Explosion lors d'un concert à Minsk
Vendredi 04 juillet 2008
Une explosion s'est produite jeudi soir à Minsk, lors d'un concert pour la fête de l'indépendance du Bélarus, blessant une cinquantaine de personnes. Une autre bombe, qui n'a pas explosé, avait été découverte jeudi dans la capitale.
Vendredi 04 juillet 2008
Par Reuters
Une cinquantaine de personnes ont été blessées, certaines grièvement, par l'explosion d'une bombe artisanale lors d'un concert en plein air auquel assistait le président Alexander Loukachenko, dans la nuit de jeudi à vendredi à Minsk.
Le ministre de l'Intérieur Vladimir Naumova a précisé à l'agence de presse russe Interfax qu'une deuxième bombe, qui n'a pas explosé, avait été découverte jeudi dans la capitale. "Cela va aider notre enquête sur l'explosion", a-t-il dit.
"Le président n'était pas loin (du lieu de l'explosion). En quelques minutes il a gagné le site de l'explosion mais n'est pas resté longtemps pour ne pas gêner le travail des services d'urgence", a déclaré vendredi à Reuters le porte-parole de la présidence, Pavel Legkiy, qui a précisé que l'engin explosif était de type artisanal. Le porte-parole a précisé que le chef de l'Etat n'était pas visé. "Ce n'était pas une tentative d'assassinat visant le président", a-t-il souligné, ajoutant que la bombe avait été déposée dans la foule.
"C'est mon opinion personnelle, pas comme spécialiste mais en tant que personne qui était sur le site (...) Bien sûr, il peut y avoir beaucoup d'explications et la vérité sera établie au cours de l'enquête", a-t-il ajouté.
La police a indiqué que l'explosion avait eu lieu aux alentours de minuit (21h00 GMT) sur une grande place de la capitale, lors d'un concert donné à l'occasion de la fête de l'indépendance.
Selon un responsable de la police, il pourrait s'agir d'un acte de "vandalisme", un mot traditionnellement employé dans les anciens Etats soviétiques pour minimiser les attaques.
"VANDALISME" ?
L'opposition a dit craindre que l'explosion soit exploitée politiquement.
Le Parti de l'unité civique, libéral, a appelé les autorités à ne pas céder à la tentation de profiter de l'explosion pour organiser dans des conditions d'urgence les élections législatives de septembre et à ne pas se lancer dans une croisade contre les opposants.
Un témoin a déclaré à Reuters avoir vu le sol jonché de clous et de boulons près du site de l'explosion.
"J'ai entendu un grand bruit et il y avait de la fumée noire", a confié Sergueï, 28 ans. "Les gens ont commencé à hurler. Ils n'ont pas arrêté le concert. Ils ont isolé l'endroit et les services de secours ont commencé à arriver."
Une explosion du même type avait blessé 47 personnes en 2005 dans la ville de Vitebsk. La police avait également conclu qu'il s'agissait d'un engin de fabrication artisanale.
Un groupe peu connu autoproclamé "Armée de libération nationale biélorusse" avait revendiqué la responsabilité de cette explosion, mais aucun coupable n'avait été désigné.
Loukachenko estime avoir épargné à son pays le chaos politique et économique qui a suivi le démantèlement de l'Union soviétique, et bénéficie d'une grande popularité.
Déterminé à démentir les accusations occidentales d'atteintes aux droits de l'homme, il a annoncé fin juin la tenue d'élections le 28 septembre pour désigner les députés d'un Parlement où l'opposition ne détient actuellement aucun siège.
Aucune élection n'a été reconnue libre et démocratique en Biélorussie depuis le milieu des années 1990.
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