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Le tramway de la discorde

Dernière modification : 24/06/2008

La construction du tramway de Jérusalem fait débat : simple service public de transport ou entreprise de rattachement des quartiers Est à la ville juive ? Au centre de la polémique, deux entreprises françaises. (Reportage : M. de Chalvron)

La municipalité de Jérusalem a lancé la construction d’une ligne de tramway qui parcourt la ville d’est en ouest. Le long du chantier, les avis divergent sur ce projet officiellement destiné à fluidifier la circulation à partir de 2010.


"Ils ont mis ce train pour les juifs, c’est tout : il n’y a pas une station dans la zone arabe", constate Mustapha Bachiti, un commerçant du quartier de Chouefat.


De là à dire que le tramway est un projet "colonial", il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Pour ses détracteurs, le chantier vise avant tout à intégrer les implantations juives de Jérusalem Est à la partie Ouest de la ville, afin de rendre plus difficile toute division de la capitale en cas d’accord de paix.

 

Deux entreprises françaises

 

Les Israéliens récusent pourtant toute arrière-pensée politique. "Il y a cinq hôpitaux ici. Il faut faire en sorte que les gens – les arabes, les juifs, les musulmans – soient capables d’y aller. C’est ça qui nous importe", affirme Nadav Meroz, directeur des transports à la mairie de Jérusalem.


Deux entreprises françaises, Veolia et Alstom, participent à la mise en place du tramway. Des groupes palestiniens ont donc tenté de plaider leur cause auprès de la diplomatie française. "Il aurait fallu que le gouvernement français intervienne avant pour interdire aux entreprises de participer à un projet qui sert à ce point les intérêts israéliens", déclare Adnan Husseini, conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas pour Jérusalem.


Leurs appels sont pour l’instant restés sans succès : la France juge qu’il s’agit là d’affaires privées.

Première publication : 24/06/2008

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