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Les populations des pays de l'Opep loin de s'enrichir

Dernière modification : 05/07/2008

Si les pays producteurs d'or noir s’enrichissent avec l’augmentation du prix du baril, leur population semble beaucoup moins bénéficier de cette manne pétrolière.

 

Avec l’envolée du prix du pétrole, les pays producteurs deviennent logiquement plus riches. Mais les Etats ne sont pas les seuls à profiter de la manne pétrolière, les compagnies pétrolières et leurs sous-traitants s’enrichissent proportionnellement à la hausse des prix du pétrole. Même si le prix de l’essence dans la plupart de ces pays reste relativement bas, leur population partage très peu les richesses engendrées par l’or noir.

 

Vénézuéliens, Saoudiens et Algériens bénéficient-ils du prix élevé du pétrole ?

 

Le Venezuela, l’Arabie saoudite et l’Algérie connaissent une rentabilité considérable ces derniers temps grâce à un prix du pétrole très élevé.

 

Alors que les manifestations provoquées par la hausse du prix du pétrole se multiplient en Europe, les Vénézuéliens parviennent aisément à faire le plein de leur voiture. "L’essence est quasi gratuite, c’est même moins cher qu’en Arabie saoudite, premier pays producteur de pétrole", relève François Lescaroux, économiste à l’Institut français du pétrole basé à Paris. Mais la politique sociale d’Hugo Chavez ne prévoit pas de projets à long terme pour améliorer le quotidien de ses concitoyens. "C’est plutôt les pays voisins qui profitent de la richesse du Venezuela. Chavez, pour des raisons politiques, préfère racheter les dettes de ses voisins au lieu d’investir son propre pays", précise-t-il.

 

Si les pays de l’Opep, avec à leur tête l’Arabie saoudite, sont désignés comme responsables de  la hausse du prix à la pompe, les Saoudiens à leur tour ne semblent pas profiter d’une telle richesse. L’inflation atteint un niveau record de plus de 10 %, du jamais vu depuis 30 ans. Le prix des denrées alimentaires et du logement ne cessent de s’envoler. "L’Arabie investit lourdement pour renouveler et renforcer son infrastructure. C’est normal qu’un tel investissent provoque une telle inflation", explique l’économiste saoudien Abdullah Alalami. "Il faut un peu de temps pour que le Saoudien bénéficie enfin de cette richesse", rajoute-t-il.

 

Côté algérien, l’expert international Abderrahmane Mebtoul ne cache pas son mécontentement face à la gestion de la rentabilité du pétrole. "L’Algérie est mal gérée pendant que le pays connaît une relative aisance financière", confie-t-il. Alors qui profite de cette richesse ? "La minorité gouvernante semble s’enrichir davantage, mais ce n’est pas le cas de l’Algérien ordinaire", observe-t-il.

 

Première publication : 03/07/2008

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