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Betancourt s'adresse aux otages des FARC

Dernière modification : 07/07/2008

Ingrid Betancourt s'est exprimée depuis Paris sur la radio colombienne Caracol. Elle a adressé un message de soutien aux otages restés aux mains des FARC, leur assurant que "la liberté (était) pour très bientôt".

Lisez le dossier consacré à la libération de la Franco-Colombienne : Ingrid Betancourt libérée.

 

 

 

PARIS - La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, libérée mercredi après six ans et demi de captivité dans la jungle colombienne, s'est adressée dimanche depuis Paris aux otages restés aux mains de la guerilla marxiste des Farc et leur parlera à nouveau lundi.

 

Selon son entourage, elle s'est exprimée sur l'antenne de la radio colombienne Caracol - qui a créé un programme destiné aux otages, "Voces del secuestro" (la voix des prisonniers) - pour dire à ses anciens compagnons d'infortune que "la liberté (était) pour très bientôt".

 

Elle s'exprimera de nouveau sur Radio France Internationale lundi. Cette radio avait mis son antenne en espagnol à disposition de Mélanie et Lorenzo, les enfants d'Ingrid Betancourt qui s'adressaient à leur mère chaque lundi, mercredi et vendredi à 05h10 (heure Colombienne).

 

"Ingrid Betancourt choisit à son tour RFI pour adresser un message de soutien à ceux qui sont restés prisonniers dans la jungle colombienne", annonce RFI. Elle parlera en espagnol puis en français à la mi-journée.

 

La radio est le seul lien avec l'extérieur des personnes détenues par les Farc dans la jungle colombienne, a confirmé Ingrid Betancourt après sa libération.

 

Ces otages sont au nombre de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers, selon les sources. Certains sont détenus depuis plus de dix ans par ce mouvement qui a pris les armes dans les années 1960.

 

Pressé par Ingrid Betancourt d'oeuvrer en faveur de ces personnes, Nicolas Sarkozy avait assuré vendredi que la France poursuivrait ses efforts et a réitéré la proposition de la France d'accueillir les membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie qui choisiraient de quitter la guérilla, une idée controversée.

 

EXAMENS MEDICAUX

 

Dès sa libération, Ingrid Betancourt a parlé pour ses anciens compagnons de captivité. "J'ai laissé derrière moi des êtres humains qui sont encore dans les mains des Farc. Alors j'ai besoin de vous encore, parce qu'on ne peut pas les laisser là où ils sont", a-t-elle déclaré.

 

Elle a subi samedi à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris une série d'examens médicaux destinés à évaluer son état de santé. Elle en est sortie rassurée. Les résultats sont attendus ultérieurement, notamment concernant le virus de l'hépatite.

 

"Les médecins sont comme moi très étonnés parce qu'il y a évidemment des traces de tout ce que j'ai vécu, mais leur conclusion c'est que le corps résiste vraiment d'une manière assez extraordinaire à beaucoup de choses", dit-elle dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

 

Elle déclare cependant montrer des signes de traumatisme psychologique, ressentis notamment lorsqu'elle s'est retrouvée dans le noir sous sa douche à Paris et qu'elle s'est alors crue un instant revenue dans la jungle.

 

Elle annonce au JDD qu'elle va rentrer en Colombie "dans quelques jours". Elle a aussi l'intention d'écrire une pièce de théatre pour raconter ce qu'elle a vécu. "Là, je montrerai des choses que les gens doivent sentir", dit-elle.

 

Concernant les conditions de sa libération avec 14 autres otages, présenté comme une ruse militaire réussie, la Colombie nie avoir versé une rançon et organisé une mascarade de libération avec des responsables des Farc "achetés", comme l'a affirmé une source anonyme à la presse suisse.

 

Paris assure n'avoir versé aucun argent. Ingrid Betancourt dit ne pas croire à une mascarade de libération en raison de l'attitude des miliciens des Farc apparemment capturés lors de sa libération.

 

"La France n'a aucune raison ni aucun élément pour mettre en doute la version qui a été présentée par les autorités colombiennes. Mais j'aurais tendance à dire que de toutes façons peu importe", a dit Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée sur Europe 1.

 

Selon lui, il s'en serait fallu "d'un cheveu" pour que 40 autres personnes soient libérées lors de la même opération. Aucun agent français n'était présent, a-t-il assuré.

 

 

Première publication : 07/07/2008

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