- Biocarburant - États-Unis - Industrie automobile
Faire le plein est un geste pénible pour le consommateur moyen mais. Pas pour Justin Dervaes et sa famille. En quelques tours de manivelle, il fait le plein de biodiesel fait maison. Ce fabricant artisanal de biodiesel s’en amuse : “C’est notre station-service sur des roulettes !”
La raffinerie se trouve au fond du jardin organique. Les Dervaes ont été les tout premiers à Los Angeles à distiller leur propre biodiesel. Une installation basique : quelques tuyaux, un système de pompage et un ancien chauffe-eau dans lequel on introduit de l’alcool à brûler, de la soude et de l’huile végétale usagée. Le tout est chauffé et distillé pendant une trentaine d’heures pour donner l’or noir version écolo, le biodiesel.
Justin Dervaes annonce fièrement : “Quand on a commencé, le diesel était à 2,60 dollars. Nous, ça nous revenait à un dollar. Maintenant le diesel est à 5,60 dollar, et ça nous coûte toujours que 1 dollar. Donc on est devenu encore plus gagnant. C’est bon pour l’environnement et on peut le faire nous-mêmes.”
Faire carburer la voiture familiale au biodiesel ne sert pas à rouler plus et moins cher mais à réduire les nuisances, pour Jules Dervaes, fondateur de “Path to Freedom” et père de famille avide d’alternatives au bruit et à l’odeur : “Le biodiesel contient du lubrifiant, ce qui diminue grandement le niveau sonore. L’autre grande différence, c’est l’odeur. Quand vous allumez votre voiture qui marche au biodiesel, vous sentez l’huile de friture, on appelle ça le parfum frite. Si l’huile a été utilisée pour les frites, alors quand vous êtes en voiture vous sentez les frites, en fait ça vient de la voiture.”
L’ ingrédient principal du biodiesel, les Dervaes viennent le chercher dans les restaurants. En échange de quelques produits de leur ferme, le chef leur remet l’huile de friture usagée qui lui a servi à faire ses chips. Un troc qui arrange tout le monde.
Daniel Vasquez, le propriétaire du restaurant Elements Kitchen : “Avant on avait des énormes containers derrière le restaurant. Ca restait là pendant des semaines, ça sentait fort et ça salissait tout. Mais avec les Dervaes, ils viennent la chercher, ils nous en débarrassent rapidement et s’en servent pour une bonne cause. C’est du gagnant gagnant.”
Voilà comment les poubelles d’un homme deviennent le trésor d’un autre. Preuve de cette nouvelle convoitise, certains restaurants Californiens racontent qu’il leur arrive désormais de se faire voler leur huile végétale usagée. Loin de la flambée des prix du baril, le biodiesel ne coûte presque rien. Mais la donne pourrait bientôt changer avec le nombre croissant de consommateurs à la recherche de carburants alternatifs.
























Commentaires (1)
Surprenant!
Suprenant reportage ! c est une tres bonne alternative surtout quand on voit le prix de l essence !