Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint à l'ONU (Partie 2)
Vendredi 04 juillet 2008
110 000 soldats à travers le monde servent sous le drapeau bleu des Nations unies. Le sous-secrétaire général des Nations unies, Jean-Marie Guéhenno, est en charge des opérations du maintien de la paix.
Vendredi 04 juillet 2008
Voici le script de l'intégralité de l'entretien d'Ulysse Gosset avec Jean-Marie Guéhenno. Pour réagir, cliquez sur le bouton "Réagir" en bas de la page.
M. Ulysse GOSSET.- Retour sur le plateau du "Talk de Paris" en duplex de New York des Nations Unies, avec le secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des Casques bleus, des opérations de maintien de la paix : Jean-Marie Guehenno avec, à ses côtés notre correspondant aux Nations Unies, Philippe Bolopion.
Jean-Marie Guehenno, il y a une idée nouvelle ou plutôt une idée ancienne remise au goût du jour qui est celle de créer des Casques rouges, c'est-à-dire des Casques bleus intervenant dans le cadre de catastrophes humanitaires, par exemple pour le Tsunami.
Pensez-vous que c'est une bonne idée d'avoir cette autre "force" totalement humanitaire des Casques rouges ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Je crois que c'est toujours une bonne idée d'être capable de réagir rapidement à une crise.
Dans le maintien de la paix, nous avons créé, dans le Sud de l'Italie, à Brindisi, une base avec un certain nombre de ressources matérielles à déployer rapidement. Nous travaillons d'ailleurs avec les humanitaires et avec le programme alimentaire mondial sur cette base. C'est vrai aussi dans le domaine du maintien de la paix, non pas une force militaire, parce que ce serait les Etats qui, pour le moment, ne sont pas prêts à cela, mais d'avoir des personnels civils, des personnels qui peuvent aider un Etat qui sort de crise et capables de se déployer rapidement, c'est très important. On traite mieux une crise si on la traite dès le départ que si on intervient tardivement et trop graduellement et trop précautionneusement si je puis dire.
M. Ulysse GOSSET.- Revenons aux opérations qui ont lieu en ce moment. Je pense, en particulier à Haïti, où la crédibilité, pas simplement du gouvernement local, mais aussi des forces de l'ONU, a été sérieusement ternie par les kidnappings, les meurtres, les assassinats et, en fait, l'absence de sécurité pour la population.
Vous êtes conscient du problème ? Que faut-il faire pour que les Casques bleus puissent être mieux respectés en Haïti, que la paix et la sécurité des populations soient assurées ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Haïti, c'est la dernière mission de maintien de la paix où je vais me rendre avant de terminer mon travail aux Nations Unies .
Comme vous, j'ai vu cette recrudescence de la violence. On avait fait de grands progrès dans les bidonvilles. On est en train de mettre en place des capacités de polices spécialisées pour lutter contre le kidnapping. Je crois aussi que la crise alimentaire mondiale, la crise des prix de l'alimentation, du carburant touche aussi Haïti. Lorsqu'elle touche un pays riche, cela suscite de la grogne et des protestations, bien naturellement. Lorsqu'elle touche un pays misérable, comme Haïti, le Libéria ou certains autres pays, c'est le risque de remise en cause de tous les acquis de la paix. On ne voit pas assez à quel point cette crise des prix, cette inflation sur les prix alimentaires est une énorme menace pour les pays les plus pauvres de la planète.
M. Ulysse GOSSET.- Mais sur ce pays en particulier, on voit que l'ONU n'arrive pas à se faire respecter. C'est une forme d'impuissance pour les Casques bleus.
M. Jean-Marie Guehenno.- L'ONU, sur le plan sécuritaire, a fait pas mal de choses.
Aujourd'hui, on peut marcher dans un bidonville comme Cité-Soleil, ce que l'on ne pouvait pas faire voici deux ans. On peut marcher dans un bidonville comme Martisan(?), alors qu'on ne pouvait pas le faire il y a deux ans. Mais il y a ces kidnappings qui supposent des forces de police très mobiles et un énorme effort dans le domaine de la justice et des prisons.
On ne refait pas simplement une police. Si on veut reconstruire un Etat, il faut que l'ensemble police, justice et prison, soit traité. Aujourd'hui, à Haïti, la justice ne fonctionne pas encore comme elle le devrait, comme les Haïtiens le souhaitent. Nous faisons un effort beaucoup plus large. Je crois qu'il faut travailler dans la durée avec les Haïtiens. C'est un pays sur lequel on a eu l'immense tort de croire qu'on pouvait faire les choses trop vite dans le passé.
Aujourd'hui, nous sommes là pour la durée. Il faudra qu'il y ait le soutien durable de la France, du Canada, des Etats-Unis, des pays d'Amérique latine. Pour un pays comme Haïti, avec son immense misère, c'est une affaire d'une dizaine d'années, non pas pour en faire un pays riche, mais un pays qui peut se soutenir sans un appui extérieur massif.
M. Ulysse GOSSET.- Philippe ?
M. Philippe Bolopion.- Haïti a été un peu un laboratoire de ce que vous appelez un maintien de la paix "robuste", un maintien de la paix "musclé", quelque chose que vous avez essayé de développer pendant vos huit ans, notamment en République démocratique du Congo.
En même temps, vous aimez souvent répéter que la force n'est pas une potion magique. Comment, dans une mission de maintien de la paix, on le trouve juste équilibre entre la force et la dissuasion ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Il faut d'abord accepter une certaine décentralisation de la décision. On ne peut pas tout micro-manager depuis New York, ce serait très mauvais.
Il faut avoir une direction stratégique, reconnaître que, dans une mission de maintien de la paix, les principaux acteurs doivent être d'accord avec la mission. Il se peut qu'à un moment, ils aient un désaccord, mais il faut qu'ils soient fondamentalement d'accord sur la stratégie politique.
Ensuite, on est robuste avec tel ou tel ministre, tel ou tel gang qui essaie de saboter le processus sur lequel l'immense majorité du pays est d'accord. Cela suppose un contact continu des responsables militaires avec la population. Cela suppose, de la part des forces, beaucoup de courage, parce que c'est beaucoup plus difficile d'utiliser la force avec mesure que de l'utiliser de façon massive. Contrairement à ce que l'on dit quelquefois, les soldats du maintien de la paix, doivent être de bons soldats et un peu plus que de bons soldats.
M. Philippe Bolopion.- C'est un échec pour vous quand un casque bleu ouvre le feu et tue ?
M. Jean-Marie Guehenno.- C'est toujours un échec quand on est obligé de recourir à la violence. En même temps, quand un peuple espère sortir des atrocités commises par les milices, et que des milices essayent de vous intimider et de faire dérailler le processus, ne pas défendre le mandat, rester passif, ce serait trahir une population qui a mis sa confiance dans les Casques bleus des Nations Unies. Le problème, c'est qu'il faut convaincre aussi les contributeurs de troupes de prendre ces risques.
Notamment en Europe, on s'imagine toujours que l'on va sauver le monde avec le dernier soldat d'Asie du Sud. Les pays d'Asie du Sud font une contribution énorme au maintien de la paix, mais sacrifier leurs hommes dans des situations difficiles, cela a des limites. Il faut être conscient de cela aussi.
M. Ulysse GOSSET.- Justement, puisque nous sommes à l'ouverture de la présidence française en Europe, quel est l'appel que vous lancez aux Européens, puisque l'on a bien vu qu'il y avait une sorte de répartition des tâches : 40 % des troupes viennent du Pakistan, de l'Inde ou du Bengladesh. On dirait que les Etats-Unis et les Européens assurent le financement des Casques bleus. Que dites-vous aux Européens aujourd'hui ? Vous engagez-vous davantage auprès des Casques bleus ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Je dis aux Européens, bien sûr, les armées européennes ne sont pas nombreuses comme les armées d'Asie du Sud. Il ne s'agit donc pas d'une concurrence dans le nombre. Mais je crois qu'il est très important que les pays européens soient aux côtés des pays en développement dans les opérations à risques et sous Casques bleus.
On ne peut pas avoir une situation où il y a un groupe de pays qui prend les décisions, les membres du Conseil de sécurité, un groupe de pays qui paie la facture, en gros les Etats-Unis, le Japon et les pays européens, et un groupe de pays qui prend les risques. Ce n'est pas une solution durable.
Il faut que, dans le risque, tout le monde soit côte à côte. Il est donc très important que les Européens, s'ils croient au
multilatéralisme, à l'ONU, s'engagent aux côtés de Pakistanais, d'Indiens, de Nigérians, de Brésiliens.
C'est important politiquement, opérationnellement, puisque ces armées ont des capacités que d'autres armées n'ont pas. Je dirais que c'est important humainement, et c'est ce que j'ai découvert à l'ONU : c'est très important, pour un soldat européen, de travailler aux côtés d'un soldat très différent de lui, qui vient d'un horizon complètement différent, mais qui a le même espoir que lui, la même mission que lui. C'est une expérience fondamentale qui élargit la vision du monde que l'on peut avoir et qui transforme le monde.
M. Ulysse GOSSET.- Revenons à la situation au Congo dont nous avons déjà parlé avec une question posée, cette fois, par l'un des responsables de Human Rights Watch, Jean-Marie Fardeau.
Jean-Marie Fardeau.- Monsieur Guehenno, ma question portera sur la RDC. Alors que des progrès ont été accomplis dans ce pays, avec la signature d'accord de paix dans l'Est du Congo, les populations restent menacées, des civils sont attaqués, des femmes sont violées. Les Casques bleus ont été repérés comme étant eux-mêmes à l'origine d'exactions et de trafics d'armes.
J'aimerais savoir, Monsieur Guehenno, de quelle manière les Nations Unies envisagent aujourd'hui la protection des civils dans cette région et comment transformer en actes concrets les accords qui ont été signés récemment pour qu'enfin, les populations vivent en paix et soient mieux protégées ?
M. Ulysse GOSSET.- Votre réponse ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Si des Casques bleus commettent des crimes, bien entendu, ils doivent être sanctionnés avec la dernière rigueur. Et cela, nous le disons, et nous l'exigeons des contributeurs de troupes qui ont la responsabilité de la discipline et nous les poussons à être totalement transparents dans les actions qu'ils entreprennent.
Je crois que l'honneur des Nations Unies et celui des pays contributeurs de troupes doivent être une et même chose.
Sur la résolution des violences qui continuent d'être une plaie dans l'Est du Congo, je travaille avec le chef de la mission au Congo et avec nos troupes pour déplacer le centre de gravité militaire vers l'Est du pays pour que le commandant de la force soit pratiquement à temps plein dans l'Est du pays et que l'on ait une stratégie intégrée comportant des opérations militaires car, malheureusement, il faudra des opérations militaires, stratégie accompagnée d'un effort plus solide pour construire l'état congolais.
C'est la tragédie de la République démocratique du Congo : c'est un pays où il n'y a plus d'Etat, plus les éléments de base de soutien à la population.
Si on veut réussir en République démocratique du Congo, il faut une stratégie militaire, mais aussi une stratégie de reconstruction du pays en partenariat avec les autorités congolaises. Il faut créer des légitimités à la base. On a eu une élection nationale qui a été très importante, mais il faut qu'il y ait des élections locales. Il faut, sur le plan local, une volonté qui s'exprime de telle manière que, dans cet immense pays, chacun puisse prendre son destin en main. Il n'y a pas de solution purement militaire, comme il n'y en a pas dans aucune mission de maintien de la paix à vrai dire.
M. Philippe Bolopion.- Dans ce pays, l'ONU n'a-t-elle pas été trop lente à réagir aux scandales sexuels qui, malgré les mesures que vous avez prises, reviennent régulièrement et occultent sans doute beaucoup des succès des Casques bleus ? N'y a-t-il pas un vrai échec de l'organisation ?
M. Jean-Marie Guehenno.- J'ai demandé un nouvel examen de la situation en République démocratique du Congo. On a réagi avec une extrême vigueur sur la question des abus sexuels au Congo.
La vérité : quand vous avez une mission de 17 000 hommes avec les rotations qui se produisent en permanence, c'est un effort qui doit être continu. Ce qui est en jeu, c'est la transformation de la culture militaire de tous les pays du monde. L'ONU est plus transparente sur ces questions là qu'aucune autre force armée.
Nous mettons les choses à plat, nous ne cachons rien, nous ne voulons rien cacher. Mais je crois que, si on veut vraiment être efficace dans cette affaire, il faut que chaque pays se convainque que l'honneur de son armée, c'est l'honneur de l'ONU et que ce n'est pas en cachant les choses qu'il avancera.
Personne ne condamnera un pays parce qu'un soldat s'est mal comporté. Ce qui est condamnable, c'est qu'un pays cache les choses et ne prend pas les dispositions nécessaires. Cet effort doit se poursuivre. Je ne me fais cependant pas d'illusion : cet effort doit se faire dans la durée et continuera encore des années. C'est la transformation de l'approche de nombreuses armées qui est à opérer.
M. Ulysse GOSSET.- Autre point chaud du globe, celui du Proche-Orient où on attend toujours un règlement du conflit. Beaucoup de personnes se demandent pourquoi les Casques bleus ne peuvent pas intervenir sur place. Ecoutons ainsi une question posée par la responsable d' ONG, Florence Giard
Mme Florence GIard.- Bonjour Monsieur Guehenno. Dans les territoires palestiniens, il n'y a actuellement pas de forces de maintien de la paix de l'ONU. Pourtant, au niveau des chancelleries des différents pays européens, notamment la France, il en est question assez régulièrement.
Selon vous, quels seraient les contours, les objectifs, et quel serait le mandat d'une force de maintien de la paix dans les territoires palestiniens pour que celle-ci garantisse l'émergence d'un Etat palestinien, la fin de l'occupation et l'établissement de la paix entre Israël et les territoires palestiniens.
M. Ulysse GOSSET.- Jean-Marie Guehenno, avez-vous souvent pensé à l'hypothèse de Casques bleus au roche-Orient, en Israël ou même entre les Palestiniens eux-mêmes s'ils se font la guerre ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Je crois qu'il est tout à fait possible qu'un jour il y ait une force internationale pour consolider un accord de paix qui aurait amené à la création d'un Etat palestinien vivant côte à côte avec l'Etat d'Israël. Pour que cette force se déploie, il faudra qu'elle repose sur un accord des Palestiniens et des Israéliens. Il faudra un accord politique fondamental sur la nature de la force. Cet accord, probablement, inclura des dispositions sur la composition de la force. Telle que je vois la situation, je n'imagine pas qu'Israël accepte une force qui n'aurait pas une certaine composition. Ce sera une force sans doute ad hoc si, un jour, il y a un déploiement de force.
Je crois aussi, compte tenu de la crise, de la durée de la tragédie affectant le Proche-Orient depuis si longtemps, que cette force devra être accompagnée probablement d'un effort très important de reconstruction de l'état de transformation, du secteur de sécurité, comme on dit dans notre jargon, c'est-à-dire des forces de police, des forces militaires palestiniennes. Ce sera sans doute nécessaire. Ce sera demandé. Cela ne peut se développer que dans le cadre d'un accord politique d'ensemble.
Au fond, ma réponse finale à cette question est celle-ci : déployer une force, c'est une partie d'une solution, mais ce n'est jamais toute la solution.
Je suis frappé de voir, dans le monde d'aujourd'hui, comment, souvent, on pense que l'on jette une force à un problème, et on pense régler le problème. La force est un des instruments de règlement d'une situation, mais jamais le seul instrument. Cela ne le sera pas pour la Palestine, comme cela ne l'est pour aucune mission de maintien de la paix.
M. Ulysse GOSSET.- Philippe , une dernière question.
M. Philippe Bolopion.- Il y a quelques mois, l'ONU a été attaquée à Alger, comme elle l'a été en 2003 à Bagdad. Lakhdar Brahimi, diplomate algérien que vous connaissez bien, a fait un rapport dans lequel il a dit quelque chose d'assez dérangeant, de mon point de vue en tous les cas : "L'onu n'est plus protégée par son drapeau. Elle est devenue la cible de groupes extrémistes. La raison pour laquelle elle est devenue la cible de groupes extrémistes, c'est parce qu'une partie croissante de l'opinion publique ne la perçoit plus comme une organisation juste, neutre, impartiale, mais comme un instrument au service des grandes puissances".
Est-ce que vous partagez cet avis ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Je crois que Lakhdar Brahimi met le doigt sur une question fondamentale. Aujourd'hui, il y a, dans le monde, d'énormes déséquilibres. Dans le métier que je fais, je vois d'abord la misère du monde, les plus pauvres, les plus faibles. On se rend bien compte que l'ONU doit être la voix des plus pauvres, des plus faibles. Ce doit être leur avocat. Si l'ONU est perçue simplement comme un instrument des rapports de forces dominants, elle perd son crédit.
Il est extrêmement important, pour l'ONU, de rester fidèle à ce qu'était la parole de Dag Hammarskjold sur ce point : être l'avocat de ceux qui n'ont pas de voix, être l'avocat des faibles.
L'impartialité de l'ONU est un élément fondamental de notre sécurité. En même temps, je ne me fais pas d'illusion, il y a des groupes extrémistes. On peut être impartial, respectueux des principes, ce n'est pas ce qui va nous protéger. Mais si l'immense majorité de la population est avec nous, cela rendra leurs actions plus difficiles.
Je crois que l'ONU ne doit jamais oublier qu'elle est cette ancre attachée à des principes qui est le dernier espoir de ceux qui, autrement, n'en auraient pas beaucoup. C'est notre devoir, notre chance et notre privilège.
M. Ulysse GOSSET.- Jean-Marie Guehenno, puisque vous quittez votre poste dans quelques semaines maintenant, y a-t-il un regret que vous voudriez exprimer aujourd'hui, quelque chose que vous n'avez pas pu faire à la tête de cette véritable armée de Casques bleus qui, je le rappelle, compte quelque 110 000 hommes à travers le monde ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Je crois qu'aujourd'hui, le monde est de plus en plus confronté à des situations où des Etats fragiles se disloquent. Face à cela, la communauté internationale n'a pas encore les instruments vraiment efficaces pour traiter un problème infiniment difficile et qui va rester très aigu dans les années à venir.
M. Ulysse GOSSET.- Qu'est-ce qu'il faudrait pour être efficace ?
M. Jean-Marie Guehenno.- Il faut être capable d'orchestrer beaucoup mieux qu'on ne le fait l'effort international avec, bien sûr, l'instrument militaire, mais aussi l'instrument civil plus efficace.
Je crois que lorsqu'il s'agit de reconstruire des états, on est assez maladroits, gauches, on n'a pas les ressources nécessaires. C'est ce qu'il faut mobiliser. Je n'ai pas eu le temps de le faire suffisamment, car je me suis attaché d'abord à construire le coeur de métier, c'est-à-dire à avoir un instrument de sécurité plus solide.
Je crois que la tâche qui est devant mon successeur, devant la communauté internationale, est de bâtir un instrument répondant aux problèmes, aux défis du civil, aux défis de la reconstruction d'un état détruit. C'est un immense défi ! On le voit en Afghanistan, en République démocratique du Congo, en Libéria, en Haïti, dans tous ces Etats qui relèvent de situations tragiques.
Il faut être capable de les aider avec force, vigueur, mais avec humilité. L'ONU n'est pas la puissance coloniale de demain, c'est une puissance qui doit rester humble et modeste au service de ceux qu'elle est venue aider.
M. Ulysse GOSSET.- Merci. Ce sera le mot de la fin.
Merci d'avoir participé à cette émission spéciale du "Talk de Paris" en duplex de New York.
Je remercie également Philippe Bolopion et Julia Dorner(?) qui nous ont aidés à préparer cette émission.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau "Talk de Paris".
A très bientôt !
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