21 juin 2008 - 02H42
- Chine - Jeux olympiques - Tibet

La flamme olympique sous haute protection au Tibet
La flamme olympique est passée brièvement dans les rues de Lhassa, la cité historique tibétaine. Les autorités chinoises ont permis à quelques journalistes d'assister à la cérémonie. (Récit : P. Godart)

Trois mois après de violentes émeutes, Lhassa a accueilli samedi le relais de la torche olympique pour une étape controversée dans la capitale du Tibet toujours fermée aux touristes étrangers et étroitement surveillée.

Des spectateurs accrédités et triés sur le volet ont acclamé le passage de la torche dans Lhassa peu après 09H00 locales (01H00 GMT), devant Norbulingka, l'ancienne résidence d'été du dalaï lama.

Des policiers d'une unité spéciale ont gardé l'oeil sur la flamme sur son passage et sur les bâtiments environnants, alors que la zone était interdite à toute personne ne portant pas l'accréditation spéciale, a constaté un journaliste de l'AFP.

De nombreux habitants ont reçu l'ordre de rester à la maison ou dans leur hôtel, et les magasins placés le long du parcours avaient baissé le rideau.

"Nous ne sommes pas censés quitter l'hôtel pour suivre le relais, donc nous restons à l'intérieur", a témoigné un employé de l'hôtel Tibet International.

Le premier relayeur a été Gonpo, un héros tibétain de l'alpinisme, âgé de 75 ans, au milieu d'une foule souhaitant "Bonne chance Pékin" et "Tous nos voeux pour les jeux Olympiques", selon une chorégraphie parfaitement orchestrée.

Il a ensuite transmis la torche à Li Suzhi, responsable de l'hôpital militaire de Lhassa, tandis que le dernier relayeur a été Caidan Zhuoma, célèbre chanteur tibétain.

A l'issue d'un parcours de moins de deux heures, le relais, dont les premières minutes ont été retransmises en direct à la télévision chinoise, s'est terminé, apparemment sans incidents, vers 10H45 locales (02H45 GMT) devant le palais Potala, une autre ancienne résidence du dalaï lama.

Trois mois après de violentes émeutes, la venue du flambeau olympique au Tibet a soulevé la controverse, alors que la capitale Lhassa est toujours fermée aux touristes étrangers, où mesures de sécurité et restrictions restent importantes.

Début mai, une torche spéciale avait été hissée sur le sommet de l'Everest, côté tibétain, déclenchant déjà les critiques des défenseurs des droits de l'Homme.

Prévue dans un premier temps pour durer trois jours et finalement réduite à une seule journée, l'étape tibétaine est considérée comme l'une des plus sensibles du parcours chinois. Un groupe de journalistes étrangers a été autorisé à y assister dans le cadre d'un voyage organisé par le gouvernement.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a fait part samedi de sa "profonde inquiétude" face à la décision chinoise de maintenir le passage de la flamme au Tibet. "Cette décision qui s'apparente à une provocation - avec l'assentiment du Comité olympique international (CIO) - pourrait aggraver les tensions et saper le fragile processus visant à trouver une solution pacifique au Tibet et dans sa région", a indiqué Sharon Hom, directrice de HRW pour la Chine.

Envoyer la flamme olympique au Tibet est "le sommet de l'irresponsabilité. Le CIO n'aurait jamais dû le permettre", a estimé Anne Holmes, directrice de l'association Free Tibet Campaign, basée à Londres.

Les Tibétains en exil assurent que la "répression" des manifestations en mars, à Lhassa et dans les régions environnantes, a fait 203 morts. Le gouvernement chinois parle de 21 personnes tuées par des "émeutiers", affirmant avoir abattu un "rebelle" tibétain.

La Chine a libéré au total 1.157 personnes accusées d'être impliquées dans les émeutes de Lhassa, a annoncé vendredi l'agence officielle Chine nouvelle citant un haut responsable régional, le vice-président du Tibet, Palma Trily.
 

Commentaires

sous-entendus= demi mensonges

"Prévue dans un premier temps pour durer trois jours et finalement réduite à une seule journée" pour cause d'interruption du trajet, vous en souvenez-vous? de trois jours pour deuil national à cause, le savez-vous?, du tremblement de terre du Sichuan. et comment regagner ces jours dans des villes où la flamme ne reste qu'un jour? vous avez une idée?

Un citoyen du monde

J'invite tous les citoyens du monde à prendre en compte la souffrance d'autrui. Chérir les autres est d'un bienfait immense, tandis que chérir soi même ouvre tous les mesfaits.
J'invite tous ceux qui ont le désir de soulager la souffrance née de ce conflit entre la Chine et le Tibet, a ne pas rester indifférent, mais à se demander réellement qu'est ce qui est le mieux.
Peux t'on se permettre de perdre une culture si riche, un témoignage de la conscience humaine, au prix de relations économiques?
Je souhaite à nos enfants le meilleur des mondes.

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