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La stagflation s'installe en zone euro

Dernière modification : 24/06/2008

La contraction de l'activité des services et de l'industrie, ajoutée à la hausse du prix du pétrole et l'augmentation des prix, alimente les craintes d'une stagflation dans les quinze pays de la zone euro. (Analyse : C. Bruneau)

L'activité dans la zone euro s'est contractée en juin, tant dans les services que dans l'industrie, mais les résultats surprenants de l'enquête mensuelle RBS/Markit auprès des directeurs d'achat ne sont probablement pas suffisants pour dissuader la Banque centrale européenne de relever ses taux d'intérêt en juillet.
 
Couplée à un indice Ifo inférieur aux attentes en Allemagne, l'enquête réalisée auprès de 5.000 entreprises de la zone euro vient alimenter les craintes de stagflation en confirmant le ralentissement de la croissance alors que les pressions
inflationnistes restent vives. 

L'indice PMI dans les services a reculé à 49,5 en juin dans la zone euro contre 50,6 en mai, tombant pour la première fois
depuis juin 2003 sous la barre de 50 en-dessous de laquelle il rend compte d'une contraction.
 
Trente-six économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un indice à 50,5, et seuls trois le voyaient
descendre sous 50 - la prévision la plus pessimiste était 49,7. 

L'indice RBS/Markit dans l'industrie a de même reculé à 49,1 contre 50,6, au plus bas depuis mai 2005, alors que les
économistes prévoyaient en moyenne 50,2. 

L'institut allemand Ifo a annoncé au même moment une baisse de son indicateur du climat des affaires à 101,3 en juin contre 103,5 en mai, soit son niveau le plus faible depuis décembre 2005. 


Contraction en France, ralentissement en Allemagne
 

Ces chiffres ont fait descendre l'euro à un plus bas du jour autour de 1,5500 dollar tandis que les futures sur Bunds montaient.
 
"Même si une contraction de l'activité des services et de l'industrie dans la zone euro ne plaide pas en faveur d'un
relèvement des taux de la BCE lors de sa réunion du 3 juillet, la balance semble néanmoins pencher en ce sens au vu de la nouvelle hausse des prix", juge Howard Archer, économiste chez Global Insight.
 
"Ceci dit, la nouvelle détérioration de l'activité économique dans la zone euro nous renforce dans notre conviction
qu'un taux à 4,25% (contre 4,00% actuellement) constituera un pic", ajoute-t-il en prévoyant trois allègements en 2009.
 
Les données flash publiées pour la France et l'Allemagne ont montré une nette détérioration dans le premier cas et un
ralentissement dans le second. 

L'indice français des services est tombé sous 50 pour la première fois en cinq ans, à 49,2 contre 50,5 en mai et 50,8 prévu par les économistes. Son équivalent allemand a baissé à 53,3 contre 53,8.
 
L'enquête montre la persistance de pressions inflationnistes puisque que les prix payés par les prestataires de service ont connu leur plus forte hausse depuis septembre 2000. 

Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, avait indiqué vendredi que la banque centrale conserverait un biais haussier sur ses taux tant que les gains de productivité ne permettraient pas de compenser le renchérissement des prix des matières premières. 

Même si les entreprises ont réagi en relevant leurs tarifs à un rythme sans précédent depuis novembre 2000, elles n'ont pu compenser ces hausses de coûts. 

Leurs anticipations sont de surcroît en nette baisse. Le sous-indice mesurant le volume d'affaires escompté a reculé à
54,9 en juin, son niveau le plus faible depuis 10 ans qu'existe l'enquête.
 

Baisse de l'emploi
 

L'affaiblissement de la demande n'épargne pas l'industrie. 

Le sous-indice mesurant la production du secteur manufacturier a baissé à 49,5 contre 51,9, au plus bas depuis juillet 2003, et les commandes nouvelles se sont contractées pour le troisième mois consécutif.
 
Dans ces conditions, les entreprises ont réduit les embauches. Le sous-indice de l'emploi, à 49,7, est passé sous la
barre des 50 pour la première fois depuis février 2006. 

"Les deux secteurs, des services et de l'industrie, sont vulnérables à de nouvelles baisses dans les prochains mois",
prévient Chris Williamson, chef économiste chez Markit (ex-NTC) qui a réalisé l'enquête. 

Reflétant la faible demande, les stocks de produits finis ont augmenté en juin avec un indice à 50,9, au plus haut depuis
que l'enquête existe, contre 50,3 en mai. 

Les baisses des indices des services et de l'industrie ont fait reculer l'indice composite à 49,5, son plus bas niveau
depuis juin 2003.

Première publication : 24/06/2008

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