Les conséquences politiques de la libération de Betancourt
Vendredi 04 juillet 2008
Quelle que soit la nature des différents régimes, cette libération s’inscrit dans un jeu d’influences entre modèles politiques différents. Le continent américain se retrouve avec plusieurs leaders.
Les conséquences politiques de la libération de Betancourt
Par Gauthier RybinskiVendredi 04 juillet 2008
Dans le cas de la libération de l’otage franco-colombienne, il semble bien que la manière est forte se soit imposée. Le président colombien, Alvaro Uribe, avait tout le monde contre lui, hormis ses compatriotes. La ruse et le niveau de compétence de ses services de renseignement ont permis le dénouement heureux de cette affaire.
Il revient sur le devant de la scène, toujours aussi austère, mais jubilant sans doute intérieurement. Car, jusqu’à présent, les "gifles" subies par Alvaro Uribe étaient nombreuses : les quelques libérations auxquelles on avait assisté depuis le début de l’année étaient à porter au crédit du président vénézuélien Hugo Chavez, en qui certains guérilleros des FARC voient non seulement un modèle, mais aussi peut-être idéologique, avec l’illustration qu’il est possible de parvenir au pouvoir par les urnes et sans les armes.
Du coup, c’est Alvaro Uribe, qui malgré les "affaires" judiciaires qui le poursuivent - ou non ! certaines ont été classées – pour ses liens supposés avec les paramilitaires et autres milices d’extrême-droite, qui profite de la donne. Hugo Chavez ne s’y est pas trompé : immédiatement après la libération d’Ingrid Betancourt, il a félicité son homologue colombien avec lequel il entretient des relations à la fois idéologiques et tactiques souvent orageuses.
Au fond, quelle que soit la nature des différents régimes politiques en Amérique latine (social-démocrate, libérale, populiste-marxiste), la libération d’Ingrid Betancourt s’insère dans un jeu d’influences entre des modèles politiques différents sur le continent sud-américain.
Regardez notre débat : Alvaro Uribe, "el lider maximo" ?

