JOUBERT (texte)

Rare secteur que Nicolas Sarkozy n’avait pas encore réformé, la politique de défense et de sécurité française va être revue en profondeur. Le président français a présenté mardi dans un discours qu'il a qualifié de "fondateur", les conclusions du Livre blanc de la Défense définissant la stratégie militaire de la France pour les 15 années à venir.


Le précédent rapport, vieux de 14 ans, s’attardait sur les orientations stratégiques au lendemain de la guerre froide. L’édition 2008, troisième du genre, se recentre sur les menaces du troisième millénaire : les actions terroristes "simultanées ou majeures" et les attaques informatiques.

 

"La menace immédiate est celle d’une attaque terroriste", a déclaré le président Nicolas Sarkozy dans son discours de présentation du Livre blanc. "La menace est là, réelle, et nous savons qu’elle peut prendre demain une forme nouvelle, encore plus grave, avec des moyens radiologiques, chimiques et biologiques." Des affirmations qui surprennent Gauthier Rybinski, spécialiste international à FRANCE 24 : "De tels propos sur la vulnérabilité du territoire sont rares".

 

Le monde est devenu plus instable et plus imprévisible, note le Livre blanc. Signe révélateur, le catalogue de ces menaces lie pour la première fois défense et sécurité nationale. "Le monde est confronté au terrorisme de masse, aux tensions qui naissent de la course aux matières premières, à des risques naturels et technologiques croissants ", a ajouté Nicolas Sarkozy.

 

Focus sur le renseignement

 

La nouvelle stratégie de défense met donc principalement l’accent sur le renseignement, notamment sa composante spatiale (drones, satellites), qui se verra allouer 700 millions d'euros chaque année, au détriment des armées qui voient leurs effectifs profondément réduits.

 

Un "monsieur renseignement", Bernard Bajolet, l’actuel ambassadeur à Alger rompu aux missions sensibles, sera nommé et rattaché directement à l'Elysée. Il "orientera les services et assurera la cohérence de leur action", a expliqué le président français qui a également  "souhaité le regroupement des services de renseignement du ministère de l’Intérieur au sein de la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur."

 

Pour faire face aux attaques informatiques, une Agence de la sécurité des systèmes d'information est également créée.

 

Le Livre blanc évoque la constitution de capacités de lutte informatique - offensives - pilotées par l'état-major des armées et des "services spécialisés", le président français rappelant que "le risque d’attaques informatiques qui pourraient paralyser la nation, n’est déjà plus une simple hypothèse : la France et plusieurs pays européens en ont été des victimes récentes."

 

Fort du constat qu’un risque d'un conflit majeur en Europe s'est estompé, le Livre blanc prône également une meilleure complémentarité entre l'Otan et l'Europe de la défense, la première devant être "rénovée" et la seconde enregistrer des progrès substantiels. "C’est l’alliance entre les Européens et les Etats-Unis. Mais c’est aussi, on ne le dit pas assez, un traité d’alliance entre les nations européennes elles-mêmes", a insisté le président français.

 

Les effectifs de l’armée réduits

 

"On ne pourra pas tout faire à la fois", a expliqué le président. Pour financer ces réformes, plusieurs domaines voient, en contrepartie, leur budget et leurs effectifs réduits. "Le Livre blanc trace ainsi la voie pour dégager les marges financières qui nous faisaient tant défaut", a justifié Nicolas Sarkozy.

  

Afin de "ramener les effectifs au niveau des objectifs opérationnels", a-t-il poursuivi, quelque 54 000 des 320 000 postes civils et militaires de la Défense seront supprimés dans les 6 ou 7 prochaines années.

  

Les effectifs des seules armées, jusqu’à aujourd’hui les plus importantes de l’Union européenne, seront ramenés de 271 000 à 225 000 personnes. L’armée de l’air sera particulièrement ciblée avec une réduction de 24 %. Les baisses atteindront 17 % pour l'armée de terre qui emploiera, à terme, 130 600 civils et militaires, et 11 % pour la Marine (44 100).

 

Ces mesures ont été prises pour "garantir" des moyens matériels explique Gauthier Rybinski, spécialiste international à FRANCE 24.

 

Une nouvelle force de 10 000 hommes est cependant prévue en cas de "crise majeure" sur le territoire national et une autre de 5000 hommes pourra être mobilisée pour des opérations extérieures ponctuelles.

 

Fermeture de bases

 

Plusieurs bases françaises à l’étranger, en particulier en Afrique de l’Ouest, vont être fermées. "Nos efforts en Afrique devront désormais répondre à une demande clairement exprimée de nos partenaires et à des objectifs dont nous rediscuterons régulièrement", a expliqué Nicolas Sarkozy, fidèle au discours qu'il avait prononcé au Cap (Afrique du Sud), en février dernier.

 

Plus généralement, la présence militaire française à l'étranger sera considérablement réduite et devrait se déployer vers un arc de crise allant de l'Atlantique à la Méditerranée, en passant par le Golfe persique et l'océan Indien.

 

Ces mesures seront précisées début juillet avec l'annonce de la nouvelle "carte militaire", qui devrait voir une cinquantaine de communes perdre toute présence de la défense sur leur territoire. Une réforme qualifiée d'"historique" par le président.

 

Le leitmotiv de ces mesures coïncide avec celui, plus général, du Livre blanc : faire mieux avec moins.

 
Commentaires (9)

Quelques méconnaissances de l'armée

Il semblerait que vous ne connaissiez pas bien l'armée Française, vous dites que nous avons des effectifs surélevés par rapport à l'utilisation que nous en faisons, le fait est qu'un soldat est absent environ 8 mois par an, ce qui signifie clairement que nous sommes loin de sous exploiter les effectifs présents.

Une autre personne (Alpha si je ne me trompe pas ne voyant plus les commentaires pendant la rédaction) parle de la non opposition de l'armée, mais que peut faire l'armée ? Il y a des lois qui interdisent tout bonnement à l'armée de s'opposer au gouvernement, donc de se mettre en grève en l'occurrence ou de faire une quelconque action pour signifier leur opposition. (encore heureux que l'armée doit obéir au gouvernement sinon on ne s'en sort plus.)

Sinon pour le deuxième Anonyme qui dit que la puissance d'une armée ne passe pas par le nombre, certes cela est vrai mais le fait est que notre armée est présente sur de nombreux terrains afin de soutenir les gouvernements locaux ou aider la population (enfin les deux en général ou simplement la population), et la technologie n'entre pas en compte là dedans, seul les effectifs font, on aura beau avoir de nouveaux avions (qui sont en retard d'ailleurs), plus de chars et de VB ça n'aidera pas les soldats à faire leur boulot au près de la population. En gros cet argument est bon pour la guerre pure et dure (et même là nous le voyons dans toutes les guerres, seul le nombre compte (suffit de voir l'Irak, les Etats-Uniens ont beau avoir du meilleur matériel que leurs adversaires ils ne peuvent pas tout faire car n'ont pas les moyens humains(bien que la tendance soit de dire le contraire actuellement.))

Enfin pour conclure, le renseignement est très important, mes les renseignements ne servent à rien s'il n'y a pas la possibilité de déploiement humain afin de réaliser les diverses missions que ces renseignements demandent. (Je parle même pas du foutoir que ce sera dans certains pays une fois que l'armée sera parti, bien que la tendance soit aussi de dire que l'armée dans ces pays ne sert à rien.))

Ca se discute

Sur ce coup là...Je donnerai plutôt raison à notre président. Une grande armée ne doit pas forcement l'être par le nombre des soldats qui l'a compose . Par contre elle se doit d'être moderne et a la pointe de la technologie.

Ce que je crains le plus , c'est que certaines régions françaises seront probablement affaiblies économiquement par la fermeture de certaines casernes militaires au moment ou , le pouvoir d'achat et le chômage ne sont quand même pas au mieux de leur forme dans notre pays !

C'est évident

Finie l'armée de grand papa, ce n'est pas de chair à canon mais de canons dont on a besoin, en d'autres termes de matériel sophistiqué et en quantité, pas de bidasses à l'ancienne mode, qui partent la fleur au fusil se faire découper.
Enfin un Président au boulot, pas influençable par les gnas gnas et les insultes dignes du niveau 0 de la pensée humaine. Il était temps.

Dire qu'il y en a qui espèrent que l'armée va se mettre en grève comme les fonctionnaires...mort de rire.
D'ailleurs eux mêmes ne les font plus, à voir le peu de suivi des mots d'ordre tous azimuts.

Pourquoi tant d'opposition ?

Vous êtes un peu dur avec ces mesures je trouve. Notre pays en crise, et tout le monde vas devoir se serrer la ceinture pour que tout le monde puisse s'en sortir. Je ne vois pas pourquoi l'armée y echapperais. Aussi, l'idée d'augmenter les budgets du renseignement est bonne je pense, car les renseignements français ne sont pas à la hauteur de ce qu'ils devraient être. Par contre, notre armée elle manque de matériel, mais le nombre de nos soldats est je pense trop élevé par rapport à l'utilisation que nous faisons de nos armées.Et je suis d'accord sur le fait que la principale menace est aujourd'hui la menace terroriste, et donc que se sont les renseignements qui peuvent lutter efficacement contre ce genre de menace, par l'armée proprement dite.

Réaction

Peut-être que le Président veut la réaction de l'armée pour prendre la meilleure décision. Ma question est : que pense et que dit l'armée? Ne peut-elle pas lui faire des propositions? Quand on a voulu supprimer des postes à l'Education, les enseignants ont réagi et s'étaient élevé contre. Pendant qu'on redoute l'accroissement du terrorisme dans le monde, pendant que BUSH demande que la France envoie des renforts en Afghanistan, pendant que la France s'apprête à entrer dan le commandement intégré de l'OTAN; on réduit les effectifs.Si les militaires qui sont concernés par la situation ne réagissent pas; c'est peut-être parce qu'ils y trouvent un avantage certain. C'est à eux donc de réagir pour éclairer les civiles que nous sommes.

un pion

l'armee francaise devient simplement un pion pour les grandes puissances militaire si elles veulent des renseignements allez hop sarkozy envoie le sattelite et voila en quoi va se resumer notre armee juste pour economiser de l'argent (dans 10 ans on sera nommé pas comme armee mais comme renseignement americains )

Sur le nouveau livre blanc

Il était temps! Après 14 ans, voici finalement un président qui comprend les enjeux stratégiques actuels. Je voudrais rappeler à ceux qui grognent sur la suppression de postes dans la Défense, que les grands effectifs ne sont pas la marque d' une armée efficace: la Chine et l' Inde ont des armées bien plus nombreuses que les nôtres, pourtant leur matériel vétuste leur empêche d' agir au-delà de leurs frontières.

Et en Afrique centrale?

Et les bases se trouvant au Gabon? Pouvez vous les fermer?

N'importe quoi ...

Comme si notre armée ne manquais pas déjà d'effectif il ne trouve rien de mieux qu'en supprimer un septième ... Oser dire que le nombre de menace s'accroit et réduire à ce point le potentiel de défense est la chose la plus stupide que Sarkosy pouvait faire ...

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