- États-Unis - Irak
Un Irak virtuel pour soigner les vétérans
Environ un tiers des soldats de retour d’Irak souffriraient de stress post-traumatique. Provoqué par un ou des évènements vécus sur place, ce mal les empêche de retrouver une vie normale. Ils ne supportent pas la foule, ont des difficultés à sortir de chez eux, conduire leur voiture, font des cauchemars, revivent en permanence l’évènement traumatique.
Pour les soigner, des chercheurs américains ont créé un “Irak virtuel” à base de jeux vidéos. Objectif : les aider à revivre les évènements traumatiques pour mieux les surmonter.
Au Walter Reed Hospital, à Washington, le plus ancien hôpital militaire américain, le Dr Michael Roy, psychiatre militaire, reçoit certains de ces vétérans victimes de ce stress post-traumatique (PTSD). Il équipe ses patients d’un casque, de lunettes où sont projetées les images. Il y a même une machine à reproduire les odeurs. Equipé, le soldat se retrouve en patrouille à pied dans une ville irakienne ou au volant d’un Humvee, au milieu des explosions ou du trafic irakien.
L’objet de l’expérience est d’aider les patients à revivre mentalement les évènements qu’ils ont vécus, pour mieux les surmonter. “Une des difficultés du PTSD est que le patient évite tout évènement ou souvenir qui lui rappelle ce qu’il a vécu. C’est un réflexe de survie normal, mais qui devient problématique lors du retour à la vie normale”, explique le Dr Michael Roy.
Débloquer les traumatismes
Des patients qui ne parvenaient pas à raconter leurs expériences à leur thérapeute sont tout à coup débloqués par la réalité virtuelle. “Ils nous disent 'vous savez, ça me fait penser au moment ou mon pote s’est fait tuer', par exemple”.
Le recours à la réalité virtuelle, et au jeu vidéo, permet aussi de vaincre certaines réticences des patients face au monde de la psychiatrie. “C'est parce que le jeu vidéo est cool que nous recourons à des nouvelles technologies. Les gens, surtout les jeunes, ont moins de réticences que face à une visite traditionnelle chez le psy”, explique le Dr Roy. Dans les cas les plus spectaculaires, quelques séances permettent au patient de refaire des gestes de la vie courante qu’ils refusaient de faire, “sortir dans la foule, aller au cinéma...”.
La réalité virtuelle n’est pas destinée aux seuls vétérans. L’idée est même née en dehors de l’armée. Le Dr Difede, psychiatre à New York, est l’une des premières à l’avoir expérimentée, avec des victimes du 11 septembre. Elle se souvient de la toute première patiente sur laquelle elle a essayé la réalité virtuelle : “Au moment même où elle a mis le casque, elle a pu se souvenir d’évènements de ce jour-là qu’elle gardait pour elle jusqu’alors. J’étais vraiment impressionnée”.
Ce sont ces succès avec les patients du 11 septembre que les psychiatres espèrent pouvoir reproduire, à plus grande échelle, avec les vétérans d’Irak.

























Commentaires (1)
d'abord la population irakienne...
...franchement je n'en ai rien à faire de ces vértérans américains qui souvent ont tué violé parfois blessé humilié...une population qui vivait tranquillement en paix avant leur arrivée j'espère cyniquement que ces vétérans sont suffisement détraqués pour reproduire dans la société américaine toutes les violences qu'ils ont fait subir aux irakiens...