08 juillet 2008 - 04H50
- Farc

Les ex-otages américains des FARC sortent du silence
Les trois ex-otages américains, libérés en même temps qu'Ingrid Betancourt, se sont exprimés pour la première fois. Ils ont estimé que les FARC sont des terroristes et ils les accusent de recruter des enfants-soldats.

Marc Gonsalves, l'un des trois otages américains des Farc libérés la semaine dernière en Colombie, a estimé lundi que les membres de la guérilla marxiste n'étaient pas des révolutionnaires mais des "terroristes", et les a appelés à libérer les autres otages.
  
"Il ne s'agit pas d'un groupe révolutionnaire. Ce sont des terroristes", a-t-il dit lors de ses premières déclarations publiques depuis sa libération par l'armée colombienne mercredi, avec 14 autres otages, dont deux autres Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
  
"Ils disent qu'ils veulent l'égalité. Ils disent qu'ils veulent juste faire de la Colombie un endroit meilleur. Mais tout cela est un mensonge", a ajouté Marc Gonsalves lors d'une conférence de presse télévisée au Texas (sud).
  
"Ils utilisent cela pour justifier leurs activités criminelles (...) Leurs intérêts se limitent au trafic de drogue, à l'extortion (de fonds), aux enlèvements. Ils refusent de reconnaître les droits de l'Homme. Ils rejettent la démocratie", a-t-il poursuivi.
  
Selon M. Gonsalves, la majorité des forces des Farc "sont des enfants et des jeunes adultes" peu ou pas éduqués, poussés à "joindre les Farc qui leur lave le cerveau pour leur faire croire que leur cause est juste".
  
Marc Gonsalves a par ailleurs appelé les Farc a libérer les quelque 700 personnes encore retenues en otage.
  
"Ne nous dites pas que vous n'êtes pas des terroristes, prouvez-le nous. Laissez les otages rentrer chez eux", a-t-il lancé, en craignant que les captifs soient torturés en représailles après la libération réussie du week-end.
  
Les trois ex-otages américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, avaient été capturés par les rebelles alors qu'ils effectuaient une mission anti-drogue pour le ministère de la Défense américain en Colombie en février 2003.
  
Les trois hommes avaient rejoint une base américaine au Texas dès jeudi matin où ils avaient subi des examens médicaux et retrouvé leurs familles.
  
Ingrid Betancourt s'est de con côté adressée directement dimanche aux otages de la guérilla colombienne restés dans la jungle auxquels elle a promis de mobiliser la communauté internationale pour leur libération.
  
Inscrits sur la liste des groupes terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis, les Farc réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés, en échange de celle d'un groupe d'otages dit "politiques", parmi lesquelles figuraient aussi des militaires et responsables politiques colombiens.
  
Fondée en 1964 par un groupe de paysans dirigé par Manuel Marulanda jusqu'à sa mort le 26 mars dernier, cette guérilla est déployée dans la plupart des régions colombiennes et combat sur plus de soixante-dix fronts.

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