Vendredi, juillet 4, 2008 - 19:30
Liste des brèves AFPClimat: les experts exhortent l'UE à accélérer la lutte contre le réchauffement
Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a exhorté les Européens à accélérer leurs discussions sur la mise en oeuvre de leur plan d'action contre le réchauffement climatique, malgré les divergences qui persistent entre les 27 pays de l'UE.
"Nous avons une fenêtre de tir de sept ans seulement, car les émissions devront atteindre leur maximum en 2015 et décroître à partir de cette date", a expliqué le président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), l'Indien Rajendra Pachauri, lors d'une réunion des ministres européens de l'Environnement et de l'Energie près de Paris.
"L'UE doit montrer la voie. Si elle ne le fait pas, j'ai peur que toutes les tentatives pour (...) gérer la question du changement climatique s'effondrent", a-t-il averti.
La réunion commune des ministres européens de l'Environnement et de l'Energie était significative dans la mesure où leurs intérêts ne sont pas toujours au diapason.
"Nous les avons réunis autour d'une même table car les sujets sont indissociables", a expliqué le ministre français de l'Environnement et de l'Energie Jean-Louis Borloo au cours d'un point de presse dans le parc de Saint-Cloud.
Quotas d'émissions, vente des droits de polluer, efficacité énergétique, énergies renouvelables, biocarburants: chaque thème est un élément, encore objet de controverses, du plan d'action de l'UE pour réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020, accroître de 20% les énergies renouvelables et parvenir à 20% d'économies d'énergie.
"L'efficacité énergétique est cruciale et il y a un consensus pour faire plus, plus vite et plus fort" dans ce domaine, a annoncé M. Borloo.
"Elle est aujourd'hui la clef de voûte du système énergétique européen. Elle permet de réduire les besoins en énergie et d'améliorer le pouvoir d'achat. Ca doit devenir la priorité", a-t-il insisté.
Le commissaire européen à l'Energie Andreas Piebalgs lui a fait écho. "C'est le sujet sur lequel tout le monde est d'accord et la Commission va faire des propositions qui pourront être contraignantes", a-t-il annoncé.
"C'est la façon la plus efficace pour atteindre nos objectifs sur le climat et l'énergie", a renchéri le ministre tchèque de l'Industrie, Martin Riman, dont le pays prendra la présidence semestrielle de l'UE en janvier 2009.
"Il faut que nous prenions les bonnes décisions", a pour sa part insisté leur homologue suédoise Maud Oloffson.
Les débats se sont focalisés sur des objectifs très grands publics, comme l'éclairage et le bâtiment.
"Chaque mesure représente des économies pour les familles. Les ampoules à basse intensité peuvent ainsi permettre d'économiser jusqu'à 140 euros", a souligné M. Piebals.
"Les financements sont la clef de la lutte contre le réchauffement climatique", a pour sa part souligné la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Un groupe d'experts a été chargé de préparer un rapport pour le mois d'octobre qui sera discuté avec les ministres des Finances.
En marge de la réunion, l'organisation écologiste Greenpeace a fait part de son scepticisme après la décision du président Nicolas Sarkozy de lancer la construction d'un deuxième EPR, réacteur nucléaire de la dernière génération.
"Que penser d'un pays qui prétend sauver le climat mais est incapable de changer ses ampoules, qui choisit d'investir des milliards d'euros dans un réacteur inutile au lieu de développer les énergies renouvelables et les économies d'énergie", s'est interrogé dans un communiqué Yannick Jadot, directeur des campagnes de l'organisation en France.

