Retrouvez le carnet de route de notre envoyé spécial Lucas Menget, de retour en Irak.
Quelques jours après l’attentat qui a tué 20 de leurs pairs, les représentants de la milice d’Al Sahwa ("Réveils" en arabe), la milice sunnite pro-américaine, sont encore secoués.
Jeudi, un kamikaze s'est introduit dans l'enceinte de la mairie d'Al Karma où ils tenaient réunion. Il s'est fait exploser et a tué 25 personnes, dont cinq officiers de l’armée américaine.
Le Cheikh Saadoun, qui a échappé aux éclats de la bombe, se rappelle : "Un homme est arrivé habillé avec un uniforme militaire irakien. Au moment où il sortait de la salle, il s’est fait exploser."
Deux jours après l'attentat, les Américains avaient prévu de transférer l’autorité de la province d’Al Anbar aux Irakiens. La cérémonie a été annulée. Raison officielle : une tempête de sable.
Contrairement au discours officiels de l’armée américaine et du gouvernement irakien, les chefs rescapés de "Sahwa" ne pensent pas que le niveau de sécurité soit suffisant et estiment avoir encore besoin de forces.
"Au nom de Dieu, la situation ici est toujours très difficile… Transférer l’autorité aux Irakiens est un choix compliqué. Parce que pour le moment, la sécurité n’est pas assurée : on a seulement 63 policiers ici", assure Cheikh Mech’an, chef des tribus de la région d’Al Garma.
Dans cette province puissante, les tribus sont dubitatives.
Certes, la sécurité s’est nettement améliorée, et adultes et enfants sortent de nouveau dans les rues. Mais pour eux, la paix n’est pas encore d’actualité.


















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