27 juin 2008 - 10H20
- OPEP - Pétrole

L'Opep prévoit un baril proche de 170 dollars cet été
Dans "Le Talk de Paris", le président de l’Opep Chakib Khelil affirme que le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 150 à 170 dollars cet été. Il met en exergue la faiblesse du dollar et les pressions sur l'Iran.
Voici le script de l'intégralité de l'entretien d'Ulysse Gosset avec Chakib Khelil. Pour réagir, cliquez sur le bouton "Réagir" en bas de la page.

Lisez notre dossier spécial : Le pétrole, bientôt un luxe?

Ulysse GOSSET : Bienvenue sur France 24 pour cette nouvelle édition du "Talk de Paris". Le pétrole flambe, à qui la
faute ? Comment faire face au troisième grand choc pétrolier de l'histoire ? Le prix du baril menace de passer la barre fatidique des 140 dollars et pourrait même atteindre les 200 dollars. Il est grand temps, en tout cas, de préparer "l'après-pétrole".

Notre invité est le président de l'Opep, Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Chakib Khelil. Il est Algérien, patron de l'Opep et ministre de l'Energie et des Mines, l'un des hommes forts de l'Algérie, très proche du président Bouteflika. Passé par l'université du Texas et par la Banque mondial à Washington, Chakib Khelil gère le pétrole, l'électricité et également le nucléaire de l'Algérie. C'est l'homme de toutes les énergies !

Monsieur le président, bonjour.

Chakib KHELIL : Bonjour.

Ulysse GOSSET : je salue aussi la présence, sur notre plateau, de notre spécialiste des questions économiques à France 24, Raphaël Kahane. Bonjour.

Raphaël KAHANE : bonjour.

Ulysse GOSSET : monsieur le président, vous êtes le patron de l'Opep ? et la première question est toute simple : jusqu'où va grimper le baril ? Certains disent 200, 250 dollars. Vous, que nous dites-vous ?

Chakib KHELIL : comme vous le savez, le pétrole, et surtout le prix du pétrole est fonction des problèmes économiques qui se posent aux Etats-Unis, de la dévaluation du dollar et de un peu de tout ce qu'il se passe sur le plan de la politique monétaire américaine.

J'ai entendu, ce matin, que la Federal Reserve ne va pas tellement changer son taux. Tout dépendra de la Banque Centrale Européenne et de la décision qu'elle pourrait prendre de relever les taux de l'euro. A ce moment-là, je pense que le prix du pétrole va augmenter.

Bien sûr, dans le cadre de cette affaire, il y a aussi les menaces contre l'Iran. Si elles deviennent encore plus importantes, je pense que le prix du pétrole va encore augmenter durant cet été, ceci conjugué au fait que la demande en essence, en particulier aux Etats-Unis, sera encore plus importante.

Je prévois probablement des prix de 150 à 170 $ durant cet été. Cela va peut-être décliner un peu vers la fin de l'année.


Ulysse GOSSET : vous pensez que l'on n'atteindra pas les 200 dollars ?

Chakib KHELIL : je ne pense pas. Je pense que la dévaluation du dollar par rapport à l'euro, si tout se passe comme je le pense, sera de l'ordre de peut-être 1 ou 2 %, et ceci va générer probablement 8 $ d'augmentation sur le prix du pétrole. Bien sûr, pour les crises géopolitiques, on n'a vraiment aucune idée de ce que cela pourrait ajouter au prix du pétrole. C'est vraiment très difficile.

Dans tous les cas de figure, il n'y a pas de problème d'offre sur le marché pétrolier. Il n'y a pas vraiment de demandes non satisfaites actuellement sur le marché.

Ulysse GOSSET : je répète tout de même l'information : vous envisagez un baril à 170 dollars cette année ?

Chakib KHELIL : probablement.

Ulysse GOSSET : et s'il y avait une grave crise politique, cela pourrait monter jusqu'à combien ?

Chakib KHELIL : cela pourrait monter… mais cela dépend de la crise. Si la crise arrive à arrêter la production de l'Iran, par exemple, on aurait vraiment une grave situation sur les bras car aucun autre pays dans le monde ne pourrait remplacer la production iranienne.

Je ne sais pas si vous vous souvenez que lorsqu'il y avait la crise de Katrina en Louisiane, il y avait environ 200 millions de barils qui avaient disparu du marché. Donc l'OPEP avait la possibilité de remplacer cette production.
Il y avait aussi la situation de 2003 où la production complète du Venezuela avait disparu, soit environ 3 millions de barils et, en plus, à ce moment-là, le Nigeria avait baissé sa production d'un million de barils. L'OPEP avait pu remplacer cette production. Je ne pense pas que l'OPEP ait maintenant la capacité de remplacer plus de 3 millions de barils au plus. Ensuite, cela dépend du type de brut.


Ulysse GOSSET :
là, ce serait une crise mondiale et le baril serait à combien ?

 

Chakib KHELIL : personne ne peut le dire ! Cela peut montrer monter jusqu'à 200, 300, 400 $. C'est possible

Ulysse GOSSET : Raphaël ?


Raphaël KAHANE :
vous parlez beaucoup effectivement de la politique américaine, c'est l'un des arguments de l'Opep. Il n'est visiblement pas partagé par tous les pays, puisque l'Arabie Saoudite semble favorable à une augmentation de sa production. Elle a elle-même augmenté de 200 000 barils par jour.


Est-ce que tout le monde, au sein de l'Opep, est d'accord pour dire, finalement : "Haro les spéculateurs", comme vous le faites ?

Chakib KHELIL : je pense que tout le monde est d'accord, même l'Arabie Saoudite à travers son ministre, qui l'avait déclaré auparavant : sous la pression qu'avait subie l'Arabie Saoudite, il fallait qu'elle réponde. Elle avait répondu en invitant les pays consommateurs, producteurs et les opérateurs à se rassembler à Djeddah, ce que nous avons fait, pour, justement, délibérer sur ces questions-là.

Je pense que la question des spéculations n'est plus posée maintenant. Même les sénateurs américains posent la question. Il y a des investigations. Le sénateur Lieberman - j'ai lu cela ce matin – a posé cette question concernant le marché à Londres, puisque 15 % du WTI se passe à Londres. Ce n'est donc plus une question, mais une certitude. Le problème est l'étendue de l'impact de cette spéculation sur le marché.

Je pense que l'on a pu vraiment voir tout cela car lorsque l'on compare l'évolution des prix de 2007 par rapport à 2008, on voit que pour les six premiers mois, les prix sont pratiquement parallèles les uns aux autres. On voit une différence d'environ 40 dollars entre 2007 et 2008. On se demande ce qu'il s'est passé entre les six premiers mois de 2007 et les six premiers mois de 2008.

Je ne vois qu'une seule chose : la crise des subprimes aux Etats-Unis. Bien sûr, il y a eu l'introduction du bioéthanol qui, lui aussi, a eu une un impact sur les prix du gasoil. A cela s'ajoutent les problèmes géopolitiques.

Il y a aussi les problèmes d'offre, de demande, de stock, etc., mais même s'il y a eu vraiment un manque sur le marché, je ne pense pas qu'il aurait eu un impact aussi important sur les prix comme nous le voyons aujourd'hui.


Ulysse GOSSET :
pour le grand public, lorsque l'on pose la question : "A qui la faute", vous dites "qui" en premier ?

Chakib KHELIL : je pense que c'est la dévaluation du dollar.

Ulysse GOSSET : premièrement.

Chakib KHELIL : le fait que le dollar... D'ailleurs, on le voit, chaque fois qu'il y a un renforcement du dollar, il y a une baisse du prix et lorsqu'il y a une faiblesse du dollar… La faiblesse du dollar ne vient pas seulement des actions prises par la Federale Reserve. J'ai dit, tout à l'heure, que des actions étaient prises par la Banque Centrale Européenne qui font en sorte que la valeur du dollar...

Ulysse GOSSET : quel est le deuxième responsable, après le dollar ?

Chakib KHELIL : je pense que ce sont les problèmes géopolitiques, c'est-à-dire les menaces que nous avons sur l'Iran qui est l'un des plus grands producteurs, soit 4 millions de barils.

Nous avons la situation en Irak sur laquelle nous n'avons pas de contrôle. On ne sait pas jusqu'à quel niveau ils peuvent monter. Ils montent parfois à 2,2, puis baissent à 1,5 en fonction des problèmes de crises internes, etc.

Nous avons, bien sûr, les autres problèmes du Nigeria et autres.

Ulysse GOSSET : d'accord. Mais vous n'avez jamais dit que les pays de l'Opep pourraient aussi faire un geste en ouvrant les vannes du pétrole et en produisant plus. Pourquoi l'Opep ne fait-il pas un geste ? Encore hier, à Bruxelles, il n'y a pas eu d'accord, à Djeddah non plus. Pourquoi pas un vrai geste de l'Opep pour calmer la crise ?

Chakib KHELIL : les statuts de l'Opep lui demandent de satisfaire les besoins sur le marché international. On l'a toujours fait. J'ai donné l'exemple de 2003, quand il y a eu un manque de 4 millions de barils. A ce moment-là, si l'Opep avait voulu vraiment avoir des prix à 200 $, elle aurait pu les avoir, sans mettre de pétrole sur le marché. Or, elle a pris la décision de remplacer le pétrole de ses membres qui étaient le Venezuela et le Nigeria. J'ai donné l'exemple de Katrina, l'impact sur le marché et l'intervention de l'opep.

Maintenant, il est très difficile de trouver un marché. Si vous me dites qu'il y a quelqu'un à qui on n'a pas vendu de pétrole et qui en a besoin, à ce moment-là, je verrai, mais pour le moment, je mets mon pétrole sur le marché et je ne trouve pas d'acheteurs.

Ulysse GOSSET : pensez-vous que cela peut évoluer ? Par exemple, vous avez dit que la prochaine réunion de l'Opep se tiendrait en septembre. Pourrait-il y avoir une évolution de la position de l'Opep ?

Chakib KHELIL : oui, bien sûr. A ce moment-là, nous reverrons la situation du marché en fonction de la demande. S'il y a une demande réelle sur le marché, l'Opep prendra les mesures nécessaires pour satisfaire cette demande. C'est notre statut qui le recommande.

Ulysse GOSSET : très bien.

Je vous propose de revenir sur votre carrière personnelle, carrière passée par les Etats-Unis, le Texas, mais qui a commencé, bien évidemment, en Algérie, sur les bords de la Méditerranée. Regardons ce portrait réalisé par une journaliste de France 24 : Rebecca Martin.

(Diffusion du portrait)

Ulysse GOSSET : aujourd'hui, vous avez les pleins pouvoirs dans le domaine de l'énergie. Cela vous gêne lorsque l'on vous "caricature" en vous appelant "l'Américain" ?

Chakib KHELIL :  non, pas du tout !

(Rires)

Ulysse GOSSET :
parce que vous avez connu les pétroliers, vous avez été à la Banque mondiale, mais pas de problème.

Chakib KHELIL : non. J'ai eu une carrière assez diversifiée. J'ai travaillé pour les sociétés internationales. J'ai été président, à un certain moment, d'un groupe algéro-américain dans les années 1971. J'étais aussi le premier chef de département "gisement" de Sonatrach, conseiller technique du temps du président Boumediène. Ensuite, j'ai fait une carrière à la banque où j'ai pu voir beaucoup d'autres choses de l'autre côté de la barrière.

Ulysse GOSSET : en Algérie : remaniement, nouveau Premier ministre, que cela signifie-t-il ? Est-ce un recentrage ? Est-ce que l'on s'éloigne un peu de la politique un peu trop islamiste de l'ancien Premier ministre, M. Belkhadem ?

Chakib KHELIL : non, je ne pense pas. Je pense que M. Belkhadem va probablement se dédier un peu au parti du Front de libération nationale (FLN), et s'occuper davantage de ses affaires de parti.

Il est aussi ministre d'Etat. Il va donc continuer, s'il le veut, à siéger au conseil de gouvernement. Je pense que M. Ouyahia a fait ses preuves en tant que chef de gouvernement déjà auparavant. Je pense aussi que le remaniement est dû au fait que plusieurs ministres étaient malades et devaient être remplacés. C'était une opportunité de le faire.

Ulysse GOSSET : est-ce que le président Bouteflika va venir à Paris pour le sommet de l'Union pour la
Méditerranée ?

Chakib KHELIL : je ne pourrais pas vous répondre. Il faudra lui poser la question ! Je n'en ai aucune idée, pour vous dire la vérité.

Ulysse GOSSET : une question sur l'Algérie : on sait que c'est un très riche producteur de pétrole et de gaz et, en même temps, il y a une vraie détresse dans la population : désarroi social, méfiance vis-à-vis des politiques. Comment expliquez-vous cela ? Qu'un pays riche comme le vôtre n'arrive pas à se développer ni à donner finalement satisfaction à ses habitants ?

Chakib KHELIL : tout d'abord, il faut reconnaître que l'Algérie a traversé une période très difficile...

Ulysse GOSSET : avec le terrorisme et les années… ?

Chakib KHELIL : avec le terrorisme, l'Etat avait pratiquement disparu durant cette période-là. Il fallait reconstruire l'Etat, les institutions et remettre en activité les différents départements ministériels.

Je pense que l'Etat a fait un effort incroyable depuis 2000 avec les différents programmes : le programme d'évolution économique, le nouveau programme en place de 150 Md$ qui a déjà créé beaucoup d'emplois. Maintenant, nous avons à peu près 10 % de taux de chômage, alors que l'on avait démarré avec 32 %. Nous avions démarré avec 32 Md$ de dette et nous sommes à peine 5 Md$ maintenant. Nous avons démarré avec 4 Md$, nous en avons 120 Md$.

Ulysse GOSSET : vous allez les redistribuer à la population ?

Chakib KHELIL : je pense que l'Algérie, et cela n'est pas connu à l'extérieur, est le pays qui est le plus aidé les populations les plus défavorisées. Nous avons à peu près 9 % du PIB considérés comme "filet social". Nous avons plusieurs ministères qui contribuent à cela, par exemple, le ministère de la Solidarité nationale qui est fait pour aider tous les handicapés, les personnes défavorisées, tous les...

Ulysse GOSSET : pourtant, il y a eu des émeutes récemment dans plusieurs villes qui sont assez inquiétantes.

Chakib KHELIL : il y a eu une émeute à cause d'un club de football. Il y a eu des...

Ceux qui ne connaissent pas l'Algérie voient cela à travers la télévision, etc. Nous avons plus de morts dans les accidents de voiture, plusieurs dizaines chaque semaine, et personne n'en parle ! Il suffit qu'il y ait vraiment un acte terroriste, et on en parle tout le temps.

L'Algérie est complètement différente maintenant : il y a l'espoir, tout de même, de créer beaucoup plus d'emplois. Il y a vraiment des actions d'investissement qui sont faites.

Ulysse GOSSET : très bien. Monsieur le président, nous allons faire une pause pour regarder ensemble le journal de France 24. Je vous propose de vous retrouver dans quelques minutes avec Raphaël KAHANE pour parler d'abord, et toujours, du pétrole, du prix du pétrole qui flambe. Je vous retrouve dans quelques minutes. A tout de suite.

(Retour sur le plateau)

Ulysse GOSSET : retour sur le plateau du "Talk de Paris" avec, cette semaine, notre invité, Chakib KHELIL, patron de l'Opep et, bien sûr, Raphaël KAHANE de France 24.

Monsieur le président, vous êtes aussi ministre algérien de l'Energie et des Mines. Le président Sarkozy vient de signer un accord de coopération avec le président Bouteflika sur le nucléaire. Est-ce que cela veut dire que l'Algérie, un jour, sera aussi en mesure de produire son énergie avec le nucléaire et dans combien de temps à votre avis ? Pour quand une centrale nucléaire en activité en Algérie ?

Chakib KHELIL : nous voulons diversifier nos sources d'énergie. Cette décision a déjà était prise. Nous avons signé l'accord durant la visite de M. Fillon, donc la semaine dernière.

Maintenant, nous travaillons sur une loi nucléaire qui doit passer au Parlement incessamment. Une fois cette loi nucléaire passée, nous aurons une agence de sûreté et de sécurité, plus une entité qui va faire la recherche, le développement, la production, l'énergie nucléaire.

A partir de là, nous allons développer la possibilité de production nucléaire. Bien sûr, pour générer du nucléaire, vous avez des délais qui sont requis pour l'achat des équipements, l'ingénierie, etc.

Ulysse GOSSET : à quel horizon ?

Chakib KHELIL : à l'horizon de dix à vingt ans.

Maintenant, si vous commandez une unité nucléaire actuellement, ce n'est pas avant dix ou quinze ans que vous allez avoir une unité en fonctionnement.

Ulysse GOSSET : 2020, 2030.

Chakib KHELIL : oui, je pense. Entre-temps, nous travaillons aussi sur d'autres sources d'énergie, comme le solaire par exemple. Nous sommes les premiers dans les concentrateurs solaires. Nous avons actuellement en construction une centrale de 150 MW, centrale hybride gaz / solaire, et qui utilise une superficie de 150 hectares de miroirs paraboliques qui va concentrer l'énergie du soleil sur un fluide porté à des températures très élevées qui gênèrent de l'électricité avec des turbines à vapeur.

Nous voulons donc aussi diversifier toutes nos sources, avec l'énergie éolienne, l'énergie photovoltaïque, mais nous comptons beaucoup sur les concentrateurs solaires.

Raphaël KAHANE : la diversification des ressources pose la question de l'après-pétrole et de l'investissement des recettes pétrolières. On parle de 80 Md$ de recettes pétrolières pour l'Algérie pour l'année 2008. Un certain nombre de pays, notamment les pays du Golfe, les Emirats, et également la Norvège, gros pays producteurs, ont mis en place des fonds souverains dont le but est d'investir une partie de ces recettes pétrolières. On les a vus prendre des participations très importantes dans les entreprises occidentales et, également, des banques américaines, puisqu'une partie du secteur financier américain est aujourd'hui passé dans les mains de ces fonds d'investissement. Est-ce que cela ne vous donne pas des idées, vous l'Algérie, de mettre en place un fonds d'investissement pour gérer cette manne pétrolière ?

Chakib KHELIL : oui, en effet, cela semble être une option valable. Toutefois, l'Algérie n'est pas comme les pays du Golfe. Nous avons des possibilités d'investissements, pour l'Algérie, extraordinaires. Nous avons un programme de 150 Md$ d'investissements. Nous pensons que nous allons avoir besoin de toutes ces ressources à l'intérieur du pays.

Il est fort possible que, dans quatre, cinq ans, nous aurons peut-être des possibilités de création de fonds souverains pour des activités à l'extérieur de l'Algérie. D'ailleurs, Sonatrach elle-même a commencé à le faire avec EDP (Electricité du Portugal). Nous avons acquis des participations. Nous sommes actifs aussi en Amérique latine, etc., mais c'est une idée à laquelle il faut bien réfléchir car il faut avoir les moyens, les ressources humaines et faire éventuellement des partenariats pour essayer de décider où et comment investir, si on doit le faire à l'extérieur.

Raphaël KAHANE : à propos de Sonatrach, on a envisagé un temps - c'était Nicolas Sarkozy, le candidat à l'élection présidentielle - avait envisagé un partenariat possible entre Gaz de France et Sonatrach. Cela ne s'est pas fait car, finalement, Gaz de France a rejoint Suez. Pourrait-on envisager d'autres partenariats avec des géants de l'énergie européenne ?

Chakib KHELIL : je pense qu'oui, mais cela dépendra des intérêts de la complémentarité des objectifs de chacun des groupes. Si on a des objectifs divergents, on ne peut pas faire de partenariats. Il faut que les deux groupes se complètent.

Ulysse GOSSET : à quels partenaires pensez-vous ?

Chakib KHELIL : nous avons déjà un partenariat avec Statoil (la société pétrolière norvégienne, Ndlr) en ce moment, et cela fonctionne très bien. Nous faisons beaucoup de choses ensemble car les deux parties ont des visions communes, ont des complémentarités communes. Avec Total, nous avons des partenariats dans la pétrochimie en particulier. Nous voudrions, bien sûr, développer des partenariats avec Gaz de France, autres que ceux que nous avons actuellement.

Ulysse GOSSET : il n'y a pas de fusions en vue ?

MChakib KHELIL : avec Gaz de France, nous avons créé une société MED LNG qui fait du trading, etc. Maintenant, les fusions demandent beaucoup de discussions et de négociations. La difficulté réside dans le fait de savoir qui décide quoi et comment ? C'est la difficulté.

Ulysse GOSSET : vous, les Algériens, et vous, monsieur le ministre, vous seriez favorables à une fusion avec Gaz de France ?

Chakib KHELIL : une fusion, cela paraît difficile, mais je pense que l'on peut développer des partenariats. Nous les avons d'ailleurs développés avec d'autres groupes. C'est plus facile à réaliser.

Ulysse GOSSET : je vous propose d'écouter une question Webcam, comme on dit, qui nous vient de l'extérieur, une question d'Alain Bazot, de l’union UFC-Que Choisir, représentant des consommateurs et qui concerne le rôle de l'Opep.

Alain BAZOT : monsieur Khelil, en tant qu'association de consommateurs, une de nos vocations est de lutter contre les cartels des producteurs qui s'entendent sur les prix au détriment des consommateurs. De tels comportements sont sanctionnés par les autorités nationales, voire internationales, européennes par exemple.

Or, il y a ceci d'extraordinaire : l'OPEP est un cartel tout à fait officiel qui détermine les prix après une entente.

Compte tenu du contexte de fortes tensions sur les prix qui pénalise les consommateurs, ne pensez-vous pas qu'il serait opportun de reconsidérer cette façon de former les prix du pétrole dans le monde, et en Europe en particulier ?

Chakib KHELIL : premièrement, l'Opep n'est pas un cartel. Les pays de l'Opep ne contrôlent que 40 % de la production globale du pétrole. C'est une première chose.

Deuxièmement, le but de l'Opep n'est pas de contrôler les prix, mais de satisfaire le marché lorsqu'il y a une demande.
Lorsque les autres pays n'ont pas la possibilité de satisfaire la demande, l'Opep vient toujours à la rescousse et satisfait la demande.

L'objectif de l'Opep n'est pas de contrôler les prix, je l'ai expliqué tout à l'heure. Avec la perte de 4 millions de barils, on aurait pu chercher des prix énormes pour couvrir la production. Il y a eu le problème de Katrina. J'ai expliqué tout à l'heure que les prix élevés que nous avons aujourd'hui ne sont pas dus à un manque de pétrole, mais beaucoup plus à des problèmes liés à la crise économique aux Etats-Unis.

Maintenant, si vous tenez compte des revenus des pays membres de l'Opep par rapport aux revenus des pays consommateurs, vous verrez que les pays consommateurs reçoivent et perçoivent quatre fois plus les revenus des pays producteurs à travers les taxes.

Pourquoi est-ce que les pays consommateurs ne pourraient pas, à travers des subventions ciblées, comme le préconise l'Union européenne, satisfaire les besoins, du moins durant une période où les prix seront très élevés ?

Dans tous les cas de figure, les prix sont déterminés par le marché. Vous avez un marché ouvert et transparent où il y a une libre offre et demande sur le marché. Les prix fixés le sont par cette libre activité de ce marché-là.

Raphaël KAHANE :
les pays consommateurs disent qu'en baissant les taxes, cela inciterait tout simplement les producteurs à continuer à relever leurs prix. Encore une fois, ils citent l'exemple de l'Arabie Saoudite qui a relevé la production pour dire : "Vous voyez bien, finalement, il y a une demande qui est insatisfaite et qui ne demande qu'à être satisfaite par ces augmentations de production".

Chakib KHELIL : c'est à long terme, bien sûr. Tout de suite, on ne verra pas vraiment un impact sur la diminution. Je ne parle pas de la diminution des taxes, mais du transfert de la rente à travers le Trésor de la France, afin de cibler, par exemple… Les consommateurs, ce sont les pêcheurs qui ont besoin d'une subvention. On cible les gens les plus défavorisés. Je ne parle pas d'une baisse du prix lui-même. On n'a pas vraiment d'impact sur la consommation du pays.

Mais, d'un autre côté, je dirais que l'objectif de l'Opep n'est pas les prix. Ce n'est pas une question de relever ou de baisser pour manipuler les prix ; on ne l'a jamais fait et on ne le fera jamais. D'ailleurs, vous avez vu que lorsque les prix sont descendus à 6 $ en 1986, les pays consommateurs nous ont donné le même argument ! Ils ont dit : "Messieurs les producteurs, c'est le marché libre. On ne peut rien faire !"

Ulysse GOSSET : vous parliez des taxes avec une certaine justesse d'ailleurs car elles comptent beaucoup. Pensez-vous que l'idée du président Sarkozy de baisser la taxe sur la TVA, donc à l'échelle européenne, est une bonne idée ou pas ?

Chakib KHELIL : si je parle du point de vue du pays consommateur, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de descendre les prix. Je parle des prix.

Ulysse GOSSET :
sur la TVA ?

Chakib KHELIL : pour la TVA , je pense que… Même la TVA, car c'est une taxe sur la valeur ajoutée, c'est donc ajouté aux autres taxes, etc. Cela forme le prix que paie le consommateur.

Ulysse GOSSET : est-ce une bonne idée de la réduire, comme il le demande ?

Chakib KHELIL : je ne pense pas. Je pense qu'il faut garder les prix, mais qu'il faut avoir un système de transfert de rente du Trésor vers les personnes défavorisées ou vers les activités que vous voulez aider.

Ulysse GOSSET : vous parliez des personnes défavorisées. Parlons, justement, des routiers avec une question de l'un de leurs représentants qui, lui, parle de spéculation.

Ecoutons-le ensemble.

Gilles MATHELIÉ-GUINLET, secrétaire général de l’O.T.R.E (Organisation des transporteurs routiers européens) : monsieur Khelil, bonjour. Tous les experts mondiaux s'accordent à dire aujourd'hui que le prix du baril de pétrole est dû, en grande partie, à la spéculation mondiale. Ne craignez-vous pas qu'à moyen terme, cette spéculation sur un prix artificiellement trop élevé du pétrole et du carburant n'entraîne une déréglementation totale de l'économie et, par conséquent, une diminution drastique de vos recettes ?

Chakib KHELIL : vous avez tout à fait raison.

Nous avons déjà dit que les prix élevés ne sont ni de l'intérêt des consommateurs ni des producteurs. Nous verrons, à long terme, la demande de notre produit baisser.

D'un autre côté, les pays consommateurs vont s'orienter vers les sources alternatives. Je suis tout à fait d'accord.

Maintenant, sur le diagnostic lui-même, on n'est pas d'accord. Ce n'est pas le problème d'offre sur le marché qui est le problème des prix élevés. Nous soutenons que c'est la crise économique aux Etats-Unis qui a démarré le processus, que ce sont les spéculateurs qui sont venus après pour faire augmenter les prix.

D'ailleurs, je vous signale que ce n'est pas seulement le pétrole : le charbon a doublé, le maïs également, le blé a augmenté d'une manière incroyable et ce n'est pas dû au prix du pétrole. C'est dû aux mêmes problèmes : une forte demande et une dévaluation du dollar. Le dollar est la monnaie de réserve sur le marché international sur lequel sont échangés ces produits. Lorsqu'il y a une baisse du dollar, il est tout à fait clair que les prix vont augmenter.

Ulysse GOSSET : vous parliez des Etats-Unis. Il y a des élections au mois de novembre prochain. Entre John McCain, qui veut relancer la production pétrolière pour accroître les ressources des Etats-Unis, et Barack Obama qui, lui, voudrait taxer les spéculateurs et mettre en place des systèmes de régulation, quelle politique préférez-vous finalement ? Pour l'Opep, le meilleur candidat est John McCain ou Barack Obama ?

Chakib KHELIL : je pense qu'il est tout à fait clair qu'aux Etats-Unis, ils ne pourront jamais vraiment obtenir la possibilité de faire de l'exploration off-shore car il y a vraiment des associations très puissantes. C'était d'ailleurs l'un des arguments durant la Conférence de Djeddah. On dit : "Vous voulez que nos pays ouvrent leurs portes à l'investissement, mais chez vous, vous fermez les portes ! On ne peut pas faire l'exploration en Alaska, pas en Floride et vous nous demandez d'avoir nos portes ouvertes pour ces compagnies".

Moi, je pense que les Etats-Unis, durant toutes les élections, ont toujours eu ce débat. Cela va se terminer par un projet "indépendance" qui ne sera pas réalisé. Et ils vont continuer dans la même lignée. Ce sera très difficile.

Ulysse GOSSET : pour vous McCain ou Obama, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ?

Chakib KHELIL : je pense qu'ils ne seront pas vraiment être capables de faire une politique d'une vraie indépendance énergétique aux Etats-Unis car cela demande de faire des choix très durs pour les consommateurs, et les choix se reflèteront sur les élections. Ils ne feront donc pas ces choix-là.

Ulysse GOSSET : une question fondamentale : les réserves de pétrole. Combien reste-t-il de pétrole sur la planète ? Quand va-t-on atteindre le "pic", c'est-à-dire le moment où les réserves vont continuer à baisser ? Quelle est votre prévision ? Faut-il s'inquiéter ? A-t-on raison de redouter la fin du pétrole ?

Chakib KHELIL : comme vous le savez, ce débat n'est pas nouveau. Il a eu lieu dans les années 1970. Malheureusement, cela arrive chaque fois que le prix du pétrole augmente. On n'en parle jamais lorsque les prix sont à 6 ou 8 dollars. On ne parle jamais du pic.

Je vous donne un exemple très simple. En 1971, on parlait de ce pic. En Algérie, on avait prévu qu'elle n'ait plus de réserve de pétrole dans vingt ans, c'est-à-dire en 1990, 1995. Or, aujourd'hui, 2008, l'Algérie a le même niveau de réserve qu'en 1971. Cela veut dire que l'on a consommé, exporté des quantités énormes, 10 millions de barils, et on se retrouve avec les mêmes réserves. La clef et la solution, c'est la technologie et, bien sûr, les prix du pétrole. Lorsque vous avez des prix à 130 dollars, les Etats-Unis augmentent leur production de pétrole ! C'est l'un des pays qui produit le plus !

Ulysse GOSSET :
quelles sont vos prévisions ?

Chakib KHELIL : on aura encore beaucoup de pétrole. Il y a suffisamment de pétrole pour environ les cinquante prochaines années. Il n'y aura aucun problème. Je pense que l'Opep a fait des démonstrations, des projections.
Il faut aussi dire qu'en terme de demandes, il y aussi l'augmentation de la demande de charbon, par exemple, et du gaz.

Ce qui va arriver vraiment, ce n'est pas tellement un pic dans le pétrole, mais ce qui est arrivé au charbon. On a suffisamment de charbon maintenant pour 2 000 ans ou je ne sais pas combien, mais l'utilisation du charbon en pourcentage est moindre car il est plus difficile en terme environnementaux, etc. On verra le même phénomène pour le pétrole. Il va probablement diminuer en terme de pourcentage, mais en terme de valeur absolue, il va continuer d'augmenter sensiblement.

Raphaël KAHANE : vous craignez cette évolution et cette mauvaise image du pétrole, et cette recherche d'énergies alternatives ?

Chakib KHELIL : non, pas du tout, car nous travaillons en collaboration avec l'Union européenne, avec l'AIE (Agence internationale de l'énergie), d'abord sur les problèmes de transparence, de marché...

Raphaël KAHANE :
qui est beaucoup plus alarmiste dans ses prévisions.

Chakib KHELIL : oui. Et nous travaillons, justement, sur la séquestration de carbone, etc. Je vous dirais que l'Algérie est l'un des pionniers dans la séquestration du carbone. Monsieur Borloo, quand il est venu en Algérie, a visité le champ d'In Salah où on a fait la première expérience d'extraction du gaz carbonique du gaz, et son injection dans le souterrain. C'est une technologie qui fonctionne. Je ne vois pas pourquoi on ne l'utilise...

Raphaël KAHANE : les gaz polluants ?

Chakib KHELIL : on les élimine à la source. Ce n'est pas la peine d'attendre qu'ils arrivent à la fin.

Ulysse GOSSET : d'un mot pour conclure, monsieur le président, votre message aux consommateurs européens.

Chakib KHELIL : je pense que ce n'est pas une crise énergétique à laquelle nous faisons face. Nous avons un problème de prix et je pense qu'il est lié à autre chose qu'à l'offre et la demande. Il y aura du pétrole, du gaz, du charbon pour satisfaire les besoins des consommateurs…

Ulysse GOSSET : donc, pas de panique.

Chakib KHELIL : il ne doit pas y avoir de panique. Les gouvernements doivent prendre des mesures pour traiter les problèmes des plus défavorisés, comme le fait tout le monde, et passer le cap car ç'en est un.

Comme nous l'avons vu précédemment, les prix peuvent augmenter, mais ils peuvent aussi descendre énormément. Il faut donc supposer que, dans les deux ou trois prochaines années, les prix vont retomber à des niveaux acceptables.

Ulysse GOSSET : merci beaucoup, monsieur le président de l'Opep, ministre algérien de l'Energie et des Mines. Merci également à Raphaël Kahane.

Bien entendu, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle édition du Talk de Paris. A très bientôt.

Commentaires

L Algerie est au bord de l explosion!

J ai ete surprise de constater que ce ministre est tres loin de la realite algerienne!
En repondant au journaliste en disant qu une emeute a ete provoque a cause d une equipe de foot!C est effarant!Je vis en Algerie et je peux vous dire qu il y a regulierement des emeutes sur l ensemble du pays (Tiaret,Chelef,Oran,Ghardaia,Skikda,la Kabylie....).Par manque de libertes individuelles et la repression des autorites,les citoyens n ont que ce moyen pour pouvoir s exprimer .Le chomage,la pauvrete,la corruption,les passe droits,la cherete de la vie,le manque d espace culturelle,etc. sont les veritables raisons de l exasperation de ce peuple qui continue a souffrir du terrorisme islamiste,de l integrisme et de l incompetence du pouvoir !Et c est pour cela que l Algerie risque une grave explosion !Et dire aussi que ce pays dort sur une canyote de plus de 12o milliars de dollars grace a la rente petroliere!

prix du baril

Que disent aujourd'hui les "experts internationaux" qui prévoyaient fin 2007 suite au pic de 100$ une légère redescente et stagnation autour de 80-90$ le baril pour l'année 2008 !
Balivernes ! je ne crois plus un mot des prédicteurs, experts en tout genre à ce propos !
Si cette hausse durable pouvait au moins être être à l'aube de changements de comportement majeurs de tous les citoyens du monde, mais ce qui devient une mode commerciale aujourd'hui (vendre du green) sera t-il vraiment durable et profond ?

L'écologie aurait pu nous aider

Bonjour
Total qui fait des milliards de bénéfice.Les politiques ont pas devancer la crise ,je pense que l'écologie dans ce domaine aurai pu nous aider(panneaus solaire ex, transport en commun moins coûteux )et la bourse qui enrichie une poignée de spéculateur elle devrais reverser sur les bénéfices un pourcentage Une TVA alléger .Je travaille dans le maintiens à domicile nous avons besoins de nos voitures et la c'est lamentable personnes ne réfléchie sur les conséquences des employés qui gagne le SMIC et font des KM en voiture avec une essence de plus en plus chaire

mon analyse

je pense qu'il faut pas en vouloir aux pays de l' OPEP,ils n'ont rien à voir avec les prix actuels du pétrole,
parce que il faut comprendre que les réserves en pétrole sont limités et justement l'enjeu et comment gérer ces réserves à long terme, le problème réside au niveau des pays qui font d'importants stocks de pétrole et ceci pour éviter d'être contraint d'exploiter leurs propres réserves,comme les états unis par exemple,alors c'est simple ces pays n'ont qu'à arrêter de faire des stocks et de se contenter des quantités à consommer ;
deuxième point , je voudrais dire que finalement cette augmentation des prix du pétrole,n'en profite vraiment pas aux peuples des pays exportateurs ,tout simplement que dans ces pays la seulement quelques privilégiés ont droit aux richesses de leurs pays ,le reste du peuple vie dans la pauvreté bien sur; pour dire aux européens que tôt ou tard ces sommes faramineuses du pétrole vont suivre tout un chemin pour revenir dans les banques européennes et américaines, étant donné que dans les pays de l'OPEP ,l'économie est en panne,et les dirigeants de ces pays préfèrent s'enrichir, ou bien ferment les yeux sur des pratiques mafieuses,au lieu de construire une économie forte,une industrie variée profitant ainsi de cette manne pétrolière pour propulser leurs pays vers l'avant,malheureusement c'est pas le cas.
que cesse l'animosité envers les pays de l'OPEP ou autres ,la balle est dans le camp des pays développés,c'est eux qui contrôlent tous en réalité.

Mse pistes de réflexion

C'est assez difficile d'évoquer une cause sans les autres, tellement tout semble lié. En général, je penche pour la recherche de solutions et non des responsabilités de la crise.

Il faut agir sur plusieurs manettes à la fois pour sortir de la crise. Il s'agit notamment de:

- taxer les engins ( en particulier les voitures) en fonction de leur niveau de consommation;
- suspendre les sports automobiles ou réduire la longueur des circuits;
- cesser de faire la guerre envers ou dans les pays qui produisent le pétrole;
- aligner les revenus des intervenants dans le secteur à celui des autres secteurs d'activités et répartir, le cas échéant le surplus à la résorption du chômage des pays concernés.

Voilà en première réaction mes modestes propositions.

Mes pistes de réflexion

C'est assez difficile d'évoquer une cause sans les autres, tellement tout semble lié. En général, je penche pour la recherche de solutions et non des responsabilités de la crise. Il faut agir sur plusieurs manettes à la fois pour sortir de la crise. Il s'agit notamment de:

- taxer les engins ( en particulier les voitures) en fonction de leur niveau de consommation;
- suspendre les sports automobiles ou réduire la longueur des circuits;
- cesser de faire la guerre envers ou dans les pays qui produisent le pétrole;
- aligner les revenus des intervenants dans le secteur à celui des autres secteurs d'activités et répartir, le cas échéant le surplus à la résorption du chômage des pays concernés.

Voilà en première réaction mes modestes propositions.

c'est simple

pour arreter les prix du petrole un veto mondial sur tout les materiaux et les aliments medicament etc 8 jours apres vous verrez le resultat car ils n'ont rien aucune industrie pas de cereal

Du charbon pour 200 ans

Les évaluations des stocks de charbon font état de réserves permettant de couvrir 200 fois la consommation annuelle actuelle (pas 2000 fois).

Cette consommation étant amenée à augmenter au rythme de 2 à 3 % par an, il ne devrait en fait rester du charbon que pour moins d'une cinquantaine d'années avnt que sa production ne décroissent comme le fait actuellement la production de pétrole.

Ou sont les stocks des spéculateurs?

Accuser la spéculation est facile et n'a aucun rapport avec les raisons du problème (insuffisance de la production, manque de maitrise de la demande, solutions de rechange inexistantes ...).

La spéculation sur un marché de masse comme le pétrole ne peut exister sans qu'une augmentation conséquente des stocks ne se produise, hors ceux -ci sont stables (toutes choses égales par ailleurs).

Les seuls stocks qui pourraient avoir un certain impact sur les prix du pétrole sont les stocks géologiques. Hors ceux-ci sont en baisse depuis l'extraction du premier baril par le colonel Drake.

Cherchez l'erreur?

M. Khellil

Tout d´abord, mon sentiment est que l´entretien a été d´une grande qualité. Bien mené par les deux journalistes qui en avait la charge et très enrichissant grâce à la maîtrise dont a fait montre M. Khellil. Il est tout à fait clair que l´invité du jour est un expert des questions énergétiques, capable de transmettre des idées complexes, en des termes accessibles. Je félicite France 24.

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