Dernière modification : 17/06/2008 

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Les grosses cylindrées pullulent à Moscou
Les Moscovites affectionnent les 4x4 et autres grosses cylindrés à 80 000 euros pour montrer leur train de vie. La faible subvention de la municipalité à l'achat de voitures moins polluantes n'a que peu de résultat. (Reportage : Romain Goguelin)

Moscou ou le paradis des grosses cylindrées. Une grosse voiture américaine de 3 ,5 tonnes de tôle pour 80 000 euros pièce : c’est l’accessoire essentiel pour afficher sa réussite dans les embouteillages moscovites.

Et c’est aussi devenu le cauchemar des autorités : la ville est tellement saturée par les bouchons et les voitures de luxe que la mairie de Moscou s’apprête à payer une prime à la petite voiture.

"Tous ceux qui achèteront une petite voiture neuve recevront un bon d’achat pour l’équivalent de 650 euros d’essence", promet Marina Vakouka du département de l’Environnement de la mairie de Moscou.

650 euros pour passer à un moteur de moins d’un litre trois : c’est bien trop peu pour convaincre Dmitri Solovev d’abandonner les 300 chevaux cachés sous le capot de son 4x4 américain. A en croire cet entrepreneur, si les petites cylindrées représentent à peine 5 % du marché moscovite, c’est qu’elles ne sont pas adaptées au pays.

"En Europe tout est de petite taille : des petites routes, des petites voitures, ça a son charme, son harmonie, dit le businessman. En Russie, les bâtiment son énormes, les routes sont énormes, alors pourquoi pas de grosses voitures."

Pour Dmitrii Solovev, son pick-up est bien plus qu’une simple voiture : c’est quasiment un membre de sa famille.

"En Europe, les voitures sont compactes et les gens n’y sont pas tellement attachés, explique Savel Safonov, le rédacteur en chef du journal 4x4. Il y a beaucoup de voitures qui ont les pare-chocs éraflés. En Russie, une éraflure sur un pare-choc est suffisante pour déclencher une vendetta sanglante."

Avec ses 25 litres de super au cent kilomètres dans les rues de Moscou, le succès en Russie du 4x4 américain Hummer tient bien moins à ses performances écologiques qu'au respect qu’il inspire.

Pour Alexandre Tikhonov, vendeur de voitures à Moscou : "En ville, si on est au volant d’une grosse voiture comme celle là, eh bien les gens vous laisse passer, ils essaient de ne pas vous gêner".

A 60 centimes d’euro le litre de super, les riches Moscovites n’ont que peu d’intérêt pour les économies d’énergie. "Traditionnellement en Russie, on ne mesure pas le statut social de quelqu’un à son costume, à ses chaussures ou à la marque de sa montre mais à sa voiture… C’est peut-être triste, mais c’est comme ça", reconnaît Guénadi Vernikov, le président du Club russe des Dodges.

Voilà le choix raisonnable d’un jeune automobiliste : une petite cylindrée de moins d’un litre qui consomme trois fois rien. Pas vraiment besoin d’autre chose, il la trouve pratique, mais s’il en avait les moyens, il achèterait plus gros.

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