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Le plan "Espoir Banlieues" dévoilé

Dernière modification : 21/06/2008

Le Premier ministre François Fillon a dévoilé à Meaux le plan "Espoir-Banlieues" annoncé en février par Nicolas Sarkozy. Une enveloppe de 220 millions d'euros a été annoncée pour les transports publics. (Récit: C. Demangeat)

Le Premier ministre François Fillon a lancé vendredi, à Meaux (Seine-et-Marne) la mise en oeuvre du plan "Espoir-Banlieues" annoncé en février par le président Nicolas Sarkozy, qui sera concentré sur 215 quartiers.
   
"Le gouvernement met en oeuvre les engagements pris par le président le 8 février", a déclaré M. Fillon à l'issue d'un Comité interministériel réunissant onze ministres dans la ville de Jean-François Copé, chef de file des députés UMP.
   
Le projet sera financé par redéploiement de crédits, hormis quelque 520 millions d'euros prélevés sur le Grenelle de l'Environnement et affectés au désenclavement des quartiers.
   
Quatre projets spécifiques de transports en Ile-de-France vont ainsi émerger, au prix d'un effort de l'Etat de 220 M EUR: le tramway T4 vers Clichy-sous-Bois et Montfermeil (Seine-Saint-Denis), la tangentielle Nord, le tram-train Massy-Evry (Essonne) et la liaison RER D/RER B dite du "barreau de Gonesse".
   
Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a "pris acte avec satisfaction" de l'annonce du plan, tout en affirmant que les sommes inscrites pour les transports correspondaient à "un rattrapage d'une participation sous-évaluée de l'Etat" aux grands chantiers franciliens.
   
Le montant global des fonds mobilisés pour "Espoir-Banlieues" n'a pas été précisé: chaque ministère devra élaborer un projet triennal dans le cadre du plan, et le financer sur son budget propre.
   
Le Comité a également validé un projet mobilisant 60 M EUR, dont 20 pour l'Etat, afin d'améliorer immédiatement la desserte des quartiers par des transports publics existants.
   
Il a aussi lancé un appel à projet doté de 260 M EUR pour désenclaver les 152 quartiers prioritaires hors Ile-de-France.
   
Alors que pour M. Fillon, l'emploi est "le problème sans doute le plus important" dans les quartiers, le plan table sur 45.000 jeunes ayant un emploi dans les 3 ans. Les premiers "contrats d'autonomie" doivent ainsi être signés en juillet.
   
Le gouvernement met aussi en oeuvre une aide technique et financière qui vise à soutenir 20.000 nouveaux entrepreneurs dans les trois ans.
   
Dernier aspect du volet emploi, les "écoles de la 2e chance" pourront collecter la taxe d'apprentissage grâce à une nouvelle disposition législative.
   
Le Premier ministre a participé avant le Comité à une table ronde avec des membres d'associations locales pratiquant l'accompagnement personnalisé vers l'emploi. Il s'est enthousiasmé pour ce "coaching", qui "préfigure ce que l'on veut faire à grande échelle".
   
"Coaching" aussi dans l'éducation, puisque "Espoir-Banlieues" généralise l'accompagnement éducatif dans les écoles primaires des quartiers. L'Education nationale a aussi débloqué 200 M EUR pour des expérimentations telles que le "busing", par exemple, qui vise à scolariser des élèves de quartiers pauvres dans d'autres quartiers.
   
Le plan s'attache enfin à la sécurité, avec 4.000 policiers supplémentaires et une centaine d'"unités territoriales de quartiers".
   
L'UMP a salué la "cohérence" et l'"envergure" d'un plan qui "rompt avec la politique d'empilement de mesures incohérentes que la gauche a toujours prônée."
   
"La montagne a accouché d'une souris", a ironisé le PS pour lequel ce plan est "un ensemble de mesurettes sans vision ni financement".
   
Un prochain CIV aura lieu "à l'automne", a annoncé M. Fillon.

Première publication : 20/06/2008

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