BCE
Malgré les critiques, malgré la pression, Jean-Claude Trichet ne cèdera pas. La Banque centrale européenne devrait remonter son principal taux directeur ce jeudi.
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Malgré les critiques, malgré la pression, Jean-Claude Trichet ne cèdera pas. Sauf coup de théâtre, la Banque centrale européenne va remonter son principal taux directeur d’un quart de point ce jeudi. Le taux de refinancement passera donc à 4,25 %, un plus haut depuis sept ans. L’objectif est d’enrayer une inflation sans précédents dans la zone euro. Des chiffres qui atteignent des sommets en Espagne (5,1%) et Belgique (5,8 %) en rythme annuel.

 

Quel est le mécanisme espéré ?


Pour lutter contre l’inflation, les théories monétaristes préconisent, entre autres, de limiter la quantité de monnaie en  circulation. "Trop d’argent tue l’argent !", comme disent certains.


L’une des solutions est de réduire le nombre de prêts accordés par les banques. C’est là que les taux directeurs entrent en scène. Lorsqu’une banque centrale augmente ses taux, l’argent coûte plus cher à emprunter pour les banques, pour les entreprises et même pour les particuliers. La quantité de monnaie a tendance à se réduire, et, en théorie, l’inflation peut refluer.


Dans le cas présent, l’inflation est surtout une conséquence de la flambée des matières premières. Aussi, la hausse des taux directeurs peut-elle servir à quelque chose ?


Jean-Claude Trichet souhaite surtout provoquer un déclic psychologique. Eviter ce qu’on appelle un "effet second tour". Face à la baisse du pouvoir d’achat, les entreprises peuvent être tentées d’augmenter les salaires de leurs employés, et pour compenser, relever aussi les prix de leurs services et marchandises.


Le message de Jean-Claude Trichet est le suivant : attention, je suis déterminé à lutter contre l’inflation, alors évitons une contamination à l’ensemble de l’économie. Une telle contamination s’était produite dans les années 70, suite aux chocs pétroliers.


Pourquoi cette position est critiquée dans des pays comme l’Allemagne, la France et même l’Espagne ?


Parce que lorsqu’on augmente les taux d’intérêt, les entreprises et les ménages ne sont pas encouragés à emprunter, à investir, au risque de nuire à la croissance.


Problème : la croissance européenne n’est pas au beau fixe, loin de là. Privilégier la baisse des prix sur la croissance ne plaît pas à certains dirigeants, comme Nicolas Sarkozy. N’oublions pas que les questions de croissance et de pouvoir d’achat sont avant tout des dossiers très politiques.

 




 

Baptiste Fallevoz
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