Dernière modification : 04/07/2008 

- Farc - Ingrid Betancourt


Ingrid Betancourt enfin libre
Ingrid Betancourt enfin libre
Ingrid Betancourt retrouve sa famille à Bogota, après avoir été libérée, avec 14 autres otages, par l'armée colombienne au cours d'une opération héliportée.

Ingrid raconte sa libération : "je pensais que c'était un miracle"

Analyses, portraits, reportages : retrouvez également notre dossier spécial sur Ingrid Betancourt, otage des FARC.

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Ingrid Betancourt est libre. La politicienne franco-colombienne Ingrid Betancourt est arrivée à l’aéroport de Bogota où elle a été accueillie par sa mère. Libérée après une opération militaire colombienne, elle est apparue en bonne santé, riant aux côtés des soldats colombiens et des 14 autres otages - 3 Américains et 11 Colombiens - libérés au cours de l’opération.
 

"Je voudrais remercier Dieu et tous ceux qui ont pensé à moi, qui m’ont gardée dans leur cœur, qui m’ont accompagnée. A tous les Colombiens, les Français qui nous ont accompagnés partout dans leur cœur", a affirmé la Franco-Colombienne. "J’ai beaucoup prié, j’ai beaucoup pensé à ce moment. ", a-t-elle ajouté sur le tarmac de la base militaire de Catam, à Bogota. "L’opération de l’armée de mon pays, de l’armée colombienne a été absolument parfaite", a-t-elle ajouté en français.
 

"Merci à ma douce France"

Elle s'est également adressée à la France, en français  : "Merci à ma douce France", a-t-elle dit, "merci de m'avoir accompagnée toutes ces années". "Je suis colombienne mais je suis aussi française, mon coeur est partagé". Elle a  tenu à remercier le président Nicolas Sarkozy  "qui a lutté pour moi avec ma famille, mes enfants, ma maman et ma soeur", mais aussi le président Jacques Chirac "qui nous a tendu la main dans les moments où lutter pour les otages en Colombie était politiquement inconvenant".

Puis, elle a tenu un message particulier à l'attention de son "ami" Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères qu'elle connaît de longue date. "Je sais que lui et sa femme Marie-Laure étaient avec moi". "Je vous porte dans mon sang, je suis à vous, merci la France", a-t-elle conclu.

Le président Alvaro Uribe a salué le "travail magnifique des militaires" colombiens. "Sans qu'une goutte de sang ait été versée, sans qu'une seule balle ait été tirée, il y a 15 otages libérés, Ingrid Betancourt, les trois citoyens nord-américains et onze autres compatriotes", a-t-il rappelé. Il ne manque pas de mettre en avant le succès de cette "opération d'intelligence comparable aux plus grandes épopées épiques de l'histoire de l'humanité".

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy, accompagné des enfants et de la sœur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a remercié "le président Uribe, le pouvoir colombien et l’armée pour cette opération couronnée de succès."

 
Une audacieuse opération militaire

 
Les forces armées colombiennes ont monté une audacieuse opération, qui impliquait l’infiltration du "premier cercle" des FARC, ont expliqué les autorités colombiennes. Au moyen d'agents infiltrés, l’armée aurait fait parvenir un faux ordre d'Alfonso Cano, le chef des FARC, aux geôliers des otages. Il aurait obtenu, de cette façon, que les otages soient réunis par leurs geôliers et transférés sur un site du sud du pays.
 

"Puis un hélicoptère civil, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé le ministre de la Défense colombien.
 

Les geôliers ont immédiatement été "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a annoncé le ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos.

"Une immense joie"

 
Son fils, Lorenzo Delloye, "n'arrive pas à y croire ". "C'est une immense joie", a-t-il confié à l'AFP.

 
Après avoir remercié chaleureusement le président Sarkozy "qui a pris les choses en main", la France et l’ensemble des gens qui les ont soutenus, la famille Betancourt s’est envolée dans un avion de la République, à destination de la Colombie.
 

Accompagnés du ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner, ils doivent rejoindre Ingrid Betancourt.

 

La Franco-Colombienne, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était otage des FARC depuis six ans. Elle a été enlevée le 23 février 2002, en pleine campagne présidentielle alors qu’elle se rendait dans une zone extrêmement dangereuse, truffée de guérilleros.

 

Les FARC affaiblies

"La libération d’Ingrid Betancourt marque un nouvel épisode de la série noire que subissent les FARC", explique Pascal Drouhaud, spécialiste de la Colombie sur le plateau de FRANCE 24.

 

Depuis le début de l’année, les guérilleros montrent de plus en plus de signes de faiblesse.

 

Non seulement affaiblies par les offensives menées par les armées colombienne et américaine, les FARC ont perdu trois des sept membres de leur état-major au mois de mars, dont leur chef historique Manuel Marulanda.

 

Ces derniers mois, la guérilla a également dû faire face à une véritable hémorragie interne. Depuis le début de l’année, 1300 guérilleros ont déserté, parmi lesquels une de ses dirigeantes emblématiques, Nelly Avina, dite "Karina". Fières de compter 16 000 guérilleros en 2002, les FARC ne seraient plus, en 2008, que la moitié, selon l’armée colombienne.

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