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La survie de l'AKP entre les mains de la Cour constitutionnelle

©

Dernière modification : 04/07/2008

Le parti au pouvoir est accusé de pratiques contraires à la laïcité, l'un des principes fondateurs de la République de Turquie. La Cour constitutionnelle pourrait décider de sa dissolution.

La Cour constitutionnelle turque entame cette semaine ses premières auditions avant de décider une éventuelle dissolution du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir pour cause d'activités antilaïques, un destin qu'ont connu avant lui de nombreuses formations turques.

Depuis sa création en 1963, la Cour constitutionnelle - dont la fonction principale est de contrôler la conformité des lois à la Constitution - a prononcé la dissolution de pas moins de 24 partis - dont deux ont fourni le gros des effectifs de l'AKP du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Le plus ancien d'entre eux est le Parti de la prospérité, dont le dirigeant Necmettin Erbakan est devenu en 1996 le premier chef de gouvernement islamiste en Turquie, avant d'être contraint un an plus tard à la démission par l'armée, qui se considère comme la garante du principe constitutionnel de laïcité.

En janvier 1998, la Cour constitutionnelle a dissout le Parti de la prospérité (RP), au sein duquel M. Erdogan a débuté en politique, pour cause d'activités antilaïques, et a prononcé une interdiction d'activités politiques de cinq ans contre plusieurs de ses membres, dont M. Erdogan.

Les membres du RP épargnés par la Cour ont par la suite créé une nouvelle formation, le Parti de la vertu (FP), au destin éphémère puisqu'il a à son tour été dissout en juin 2001 par les 11 juges de la Cour constitutionnelle.

C'est sur les cendres du FP que M. Erdogan a fondé l'AKP, qui affirme cependant avoir rompu tous ses liens avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur, respectueux de la laïcité.

Le ministère public accuse néanmoins l'AKP de vouloir remplacer le régime laïque par un régime islamiste. La Cour constitutionnelle n'avait jamais jusque là lancé de procédure contre un parti au pouvoir.

Outre les formations accusées d'islamisme, la Cour a prononcé l'interdiction de plusieurs partis kurdes pour des liens avec les rebelles séparatiste kurdes actifs dans le sud-est du pays.

Le Parti de la démocratie (DEP) a été dissout en 1994 en tant que "foyer d'activités allant à l'encontre de l'unité" nationale, de même que son successeur, le Parti de la démocratie et du peuple (HADEP) en 2003.

La Cour instruit actuellement un procès en dissolution contre un dernier avatar de ses formations, le Parti pour une société démocratique (DTP).
 

Première publication : 01/07/2008

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