Le président syrien, Bachar al-Assad, a salué une "rupture" de la politique de la France vis à vis de son pays et a invité Paris à jouer un rôle direct dans d'éventuelles négociations entre Damas et Israël, dans une interview publiée lundi par le site internet du Figaro.
"Nous assistons à une rupture entre la politique actuelle de la France et la politique du passé", s'est félicité M. Assad.
"Cette nouvelle politique est plus réaliste et correspond davantage aux intérêts de nos deux pays. C'est une base solide pour renouer une relation saine", a poursuivi M. Assad, attendu à Paris le week-end prochain.
M. Assad doit participer dimanche au sommet de l'Union pour la Méditerranée à Paris, et a été invité par le président Nicolas Sarkozy au défilé du 14 juillet.
Il s'agit d'une première depuis la décision de Jacques Chirac de couper les liens avec le régime syrien après l'assassinat en 2005 de son ami, l'ex-Premier ministre libanais Rafic Harari, dans lequel Damas est soupçonné d'avoir joué un rôle.
"Cette visite est pour moi une visite historique: une ouverture vers la France et vers l'Europe", a déclaré M. Assad.
Interrogé sur la relance des négociations entre Damas et Israël, qui ont engagé des discussions indirectes en Turquie, il a jugé "naturel qu'il y ait un manque de confiance" compte-tenu du blocage du processus de paix.
"En ce moment, les deux parties testent leurs intentions. Il faut maintenant trouver une base commune pour entamer des négociations directes", a-t-il dit.
Soulignant l'aspect crucial du "parrainage" de telles négociations, il a indiqué "miser sur le prochain président américain", et invité le président français à s'impliquer directement.
"Mon impression est que (M. Sarkozy) est enthousiaste à l'égard de ces négociations et pour que la France y joue un rôle direct. S'il me le confirme, je l'inviterai aussitôt à soutenir directement ce processus de paix", a-t-il ajouté.
A propos du Liban, il a indiqué que des "préparatifs" étaient en cours pour organiser une réunion à Paris avec le président libanais Michel Sleimane.
"Je connais le président Sleimane depuis une dizaine d'années (...) nos relations sont bonnes", a ajouté M. Assad.
Interrogé sur le tribunal international pour rechercher les commanditaires et auteurs du meurtre de M. Hariri, le président syrien a redit que son pays coopérait avec les commissions d'enquête et "continuait à le faire".
Questionné sur la situation des droits de l'homme dans son pays, il a répondu: "Nous ne disons pas que nous sommes un pays démocratique par excellence. Nous disons que nous empruntons ce chemin et c'est un long chemin qui peut durer une ou plusieurs années".
Il a appelé l'Europe à soutenir la paix et le développement. "C'est le rôle que nous demandons à l'Europe de jouer, et non pas de nous donner des leçons de morale", a-t-il conclu.

























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