États-Unis
L’interdiction d’interdire le port d’armes à feu
Vendredi 04 juillet 2008
La cour suprême des Etats-Unis a décidé que la Constitution donnait bien le droit aux citoyens de posséder une arme à feu, annulant ainsi une loi qui interdisait la possession d’armes à Washington. (Reportage: G. Meyer)
Vendredi 04 juillet 2008
Par G. MeyerLa cour suprême des Etats-Unis a décidé il y a une semaine que la Constitution donnait bien le droit aux citoyens de posséder une arme à feu. La décision vient annuler une loi vieille de plus de 30 ans, qui interdisait la possession d’armes à feu à Washington, longtemps capitale nationale du meurtre.
Bienvenue chez Jeff Knox, dont voici une infime partie de la collection. Ici, les armes à feu, c’est une affaire de famille. Dans les années 70, son père a été l’un des dirigeants les plus intransigeants de la très puissante NRA, le lobby des armes.
La Cour Suprême vient d’invalider une loi en vigueur à quelques kilomètres, à Washington, une loi qui interdisait les armes de poing.
Pour Jeff, c’est une victoire, car cette décision de la plus haute cour du pays affirme pour la première fois qu’il est interdit d’interdire de porter de armes, y compris des armes de poing comme ces revolvers. Et pour Jeff, c’est une question de sécurité publique.
En fait, la décision de la Cour n’a pour l’instant qu’une portée limitée, car seule l’interdiction en vigueur dans la capitale américaine devient hors la loi. Mais d’autres lois anti-armes très strictes, par exemple à Chicago, sont désormais menacées.
Mais à Washington, la décision de la Cour Suprême donne déjà des frissons. Elitcha est éducateur de rue. La violence il connaît, il la combat tous les jours en essayant de faire de la médiation entre groupes de jeunes. Pour lui, plus d’armes à Washington, c’est déjà une mauvaise nouvelle pour son quartier, le plus pauvre de la ville.
Alors que la politique municipale essaie de réduire le nombre d’armes à feu en circulation. Maurice Benton, 20 ans, est lui aussi en quelque sorte un expert en arme à feu. Il y a deux ans une bagarre a éclaté dans une fête. Une balle perdue l’a touché à l’abdomen.
Pour le restant de ces jours Maurice devra avaler des tonnes de médicament à heure régulière, sa greffe d’intestins n’a pas très bien pris. Malgré la douleur, Maurice est heureux de ne pas avoir d’arme sur lui le soir du drame. Il ne crie pas vengeance. Dans quelques mois, Maurice intègre l’université. Son rêve : faire de la politique… Pour limiter les armes à feu.


06/07/2008 20:47:52 Signaler un abus
Bravo !
Par Frank Leutenegger -
Bravo: belle objectivité ! Vous avez bien su rendre la vérité de ceux qui ont peur des armes. Vous n'avez même pas essayé de comprendre celle de ceux pour qui une arme est parfois synonyme de survie. Et l'exemple de Washington est frappant: dans cette ville où les armes sont interdites et où, selon l'ancien maire Marion Barry, "à part les meurtres, il y a la criminalité la plus basse du pays."